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Justin Trudeau condamne l'attaque iranienne sur des bases aériennes en Irak

Le premier ministre du Canada appelle à une désescalade dans la foulée des « événements très préoccupants en Irak ».

Justin Trudeau en conférence de presse.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada, a offert ses condoléances mercredi aux familles et aux proches des victimes de l'écrasement d'un Boeing survenu en Iran.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Pour la première fois depuis le début de la crise opposant Washington à Téhéran, le premier ministre Justin Trudeau a pris la parole, mercredi, condamnant l'attaque iranienne contre deux bases en Irak et déplorant la mort de 63 Canadiens dans l'écrasement d'un avion en Iran, mercredi matin.

Au nom de tous les Canadiens, j'offre mes sincères condoléances à ceux qui pleurent la mort d'un être cher, a déclaré Justin Trudeau.

L'appareil, un Boeing 737 de la compagnie Ukraine International Airlines (UIA), s'est écrasé deux minutes après avoir décollé de l'aéroport de Téhéran, d'après le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau.

L'avion transportait 176 passagers et membres d'équipage, dont 63 Canadiens. Tous ont péri.

Ces gens ne reviendront pas vers leurs familles : des nouveaux mariés, une famille de quatre, une mère et ses deux filles, des étudiants brillants, des professeurs dévoués..., a dit le premier ministre.

Parmi ceux qui étaient à bord, 138 personnes devaient effectuer une correspondance au Canada, a déclaré Justin Trudeau, qui précise que des mesures sont en place pour venir en aide aux familles à l'aéroport international Pearson, à Toronto.

Le premier ministre assure que le gouvernement canadien travaillera étroitement avec ses partenaires pour s'assurer de la tenue d'une enquête approfondie sur cet écrasement. Les Canadiens ont des questions et ils méritent d'avoir des réponses, a-t-il dit.

Le Canada n'entretient pas de relations diplomatiques avec l'Iran; dans ce contexte, l'Italie servira d'interlocuteur à Ottawa auprès de Téhéran. Ils [les Italiens] nous ont assuré de leur plein soutien, à l'instar de pays tels que la France, l'Australie et l'Ukraine, a dit Justin Trudeau.

Le chef de la diplomatie canadienne, François-Philippe Champagne, doit s'entretenir directement avec le ministre des Affaires étrangères de l'Iran pour lui expliquer la nécessité d'une enquête approfondie relativement à cette catastrophe, a aussi affirmé le premier ministre canadien.

De son côté, le ministre Marc Garneau, de concert avec Transports Canada, communiquera avec ses homologues internationaux.

S'appuyant sur des informations tirées de données satellites, le ministre Garneau a affirmé que le Boeing a décollé de façon normale. Cependant, nous avons perdu contact avec l'appareil, ce qui donne à penser que quelque chose de très inhabituel s'est produit, a-t-il dit.

Afin de déterminer la cause, on a besoin d’informations. C’est ce qui nous manque. […] Peut-être que d’autres informations supposément du côté intelligence [le renseignement, NDLR] seront révélées dans les jours à venir. Alors c’est toutes ces informations-là qu’on cherche à avoir, a précisé M. Garneau.

Nous n'e sommes qu'au début de cette enquête et il est dangereux de parler des causes possibles de cet écrasement.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada, lors d'un point de presse à Ottawa

En mémoire des victimes, le premier ministre a ordonné la mise en berne du drapeau canadien sur la tour de la Paix, à Ottawa.

Dans la foulée de cette catastrophe aérienne, M. Trudeau dit s'être entretenu avec le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron de même qu'avec les premiers ministres britannique et australien, Boris Johnson et Scott Morrison.

Ottawa réclame une désescalade

Je suis soulagé, comme le sont tous les Canadiens, que tout le personnel déployé en Irak soit sain et sauf , a déclaré Justin Trudeau au lendemain des frappes de missiles menées par l'Iran contre deux bases aériennes en Irak. L'une de ces bases, Erbil, abritait des Canadiens.

Le Canada, a déclaré le premier ministre, condamne cette attaque.

Les Américains ont pris une décision basée sur leur évaluation de la menace. Nous continuons de travailler pour contrer le groupe armé État islamique (EI). Nous allons continuer à travailler pour stabiliser l'Irak et ses institutions, à assurer la paix et la stabilité dans la région et à réclamer une désescalade.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada, lors d'un point de presse à Ottawa

Dans la conversation qu'il a eue avec le président Trump, mercredi, Justin Trudeau dit avoir convenu avec ce dernier de l'importance de la mission destinée à contrer l'EI en Irak. Et, durant cet entretien, le président américain n'a pas demandé au Canada d'y consacrer un effort additionnel, a dit M. Trudeau.

Le Canada a des troupes actuellement en Irak et au Koweït, a affirmé le premier ministre.

Mardi, les Forces armées canadiennes ont annoncé qu'elles vont déplacer une partie de leurs effectifs de l'Irak vers le Koweït.

Une première prise de parole

C'était la première fois que le premier ministre Trudeau prenait la parole depuis le début de la crise irano-américaine. Une crise qui s'est amorcée avec l’assassinat, ordonné par Donald Trump, du chef des forces spéciales des Gardiens de la révolution, Qassem Soleimani.

En représailles, dans la nuit de mardi à mercredi, l'Iran affirme avoir lancé 22 missiles sur deux bases irakiennes où sont installés des soldats étrangers, surtout des Américains, mais également des Canadiens.

La riposte iranienne en Irak a rapidement été suivie, mercredi matin, par la nouvelle de l'écrasement du Boeing 737 à Téhéran.

Évitez d'aller en Iran

Dans une note transmise mercredi, Affaires mondiales Canada recommande aux Canadiens d'éviter tout voyage non essentiel en Iran en raison des conditions de sécurité jugées instables, de la menace de terrorisme dans la région et du risque d'emprisonnement arbitraire.

Les autorités ajoutent que les Canadiens, en particulier ceux qui ont la double citoyenneté canadienne et iranienne, peuvent être interrogés, arrêtés et détenus de manière arbitraire.

Affaires mondiales Canada rappelle que l'Iran ne reconnaît pas la double nationalité et que le Canada ne pourra pas assurer l'accès aux services consulaires pour les citoyens ayant la double nationalité canadienne et iranienne.

De son côté, Transports Canada a annoncé qu'Air Canada a modifié ses itinéraires pour assurer la sécurité de ses vols à destination du Moyen-Orient et de ceux survolant les espaces aériens du Moyen-Orient.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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