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L'Iran « semble reculer », affirme Donald Trump

Le reportage de notre correspondant Jean-François Bélanger

Photo : La Presse canadienne / Evan Vucci/AP

Radio-Canada

L'Iran « semble reculer » dans sa confrontation l'opposant aux Américains, affirme le président américain Donald Trump au lendemain de l'attaque menée par la République islamique contre deux bases américaines en Irak.

Ces attaques contre les bases d'Al-Assad et d'Erbil, menées en représailles au raid américain qui a tué le général iranien Qassem Soleimani, n'ont fait aucune victime et les dégâts matériels infligés sont minimaux, a-t-il déclaré mercredi matin à la Maison-Blanche.

L'Iran semble reculer, ce qui est une bonne chose pour toutes les parties impliquées et une très bonne chose pour le monde.

Donald Trump, président des États-Unis

M. Trump n'a pas avancé que Téhéran pourrait avoir délibérément évité de faire des victimes pour éviter une confrontation directe avec Washington, comme des responsables de son administration l'ont laissé entendre à des médias américains.

Il a plutôt imputé l'absence de victimes aux précautions qui ont été prises, à la dispersion des forces américaines et à un système d'alerte rapide qui a très bien fonctionné.

Ce que l'on sait :

  • Plusieurs missiles se sont abattus mardi soir sur deux bases américaines en Irak
  • L'Iran affirme qu'il s'agit d'une riposte à l'assassinat ciblé du général Soleimani
  • L'ayatollah Khamenei dit qu'il s'agit d'une « gifle en pleine face » des États-Unis
  • Le chef de la diplomatie iranienne dit que ces mesures de légitime défense sont « terminées »
  • L'Irak dénonce une « violation de sa souveraineté » par l'Iran
  • Les marchés financiers réagissent calmement à ce développement

Le commandant en chef des armées américaines a en outre annoncé qu'il demandera dès aujourd'hui à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) de s'impliquer beaucoup plus au Moyen-Orient dans la foulée de ces attaques. Dans un communiqué, l'OTAN a confirmé que son secrétaire général, Jens Stoltenberg, et le président Trump avaient convenu que l'organisation devait en faire plus pour la stabilité de la région et la lutte contre le terrorisme international.

Donald Trump a aussi indiqué que son administration imposera immédiatement de nouvelles sanctions économiques à l'Iran. Plusieurs sanctions de ce genre sont déjà en vigueur et sont réputées avoir contribué à la détérioration de l'économie iranienne.

Le président Trump a également invité tous les signataires de l'accord sur le nucléaire iranien – le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l'Allemagne – à renier l'entente, comme il l'a lui-même fait en mai 2018.

Il a par ailleurs décoché une flèche en direction de l'administration Obama, en arguant, sans avancer de preuve, qu'une somme d'argent qu'elle a remise à Téhéran a permis de payer les missiles qui se sont abattus sur les bases américaines.

Aucun signe de riposte en vue

M. Trump n'a toutefois jamais laissé entendre que les États-Unis entendent répliquer aux frappes iraniennes, se contentant plutôt de rappeler de manière générale la puissance de l'armée américaine.

Nos missiles sont gros, puissants, précis, mortels et rapides. Plusieurs missiles hypersoniques sont en construction.

Donald Trump, président des États-Unis

Le fait que nous avons cette armée et ces équipements fantastiques ne veut pas dire que nous devons les utiliser. Nous ne voulons pas les utiliser, a-t-il ajouté dans la foulée. La force militaire et économique des États-Unis est le meilleur outil de dissuasion.

Le président est même allé jusqu'à inviter la République islamique à lutter avec les États-Unis pour contrer le groupe armé État islamique (EI), même s'il a réitéré que le groupe avait été détruit à 100 % il y a trois mois.

L'EI est un ennemi naturel de l'Iran. La destruction de l'EI est bonne pour l'Iran, et nous devrions travailler ensemble là-dessus et partager d'autres priorités, a-t-il lancé.

Il a conclu sa déclaration, au terme de laquelle il n'a répondu à aucune question des journalistes, en assurant au peuple et aux dirigeants iraniens qu'il est prêt à suivre la voie de la paix avec tous ceux qui le souhaitent.

Des représailles pour la mort du général Soleimani

Selon le Pentagone, plus d'une douzaine de missiles balistiques [...] tirés depuis l'Iran se sont abattus sur les deux bases américaines mardi soir.

Le gouvernement irakien dit avoir recensé 22 missiles, soit 17 tirés en direction de la base d'Al-Assad, dont 2 qui n'ont pas explosé, et 5 en direction d'Erbil.

Vue aérienne de la base d'Al-Assad.

La base américaine d'Al-Assad, photographiée du haut des airs le 29 décembre dernier.

Photo : La Presse canadienne / AP/Nasser Nasser

La République islamique n'a pas caché que ses attaques constituaient une riposte au raid américain qui a tué le général Qassem Soleimani, la semaine dernière, à l'aéroport international de Bagdad.

Selon la télévision d'État iranienne, l'opération nommée Martyr Soleimani a été lancée par la division aérospatiale du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), qui contrôle le programme balistique iranien.

Citant une source informée au sein des Gardiens de la Révolution, la télévision a évoqué sur son site Internet la mort de 80 Américains. Mais ce bilan n'a pas du tout été confirmé.

Un responsable de l'OTAN avait déjà assuré qu'aucune victime n'était à déplorer parmi les effectifs de sa mission de formation des troupes irakiennes.

Carte montrant où sont situées les bases d'Aïn al-Assad et d'Erbil, en Irak.

Les bases américaines d'Aïn al-Assad et d'Erbil, en Irak, ont été visées par l'Iran.

Photo : Radio-Canada

Une gifle en pleine face de Washington, selon l'ayatollah Khamenei

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a pour sa part qualifié mercredi l'opération de gifle en pleine face des États-Unis.

Il a toutefois ajouté que les actions militaires du genre ne sont pas suffisantes pour cette affaire, ajoutant qu'il est nécessaire que la présence corrompue des États-Unis dans la région prenne fin.

De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, avait plutôt confirmé sur Twitter que la riposte de l'Iran était terminée.

L'Iran a lancé et terminé des mesures de légitime défense proportionnées en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations unies en ciblant la base d'où l'attaque lâche contre nos citoyens et nos dirigeants a été lancée.

Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères

L'attaque de la République islamique a d'ailleurs été lancée au terme de l'inhumation du général Soleimani, l'ex-patron de la force Al-Qods, l'unité d'élite du Corps des Gardiens de la révolution islamique.

Les processions funéraires qui ont précédé l'enterrement ont attiré des centaines de milliers, voire des millions, d'Iraniens dans les rues de plusieurs villes du pays.

Téhéran avait promis de se venger dans les heures suivant l'élimination du général Soleimani, et cet engagement a trouvé un fort écho auprès de la population.

Plusieurs hommes sont rassemblés autour d'un trou.

Des Kurdes irakiens observent un cratère qui aurait été créé à Bardarash par un missile iranien tiré en direction d'une base américaine.

Photo : Getty Images / AFP

L'Irak dénonce une violation de sa souveraineté

Le premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi a indiqué avoir été prévenu des tirs imminents par un message verbal de Téhéran, au moment où les Américains appelaient pour indiquer que des missiles s'abattaient sur leurs bases.

Il a dénoncé une violation de la souveraineté de l'Irak, sans toutefois utiliser les termes sévères qu'il avait réservés aux États-Unis, dont le Parlement irakien réclame désormais la fin de la présence militaire en Irak.

M. Abdel Mahdi passe pour être plus proche des pro-Iran que le président Barham Saleh et le chef du Parlement, Mohammed Al-Halboussi qui, eux, ont condamné et dénoncé la riposte iranienne sur leur sol.

Nous confirmons notre refus absolu que les parties en conflit utilisent l'arène irakienne pour régler leurs comptes, a précisé M. Al-Halboussi dans un communiqué.

L'Irak ne doit pas payer le prix de rivalités extérieures, a également déclaré mercredi la mission de l'ONU dans ce pays (UNAMI).

Nous appelons urgemment à la retenue et à la reprise du dialogue, ajoute-t-elle, avant d'indiquer que les tirs iraniens ne font que mener à une escalade du conflit et violent une nouvelle fois la souveraineté irakienne.

Les principaux indices boursiers américains, dont le Dow Jones et le NASDAQ, sont plutôt stables depuis leur ouverture, mercredi matin.

Les tensions entre les États-Unis et l'Iran vont probablement persister, mais notre scénario de base exclut une escalade significative, car les deux parties prenantes n'ont aucun intérêt à mener un conflit militaire plus large, affirment des économistes d'USB dans une note.

L'attaque iranienne devrait avoir un impact limité et temporaire sur les marchés financiers, ajoutent-ils.

Les attaques iraniennes ont aussi brièvement fait flamber les prix du pétrole, qui ont par la suite ralenti leurs gains.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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