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Escalade de violences entre Téhéran et Washington : la chronologie des événements

Depuis la sortie des États-Unis en mai 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien, les relations ne cessent de s’envenimer entre Téhéran et Washington, jusqu’à craindre ces derniers jours un nouvel embrasement dans le Golfe.

Une foule d'Iraniens brandit des drapeaux de l'Iran et brûle le drapeau américain.

Manifestation en Iran

Photo : via reuters / Wana News Agency

Radio-Canada

De représailles en représailles, le bras de fer que se livre l’Iran et les États-Unis depuis plusieurs mois a atteint un nouveau seuil de violence, le 3 janvier, avec l’assassinat, ordonné par Donald Trump, du chef des forces spéciales des Gardiens de la révolution, Qassem Soleimani. Retour sur la chronologie des récents événements.


27 décembre 2019 : mort d’un sous-traitant américain dans une attaque attribuée aux forces pro-Iran en Irak

Un soldat regarde au loin. Un hélicoptère est au sol derrière lui.

Une base militaire à Kirkouk, en Irak, a été la cible d'une attaque à la roquette alors que des soldats américains s'y trouvaient.

Photo : Reuters / Thaier Al-Sudani

Un sous-traitant américain est tué et six militaires – quatre Américains et deux Irakiens –, sont blessés dans une attaque à la roquette contre une base militaire irakienne à Kirkouk.

Selon la coalition antidjihadiste menée par les États-Unis en Irak, une trentaine de roquettes auraient frappé la base où se trouvaient des forces et des équipements américains.

Ces tirs ne sont pas revendiqués, mais les États-Unis accusent les factions pro-Iran en Irak.

Depuis fin octobre, plusieurs salves de roquettes se sont abattues sur des secteurs où sont basés des soldats et des diplomates américains.

Les États-Unis appellent alors le gouvernement irakien à prendre des mesures pour faire cesser les attaques en Irak contre des intérêts américains. De son côté, le premier ministre démissionnaire Abdel Mahdi appelle à ne pas ménager ses efforts pour empêcher une escalade de violence.

De leur côté, les dirigeants irakiens redoutent que leurs deux principaux alliés, américain et iranien, utilisent leur sol comme un champ de bataille. L'Irak est pris en étau entre les États-Unis et l’Iran depuis le renversement du régime de Saddam Hussein en 2003 et la montée du groupe armé État islamique (EI), en 2014.


29 décembre : 19 combattants pro-Iran sont tués lors d’un bombardement américain

Des médecins et des soldats s'affairent à l'arrière d'une ambulance.

Une ambulance transporte des membres blessés des forces paramilitaires Hachd.

Photo : Reuters / Stringer .

Les États-Unis bombardent des bases appartenant à une faction armée pro-Iran dans l'ouest de la province désertique d'al-Anbar, en Irak, tuant ainsi 19 combattants de la coalition paramilitaire Hachd al-Chaabi. Ces frappes américaines interviennent deux jours après la mort du sous-traitant américain.

Le Hachd Al-Chaabi a combattu à partir de 2014 aux côtés des troupes irakiennes et de la coalition internationale antidjihadistes menée par les États-Unis. L’intégration du Hachd aux rangs irakiens dans la lutte contre l'EI a aidé à renforcer l’influence de l’Iran en Irak et a contribué à l'essoufflement de celle des États-Unis.

Ses factions les plus pro-iraniennes, pour certaines nées dans la lutte contre l'occupation américaine de 2003 à 2011, sont désormais considérées par les Américains comme une menace plus importante que l'EI.

Avec ce bombardement, le Pentagone assure « vouloir affaiblir les capacités des brigades du Hezbollah à mener de futures attaques ».

Les raids aériens américains provoquent l'indignation générale en Irak, jusqu'au plus haut niveau de l'État. Quatre roquettes s’abattent le jour même aux abords d'une base abritant des soldats américains, près de Bagdad, sans faire de victime.


31 décembre : heurts à l’ambassade américaine de Bagdad

Certains font des graffitis.

Des partisans et combattants du groupe pro-Iran Hachd al-Chaabi protestent devant l'ambassade américaine.

Photo : Getty Images / AFP / Ahmad al-Rubaye

Des milliers de combattants du Hachd et de ses partisans déferlent dans la très sécurisée Zone verte de Bagdad, où se trouve l'ambassade américaine, qu'ils endommagent à coups de béliers de fortune et de graffitis.

Sur les murs de l'ambassade américaine, on peut lire : « Non à l'Amérique » et « Soleimani est mon chef », en référence au général Qassem Soleimani, qui préside alors aux négociations pour former le futur gouvernement irakien.

Après ces violences, Washington annonce que les activités consulaires de l'ambassade sont suspendues jusqu'à nouvel ordre et conseille aux ressortissants américains en Irak de ne pas s'approcher du bâtiment.

Donald Trump menace de faire payer le « prix fort » à Téhéran.


Nuit du 2 au 3 janvier : assassinat du général iranien Qassem Soleimani dans une attaque américaine

Plan rapproché du général Soleimani.

Qassem Soleimani, vu ici en mars 2015, a été tué dans une frappe aérienne américaine.

Photo : Associated Press

Le puissant et populaire général iranien Qassem Soleimani, chef des unités d’élite des Gardiens de la révolution, une branche de l'armée iranienne, ainsi que le numéro deux d'une milice pro-iranienne en Irak, Abou Mehdi al-Mouhandis, sont tués à Bagdad, dans la nuit du 2 au 3 janvier, lors d’un raid orchestré par Donald Trump, trois jours après les violences à l'ambassade américaine.

Les deux hommes sont tués avec huit autres personnes lors du bombardement du convoi dans lequel ils se trouvaient, à l'aéroport international de Bagdad.

Le Pentagone justifie cette attaque comme étant « une mesure défensive prise pour protéger le personnel américain à l'étranger ».

Des soldats de la 1re Brigade de la 25e Division d'infanterie de l'armée américaine, Task Force-Iraq, occupent une position défensive à la base d'opérations avancée Union III à Bagdad, en Irak.

Des soldats américains occupent une position défensive à Bagdad.

Photo : Reuters

Le département de la Défense des États-Unis estime notamment que le général Soleimani avait « orchestré » plusieurs attaques contre les bases de la coalition en Irak et le tient pour responsable de celle à l'ambassade américaine de Bagdad. Selon le Pentagone, Soleimani préparait en outre des plans contre des diplomates et des militaires américains en Irak.

Cette frappe est destinée à dissuader l'Iran de tout projet d'attaque ultérieure, précise un communiqué du Pentagone.

Tandis que le secrétaire d'État américain Mike Pompeo affirme que les États-Unis souhaitent « une désescalade », Donald Trump écrit sur Twitter que Qassem Soleimani « aurait dû être éliminé il y a de nombreuses années ».

Après plusieurs heures de silence, le gouvernement irakien réagit à l'attaque en la qualifiant d'« agression américaine ». L’attaque est également considérée comme une escalade extrêmement dangereuse et imprudente et un acte de terrorisme international des États-Unis par le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.


5  janvier : des tirs de roquettes ciblent l’ambassade américaine à Bagdad

Des gens sont massés près d'un édifice d'où s'échappe de la fumée.

Des roquettes s'étaient déjà abattues dans la Zone verte de Bagdad, près de l'ambassade américaine, la semaine dernière.

Photo : Reuters / Thaier Al-Sudani

Une foule monstre envahit les rues d'Ahvaz et de Machhad, en Iran, au premier de trois jours d'hommage national au général Soleimani.

Alors que Téhéran crie vengeance pour l'assassinat de son général et brandit la menace d’une riposte militaire, le président américain Donald Trump menace à son tour de détruire 52 sites de très haut niveau et très importants pour l'Iran et la culture iranienne.

Ils brûlent un drapeau américain.

Des dizaines de milliers de manifestants sont sortis dans la rue à Téhéran, vendredi.

Photo : via reuters / Wana News Agency

Quelques heures après les obsèques,des roquettes s’abattent près de l'ambassade américaine à Bagdad. Deux obus de mortier ciblent la Zone verte du centre-ville, qui abrite le parlement irakien et l'ambassade des États-Unis en Irak. Quasi simultanément, deux autres roquettes frappent une base militaire du nord de la ville. Ces deux attaques ne font aucune victime, selon des témoins.

Une faction du Hachd al-Chaabi, coalition solidaire de l’Iran, appelle cependant les soldats irakiens à s'éloigner d’au moins 1000 mètres des bases abritant des forces américaines à compter de dimanche soir.


6 et 7 janvier : une foule monstre à Téhéran appelle à venger le général Soleimani

Des milliers de personnes sont entassées dans une place centrale.

Une foule monstre s'est rassemblée lundi à la place Enghelab, au centre de Téhéran, pour rendre un dernier hommage au général Soleimani.

Photo : Getty Images / AFP/ATTA KENARE

Une marée humaine, en deuil, déferle sur Téhéran. Des millions de personnes livrent un vibrant hommage au général Soleimani et continuent d’appeler à venger sa mort. « Mort à l'Amérique », « mort aux infidèles », « mort aux séditieux » et « mort à Al-Saoud », en référence à la famille régnante en Arabie saoudite – alliée des États-Unis et grande rivale régionale de l’Iran –, font partie des slogans scandés par les Iraniens.

Le corps du général est transféré pour son inhumation dans la section des martyrs du cimetière de Kerman, sa ville natale.

Une foule porte le cercueil recouvert d'un drapeau.

Procession funèbre pour le général Soleimani et le commandant Abu Mahdi al-Muhandis, à Téhéran

Photo : via reuters

Une bousculade lors des obsèques fait 56 morts et 213 blessés, selon un bilan fourni par le responsable des services médicaux d'urgence locaux.


Nuit du 7 au 8 janvier : l’Iran attaque des bases américaines en Irak et plaide l’autodéfense

Des Iraniens brandissent des photos du général Soleimani.

Des Iraniens célèbrent dans la rue l'attaque iranienne sur les forces américaines en Irak, à Téhéran.

Photo : via reuters / Wana News Agency

L'Iran attaque deux bases en Irak, où sont postés des soldats américains. Téhéran affirme avoir pris des « mesures d'autodéfense proportionnées », qui respectent l'article 51 de la Charte des Nations unies. En l'espace d'une demi-heure, 22 missiles s'abattent sur les bases irakiennes d'Aïn al-Assad, à l'ouest, et d'Erbil, au nord, d'après l'armée irakienne.

Le ministre iranien des Affaires étrangères assure que son pays ne veut pas « l'escalade ou la guerre », mais qu'il se défendra « contre toute agression ». Les Gardiens de la révolution iraniens conseillent à Washington de rappeler ses troupes déployées dans la région « afin d'éviter de nouvelles pertes ».

Le Pentagone confirme que l'Iran a lancé une quinzaine de missiles contre l'armée américaine, sans donner le bilan de l’attaque.

Par ailleurs, l'Agence américaine de l'aviation civile (FAA) interdit aux compagnies américaines de survoler les espaces aériens d'Irak, d'Iran, du golfe Persique et du golfe d'Oman.

Vue nocturne de la Maison-Blanche

Après la rencontre du président américain Donald Trump et de ses principaux conseillers à la suite des attaques de missiles de l'Iran contre les forces américaines en Irak, la nuit s'installe au-dessus de la Maison-Blanche, à Washington, le 8 janvier

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Le président américain Donald Trump annonce sur compte Twitter qu'il fera une déclaration officielle mercredi matin.

« Jusqu'à présent, tout va bien! Nous avons l'armée la plus puissante et la mieux équipée du monde, et de loin! », écrit-il dans son message, en précisant toutefois que le bilan et l'évaluation des dommages sont en cours.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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