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Le procès de Trump s'amorcera sans entente avec les démocrates, indique McConnell

Mitch McConnell marche dans les corridors du Sénat entouré de ses collaborateurs.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, avait vivement dénoncé la mise en accusation du président Trump par la Chambre des représentants.

Photo : Getty Images / Alex Wong

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a assuré, mardi, disposer de suffisamment de voix pour fixer les règles du procès en destitution du président Donald Trump sans avoir à s'entendre avec les démocrates, qui réclament la convocation de nouveaux témoins.

M. McConnell a affirmé que la procédure s'inspirera du procès en destitution du démocrate Bill Clinton qui, en 1999, s'est amorcé avec les plaidoiries d'ouverture sans que la question des témoins n'ait été réglée au préalable.

Ce qui est bon pour le président Clinton est bon pour le président Trump, a-t-il dit aux reporters.

Or, à l'époque du procès de Bill Clinton, les républicains, majoritaires, et les démocrates s'étaient entendus sur les règles – ce qui n'est pas le cas cette fois-ci.

Malgré la majorité républicaine, l'incertitude quant au déroulement des procédures persistait.

Les démocrates espéraient pouvoir compter sur l'appui d'une poignée de républicains, notamment des élus appelés aux urnes en 2020 dans des États où leur réélection n'est pas acquise, comme Susan Collins, du Maine. Elle a dit être en accord avec le plan de M. McConnell.

La sénatrice de l'Alaska, Lisa Murkowski, une autre élue sur laquelle tablaient les démocrates, a pour sa part qualifié la décision de M. McConnell de raisonnable.

En l'absence d'accord entre les deux partis, le Sénat, qui compte 53 élus républicains, 45 démocrates et deux indépendants alliés des démocrates, doit approuver les règles à la majorité simple de 51 voix.

Le procès fera suite à l'enquête menée par des comités de la Chambre des représentants sur la conduite de Donald Trump face à l'Ukraine.

Les démocrates accusent le président républicain d'avoir voulu extorquer à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky la tenue d'enquêtes en utilisant comme levier une aide militaire avoisinant les 400 millions de dollars, qui a été gelée pendant plusieurs semaines.

Entendra-t-on John Bolton?

Le leader de la minorité démocrate au Sénat, Charles Schumer, a déclaré que les démocrates allaient faire pression pour la tenue d'un vote pendant le procès afin de convoquer des témoins et d'obtenir des documents de l'administration Trump. Il a dit vouloir que les républicains se prononcent publiquement sur un procès équitable.

Rien ne garantit toutefois qu'une majorité d'élus du Sénat consentira en cours de route à la comparution de témoins.

Le mois dernier, M. Schumer avait réclamé la convocation de quatre témoins clés qui n'ont pas été entendus lors du procès devant la Chambre des représentants, ainsi que certains documents liés au gel de l'aide militaire destinée à l'Ukraine.

Les démocrates veulent notamment entendre l'ancien conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton. Lundi, ce dernier s'est dit prêt à témoigner si le Sénat l'assignait à comparaître.

Devant les journalistes, le président Trump a affirmé que son ancien conseiller ne saurait rien à propos de ce dont on parle par rapport à l'Ukraine.

Lors de son témoignage public devant le Comité du renseignement de la Chambre des représentants, en novembre, une ex-conseillère de John Bolton, Fiona Hill, a pourtant laissé entendre que son ancien supérieur hiérarchique avait des choses à dire.

Selon elle, il a exprimé sa vive désapprobation par rapport à la possibilité que la rencontre entre les présidents américain et ukrainien soit conditionnelle à la tenue d'une enquête par les autorités ukrainiennes sur la société gazière ukrainienne Burisma.

Le dossier toujours en suspens

Malgré la mise en accusation formelle du président américain par la Chambre des représentants, le 18 décembre dernier, la présidente de la Chambre, la démocrate Nancy Pelosi, n'a toujours pas transmis le dossier au Sénat.

Le soir du vote historique ayant mené à l'adoption de deux chefs d'accusation – abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès – la leader démocrate avait expliqué sa décision par l'absence de garanties d'une procédure équitable.

Le mois dernier, Mitch McConnell a parlé d'une coordination totale avec les avocats de la Maison-Blanche.

Je continue d'espérer que la présidente de la Chambre [nous] transmettra [les documents], a soutenu M. McConnell, rappelant que le procès ne peut pas débuter tant que le dossier n'est pas formellement acheminé au Sénat.

Pour que la procédure aboutisse à la destitution de Donald Trump, il faudrait qu'une majorité des deux tiers des 100 sénateurs approuve au moins l'un des chefs d'accusation. Les républicains ayant jusqu'ici fait bloc derrière le président, ce scénario apparaît fort peu probable.

Donald Trump est le troisième président dans l'histoire du pays à être mis en accusation pour crimes et délits majeurs.

Avec les informations de New Yor Times, Washington Post, et CNBC

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