•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vers une intensification des moyens de pression des enseignants?

Des enseignants tiennent des pancartes, dont une avec le message « aucune coupure en éducation ».

Les membres de la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l'Ontario lors de la deuxième journée de grève, le 11 décembre.

Photo : Radio-Canada

Alors que la Fédération des enseignants et enseignantes des écoles secondaires de l’Ontario tient une quatrième journée de grève dans certaines écoles de la province, plusieurs se demandent jusqu’où iront les moyens de pression.

Jusqu'ici, la grève tournante et la grève du zèle n'ont pas permis de faire progresser les négociations.

Au contraire, elles auront contribué à creuser le fossé entre les parties patronales et syndicales, qui demeurent aux antipodes.

Les syndicats sont de moins en moins persuadés de pouvoir régler rapidement le dossier.

J'aimerais être optimiste. Nous l'étions lorsque nous avons commencé les négociations. [...] Le ministre ne semble pas vouloir aborder l'enjeu central, qui est la taille des classes.

Liz Stuart, présidente de l'Association des enseignants des écoles catholiques anglophones de l'Ontario
Louis Durand assis à Radio-Canada Sudbury.

Le professeur Louis Durand du département de marketing et de gestion de l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Mathieu Tremblay

Selon le professeur de relations industrielles de l'Université Laurentienne, Louis Durand, dans le contexte actuel, les syndicats devront intensifier les moyens de pression s'ils veulent tenter de faire bouger le gouvernement.

Est-ce qu'ils décident de le faire immédiatement au mois de janvier, février, avant la semaine de relâche ou s'ils continuent tranquillement leurs moyens de pression de la même façon et qu'ils sont patients face au gouvernement? C'est la question.

Louis Durand, professeur de relations industrielles, département de gestion, Université Laurentienne

Un jeu d'échecs et de relations publiques

Et quels seront ces moyens de pression plus intenses? Une grève de deux ou trois jours, d'une semaine? Une grève générale?

Chose certaine, personne ne peut prédire ce qu'il adviendra dans les prochaines semaines ou les prochains mois.

Chaque mouvement, chaque décision, chaque annonce peut avoir un impact et réorienter les stratégies de chacun.

Des grévistes font du piquetage devant une école et dénoncent les compressions en éducation.

Les enseignants du secondaire ont débrayé une première fois le 4 décembre.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Le président de la Fédération des enseignants et enseignantes des écoles secondaires de l'Ontario, Harvey Bischof, admet qu'il n'y a pas de feuille de route officielle sur les actions qui seront entreprises. Nos décisions seront prises en fonction des gestes du gouvernement.

Les conflits de travail dans le monde de l'éducation sont particulièrement délicats parce qu'ils mettent justement en cause des milliers de familles qui voient leur routine bouleversée par les moyens de pression.

Les syndicats, qui ont réussi pour l'instant à gagner la bataille de l'opinion publique selon les experts, doivent ainsi être conscients qu'un geste de trop peut leur nuire considérablement.

Stéphanie Chouinard est professeure adjointe en sciences politiques au Collège militaire royal du Canada.

Stéphanie Chouinard, politologue au Collège militaire royal du Canada de Kingston.

Photo : Radio-Canada

Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au département de science politique au Collège militaire royal du Canada à Kingston, estime que c'est la raison principale pour laquelle les syndicats usent de moyens modérés, annoncés à l'avance. On voit qu'on tente de soigner la relation entre le syndicat et les parents pour garder l'opinion publique de son côté, dit-elle.

Le ministre de l'Éducation Stephen Lecce en point de presse.

Le ministre de l'Éducation Stephen Lecce.

Photo : Assemblée législative de l'Ontario

Le gouvernement tente justement de discréditer les syndicats et de leur faire porter le blâme du conflit.

Les parents nous ont clairement dit que les grèves menées par les syndicats font du tort à leurs enfants et que les investissements devraient être consacrés à la réussite des élèves plutôt qu'à l'amélioration de la rémunération. Nous sommes d'accord avec les parents.

Stephen Lecce, ministre de l'Éducation

Un front commun possible

Les quatre syndicats d'enseignants sont maintenant en position de déclencher la grève au moment qu'ils jugeront opportun. Vont-ils y aller d'une action commune?

C'est possible, mais personne ne veut dévoiler sa stratégie.

Rémi Sabourin répond aux questions d'un journaliste dans son bureau.

Rémi Sabourin, président de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens.

Photo : Radio-Canada

Le président de l'Association des enseignants franco-ontariens indique que c'est un scénario envisagé. Les représentants syndicaux sont d'ailleurs constamment en contact les uns avec les autres.

Rappelons que les quatre syndicats se sont déjà alliés pour contester qui plafonne l'augmentation salariale des employés du secteur public à 1 % pour les prochaines années (Loi 124).

Tout le monde est à la même place ou presque. Oui, il pourrait y avoir des moyens de pression concertés. Ça pourrait être par hasard ou autre. Quoiqu'on se parle. On est au courant de ce qui se passe ailleurs. [...] L'idée d'une frappe commune pourrait exister.

Rémi Sabourin, président de l'Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens

Louis Durand pense toutefois qu'il existe certaines différences et particularités entre les syndicats... leur identité religieuse, linguistique, leur taille.

Ainsi, il n'est pas convaincu qu'il y aura une grève générale pour tous les syndicats en même temps.

Des journées de négociation sont prévues pour l'Association des enseignants catholiques anglais de l'Ontario à la fin de la semaine et, la semaine prochaine, pour l'Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !