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Le photographe acadien Maurice Henri et Haïti, 10 ans après le séisme

Le photographe Maurice Henri, chez lui, avec dans ses mains des clichés de jeunes enfants pris à Haiti après le séisme de 2010.

Maurice Henri qui se rappelle Haïti avec ses clichés.

Photo : Radio-Canada / Francis Pilon

Radio-Canada

Le 12 janvier 2010, Haïti est frappée par un tremblement de terre d’une magnitude de 7. Deux ans plus tard, le photographe acadien Maurice Henri se rend sur place pour faire du travail humanitaire pour la première fois.

Lorsque le photographe se rend à Haïti en 2012, il atterrit à Port-Au-Prince. Ce qu’il observe de prime abord, c’est que deux ans sont passés depuis le séisme, mais que plusieurs immeubles ne sont toujours pas reconstruits, et aucunement nettoyés. Quand les accompagnateurs locaux lui montrent une bâtisse et mentionnent que les corps des victimes sont toujours à l'intérieur, le photographe est profondément troublé.

Un immeuble en ruine à Haïti suite au séisme de 2010. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un immeuble en ruine à Haïti suite au séisme de 2010

Photo : Avec la gracieuseté de / Maurice Henri

C'est pour travailler dans le village de Port Salut que Maurice Henri se rend initialement dans ce pays des Caraïbes. Sa mission : faire du travail humanitaire auprès des jeunes.

C’est à ce moment qu'il fait un partenariat avec un organisme de médecins de la Nouvelle-Zélande sur place, pour travailler avec des jeunes ayant perdu des membres lors du tremblement de terre.

Après la catastrophe naturelle de 2010, c’est plus de 500 000 individus qui ont perdu un bras ou une jambe.

S’en est suivi pour Maurice Henri un projet de photographie humanitaire naissant de ces rencontres.

Une jeune fille haïtienne devant l'objectif du photographe Maurice Henri.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une jeune fille haïtienne devant l'objectif du photographe Maurice Henri

Photo : Avec la gracieuseté de / Maurice Henri

Son projet photo était d'abord de travailler avec des jeunes, surtout des adolescentes de 14 à 16 ans. Elles me disaient qu’elles n'allaient jamais pouvoir être une mère ou se marier, car elles n’étaient plus belles , raconte-t-il. On a travaillé avec [elles] pour rebâtir leur confiance.

La photographie comme tentative de guérison

Le photographe a alors créé un programme nommé Caméra pour guérir. Il s’est ensuite rendu plusieurs fois en Haïti pour aider les enfants handicapés. Son but : redonner confiance aux jeunes avec le pouvoir de la photographie.

Pour Maurice Henri, bâtir une relation de confiance avec ses sujets est au cœur de son processus de photographie. Il ne veut en aucun cas que les personnes photographiées se sentent exploitées. La photographie est plutôt pour lui une façon de créer un dialogue avec les jeunes et de leur donner une voix.

L’appareil devient très puissant. ll devient le véhicule pour le dialogue.

Maurice Henri, photographe
Des Haïtiens marchent dans une ville détruite suite au séisme de 2010. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le photographe Maurice Henri a pris ce cliché à Haïti.

Photo : Avec la gracieuseté de / Maurice Henri

Le photographe explique que plusieurs jeunes se tournent vers le crime, l’alcool et la prostitution pour vivre, suite à leur traumatisme.

Maurice Henri tente d’utiliser la photographie pour que ces victimes du séisme voient la vie autrement, tout en percevant la beauté de leur propre corps malgré les cicatrices physiques et mentales.

Il note d’ailleurs l’importance de créer un environnement sécuritaire, sans jugements. Les jeunes prenaient aussi des photos de leur environnement et se photographient mutuellement pour voir qu’avec l'appareil, ils peuvent avoir un dialogue , explique-t-il.

Un jeune homme regarde l'objectif en souriant, derrière un immeuble.     Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le photographe Maurice Henri précise qu'il est important de créer un environnement sécuritaire et sans jugement lors des séances de photographie à Haïti.

Photo : Avec la gracieuseté de / Maurice Henri

Pour la suite des choses

Haïti n’était pas la première expérience de travail humanitaire de Maurice Henri. Son premier voyage du genre remonte en 2004, en Afrique, où il a vu des jeunes mourir de faim. Cette expérience a changé radicalement son travail de photographe.

Elle l’a aussi poussé à utiliser son art comme arme de changement, pour encourager le dialogue et contribuer à ce monde. Il a ensuite été dans plusieurs pays.

J’ai vu des gens qui ont subi des atrocités.

Maurice Henri, photographe

Maurice Henri retourne aussi souvent en Haïti. En plus de ses missions en solo, il a organisé des voyages humanitaires de groupe dans les dernières années.

Je vois du progrès. Je n’ai jamais rencontré des gens aussi sympathiques, affirme-t-il. Il explique qu'au-delà des désastres naturels, il existe dans le pays une joie de vivre, une résilience et une force positive.

Des vendeurs de mangues à Haïti, en face d'un immeuble détruit par le séisme de 2010 et un homme en moto à l'avant de cette scène. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le photographe Maurice Henri a pris ce cliché à Haïti.

Photo : Avec la gracieuseté de / Maurice Henri

Le photographe retournera en Haïti bientôt, probablement seul. Il a très hâte. Il aimerait terminer la construction d’une école et aider plusieurs jeunes avec leur éducation. Il veut aussi lutter contre les abus que subissent les enfants.

Son plus grand souhait, c’est qu'Haïti retrouve enfin la paix, 10 ans après son tremblement de terre.

Avec les informations de Francis Pilon

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