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  • Archives
  • Inimitable Dominique Michel

    Dominique Michel qui tient un micro et sourit.

    En novembre 2019, Dominique Michel annonçait sa retraite de la télévision après plus de 60 ans de carrière.

    Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

    Radio-Canada

    Le 7 novembre dernier sur le plateau des Enfants de la télé, Dominique Michel annonçait sa retraite de la télévision. Au lendemain des revues de l’année télévisuelles dont elle fut la reine incontestée, revenons en archives sur la carrière de cette artiste talentueuse qui fait rire le Québec depuis plus de 60 ans.

    Dominique Michel, de son vrai nom Aimée Sylvestre, est native de Sorel, mais a grandi dans le quartier montréalais surnommé le Faubourg à m’lasse. Enfant unique née en 1932, elle garde de beaux souvenirs de sa jeunesse auprès de parents aimants et peu fortunés qui ont réalisé de nombreux sacrifices pour elle.

    Mes parents m’ont donné tout ce que je voulais, mais ils ont travaillé très dur.

    Dominique Michel

    Adolescente, elle fait ses études au couvent des sœurs Sainte-Anne à Lachine, où elle apprend le piano. Elle étudie également la musique au conservatoire et l’art dramatique chez Mme Audet.

    Dès l’âge de 19 ans, elle commence à se produire dans les cabarets montréalais. Elle séjournera en France et foulera les planches du Night Club et de Bobino.

    Au courant des années 1950, elle devient de plus en plus populaire et rencontre durant cette période Denise Filiatrault, avec qui elle partagera plusieurs scènes et plateaux de télévision dans les décennies suivantes.

    Elle se joint à la troupe Le Beu qui rit de Paul Berval et commence à faire quelques apparitions télé dès 1956.

    Gala de la chanson canadienne, 22 février 1957

    Dans cette archive du 22 février 1957, Dominique Michel remporte le deuxième prix au Gala de la chanson canadienne. L’animateur Pierre Paquette présente la jeune chanteuse pour sa première interprétation publique « d’une œuvre extrêmement coloriée, à saveur tout à fait locale, intitulée S’ul perron ».

    S’ul Perron deviendra un des plus grands succès de celle que le public surnommera affectueusement Dodo. Le 45 tours se vendra à plus de 100 000 exemplaires.

    Avant de participer à 17 Bye Bye, Dominique Michel a contribué aux revues de l’année Au P’tit Café et Ça va éclater. Elle a ainsi imité avec brio des dizaines et des dizaines de personnages.

    Dans cet hilarant extrait de la revue de l’année Ça va éclater du 31 décembre 1963, Dominique Michel et Denise Filiatrault parodient l’émission L’Heure du concert en tentant péniblement d’interpréter le ballet du Lac des cygnes. Alors que Denise s'évertue à effectuer avec grâce les pas de danse, Dodo s'apparente plus au vilain petit canard.

    Ça va éclater, 31 décembre 1963 (extrait)

    C’est durant les années 1960 que Dominique Michel devient une grande vedette de la télévision québécoise avec l’émission Moi et l’Autre réalisée par Jean Bissonnette.

    Dans ce passage du téléroman intitulé La cartomancienne diffusé le 21 mars 1967, nous assistons à un mémorable fou rire complice entre les deux actrices principales.

    Le 24 août 1971, l’animateur André Guy s’entretient avec Dominique Michel chez elle alors que le téléroman Moi et l’autre figure au sommet des émissions les plus regardées au Québec.

    Il est question de ses débuts au cabaret, de ses enregistrements musicaux, du cinéma québécois.

    André Guy la présente d’emblée comme « la plus sympathique et pétillante des comédiennes montréalaises ».

    Le Québec sans Dominique Michel ça serait un peu comme une soupe sans sel.

    André Guy, animateur

    Avec André Guy, 24 août 1971

    À l’époque de l’entrevue, Dominique Michel en est à la dernière saison de Moi et l’autre et caresse le projet d’un premier tournage de film.

    Au cours de sa carrière, elle en tournera plusieurs, dont certains deviendront des classiques de notre cinéma : Tiens-toi bien après les oreilles à papa (1971), J’ai mon voyage! (1973), Je suis loin de toi mignonne (1976), Y’a toujours moyen de moyenner (1973), Le déclin de l’empire américain (1986), Les invasions barbares (2003).

    Le 4 octobre 1978 à l’émission Femme d’aujourd’hui, la journaliste France Nadeau s’entretient avec Dominique Michel. Les deux femmes abordent les thèmes de l’amour, du succès populaire, des regrets et de la vieillesse. Dominique Michel affirme ne pas avoir peur de vieillir.

    Femme d’aujourd’hui, 4 octobre 1978

    Je n’ai pas peur de vieillir du tout (...) La maladie est la seule chose qui me fait peur.

    Dominique Michel

    L’animatrice questionne Dodo sur sa façon de travailler. Si Dominique Michel fait rire sur scène, la préparation derrière un spectacle ou une revue de l’année elle, est prise au sérieux.

    Mes musiciens m'appellent le boss. Je suis bien méticuleuse. Dans la vie, je suis rangée et je veux que ce soit comme ça. Il ne faut jamais se laisser aller, la rigueur c’est très important.

    Dominique Michel

    En 2013, l’artiste décide de faire don de ses photos et documents à Bibliothèque et archives nationales du Québec (BAnQ) qui organise une exposition pour l'occasion. Le 10 juin 2013 au Téléjournal, Patrice Roy visite l’institution en compagnie du monument de l’humour québécois qui commente ses souvenirs.

    Le Téléjournal, 10 juin 2013

    Lauréate de nombreux prix et cumulant les honneurs pour sa carrière d’exception, la grande dame du show-business québécois confie à Patrice Roy n’être ni nostalgique ni passéiste. 

    J’ai eu un énorme plaisir à travailler, j’ai été heureuse, j’ai ri, j’ai eu du plaisir. D’ailleurs, quand j’ai eu la médaille à l’Assemblée nationale, j’ai dit : "Vous me récompensez pour avoir eu tant de plaisir à travailler avec des personnes formidables."

    Dominique Michel

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