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La solution d'un petit groupe de presse des Laurentides à la crise des médias

Malgré la crise, certains journaux régionaux arrivent à tirer leur épingle du jeu. C'est le cas d'un groupe indépendant perché dans les Hautes-Laurentides.

Des exemplaires des journaux « L'info du Nord » et de « L'info de la Lièvre ».

Quelques publications du groupe IN Médias

Photo : Vincent Rességuier

Vincent Rességuier

IN Médias commence l'année 2020 comme il a terminé la précédente : avec des projets d'expansion. Après avoir acheté deux nouveaux journaux en décembre dernier, son président, Sylvain Lacasse, a pour projet d’agrandir son équipe, composée d’une dizaine de journalistes.

S'il ne s'emballe pas pour autant, M. Lacasse constate dans un enthousiasme modeste que ça va bien. Et pourtant : que de chemin parcouru!

Car bien des choses ont changé depuis la création, il y a près de 10 ans, de son premier journal, Le Courant des Hautes-Laurentides, rebaptisé à l’automne L’Info de la Lièvre. Aujourd'hui, son entreprise possède huit titres – sept hebdomadaires et un mensuel – dans un marché qui s'étend sur cinq MRC, toutes limitrophes, de Sainte-Agathe à Maniwaki.

Selon le chef d’entreprise, la principale raison de ce succès est avant tout son modèle d'affaires, à savoir un petit groupe concentré dans une région. Sa philosophie se retrouve d'ailleurs dans le nom de son entreprise, « IN » , qui signifie « Information du Nord ».

On a les plus gros marchés qui sont capables de soutenir les plus petits marchés, explique M. Lacasse. Et puis, pour avoir du succès, il faut que tu sois présent, que tu ailles au gala de la chambre de commerce, au gala des optimistes... Si tu t’étends sur 500  kilomètres, c’est un peu plus difficile.

Sylvain Lacasse tient entre ses mains un exemplaire de « L'info de la Lièvre ».

Sylvain Lacasse, dans son bureau à Mont-Laurier.

Photo : Vincent Rességuier

Tout n’a pas été facile pour autant. À l'époque de ce qu’on a appelé la « guerre des hebdos », Sylvain Lacasse a dû composer avec une concurrence féroce de la part de grands groupes comme Québecor et Transcontinental. À Mont-Laurier, par exemple, il y a eu jusqu'à trois journaux.

Avec la même masse salariale, on couvrait la même nouvelle trois fois. La population était perdante. Aujourd’hui, l’ordre naturel des choses est revenu, mais on a perdu six ou sept ans de temps et d’argent. C’est fou!

Sylvain Lacasse, président d'IN Médias

Historiquement, les médias sont pourtant peu présents dans les Hautes-Laurentides, une région isolée au milieu des trois pôles que sont la région de Montréal, l'Outaouais et l’Abitibi. Aujourd'hui, presque toutes les publications d’IN Médias n'ont aucun concurrent dans leur marché.

Un marché publicitaire favorable

Avec la fin de la « guerre des hebdos », le groupe IN Médias s'est retrouvé en position de force sur le marché publicitaire. Mais même si la concurrence se fait rare, le groupe a changé son approche sous la houlette de sa vice-présidente responsable du développement des affaires, Chantal Roussel.

Cette femme d’affaires, qui n’avait jamais travaillé dans les médias, est arrivée avec un regard neuf sur l'industrie. Avec une certaine liberté d'esprit, elle a changé la stratégie et l’image du groupe qui, selon elle, n'était pas assez proche des gens. En conséquence, elle a décidé de tout miser sur une stratégie exclusivement locale.

J’ai la conviction profonde que je ne me battrai pas contre Facebook ou Google. Je ne vendrai pas de publicité à petit prix puisque ça nous tue. On a bien vu que ce modèle d’affaires ne fonctionne pas.

Chantal Roussel, VP responsable du développement des affaires d'IN Médias

Selon cette logique, les clients qui veulent s’adjuger un espace publicitaire sur le site web d'un journal appartenant à IN Médias doivent d’abord acheter de la publicité dans sa version papier.

Chantal Roussel voit d’ailleurs un bel avenir pour les journaux. Mais il faut les dépoussiérer, les mettre en valeur et les placer au cœur de la communauté, dit-elle. C’est pourquoi IN Médias consacre désormais la totalité de ses espaces publicitaires aux clients de la région.

En contrepartie, l'entreprise tente par tous les moyens de renforcer ses liens avec le milieu économique à travers différents événements. Par exemple, chaque mois et dans chaque marché, Chantal Roussel organise des 5 à 7 chez un client, et tous les partenaires du groupe sont invités.

Ça nous permet de connaître le client dans son commerce et d'apporter de la nouvelle clientèle, explique-t-elle. Il y a un engouement incroyable.

Chantal Roussel, vice-présidente d'IN Médias

Chantal Roussel, vice-présidente d'IN Médias dans son bureau à Mont-Tremblant

Photo : IN Médias

Les programmes d'aide aux médias, annoncés ces derniers mois par Québec et Ottawa, ont également eu leur importance. Sylvain Lacasse explique que ce sont ces programmes qui lui ont permis d'acquérir deux nouveaux hebdomadaires l'an dernier.

Ces crédits d'impôt nous donnent la confiance qui nous manquait pour prendre des décisions plus risquées, admet-il. Il y a un an ou deux, je ne pense pas que j’aurais investi dans ces journaux.

M. Lacasse compte également profiter de l'aide aux médias pour recruter des journalistes dans les prochains mois.

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