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Les États-Unis réaffirment que leurs troupes ne quitteront pas l'Irak

Des soldats de la 1re Brigade de la 25e Division d'infanterie de l'armée américaine, Task Force-Iraq, occupent une position défensive dans la base d'opérations avancée Union III à Bagdad, en Irak.

Des soldats américains occupent une position défensive à Bagdad.

Photo : Reuters

Radio-Canada

Les forces américaines, qui sont placées depuis lundi soir en état d’alerte avancée, demeureront en Irak, a indiqué mardi le secrétaire américain à la Défense Mark Esper. Les États-Unis entendent « renforcer leurs troupes » sur le terrain afin de protéger leurs installations et leurs militaires.

Notre politique n'a pas changé. [...] Nous continuons à renforcer les institutions irakiennes afin de vraiment mettre fin à Daech (groupe armé État islamique), a indiqué M. Esper d'un ton ferme, lors d'une conférence de presse.

Le chef du gouvernement irakien Adel Abdel Mahdi n'a d'ailleurs pas demandé à Washington de retirer ses troupes, a ajouté le secrétaire à la Défense. À ma connaissance, je n'ai reçu aucune communication de sa part ou de la part du gouvernement irakien sur une loi, ou un ordre, ou une demande de retrait des forces américaines, a-t-il souligné.

Il a toutefois dit s'attendre à des représailles de la part de l'Iran par l'intermédiaire de leurs supplétifs [...] ou de leurs propres mains.

Les forces militaires et les unités de défense antiaérienne américaines déployées dans la région ont en effet été placées en état d’alerte avancée lundi soir pour faire face à d’éventuelles attaques iraniennes après l’assassinat, vendredi dernier, du général iranien Qassem Soleimani.

L'armée américaine s'était rétractée après avoir annoncé lundi soir que la coalition antidjihadiste qu'elle dirige allait quitter l'Irak. Les autorités militaires avaient ensuite soutenu que cette nouvelle avait été publiée par erreur.

Au sujet des tensions exacerbées après cet assassinat, Mark Esper a déclaré que les États-Unis ne voulaient pas la guerre avec l’Iran. Mais nous sommes prêts à mettre fin à une telle guerre.

Les architectes de la terreur doivent savoir que nous n’allons pas tolérer des gestes posés contre nos intérêts ou nos citoyens et nous allons agir pour les défendre si cela s’avère nécessaire.

Mark Esper, secrétaire à la Défense

Se disant en faveur d'une solution diplomatique, M. Esper s'est adressé aux Iraniens pour leur demander de mettre fin aux gestes de leurs alliés dans la région.

Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, lors d'une conférence de presse.

Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper.

Photo : Reuters / Yuri Gripas

Le président américain a quant à lui adopté un ton plus menaçant. Si l’Iran fait quelque chose qu’il ne devrait pas faire, il va en subir les conséquences et cela avec toute la vigueur qu’on me connaît, a-t-il déclaré.

Selon la chaîne d'information américaine CNN, les services de renseignements américains ont observé plusieurs déplacements de troupes et de matériel militaire iranien, notamment des drones et des missiles balistiques, au cours des derniers jours.

Ces mouvements sont soit destinés à protéger des installations iraniennes d’une éventuelle attaque américaine soit à mettre les troupes en position pour lancer une attaque contre des positions américaines dans la région, estiment les experts.

13 scénarios

Les médias iraniens ont pour leur part fait état de 13 scénarios de représailles contre les États-Unis actuellement étudiés par les dirigeants politiques et militaires à Téhéran.

Selon l'agence Tasnim, qui cite le secrétaire du Conseil national de sécurité de l'Iran, Ali Shamkhani, le moindre de ces scénarios serait un cauchemar historique pour les États-Unis en évoquant un recours possible à des missiles de moyenne et de longue portée.

Selon Washington, l’élimination du général qui dirigeait la force Al-Qods des Gardiens de la Révolution et qui coordonnait les milices pro-iraniennes en Irak était justifiée et destinée à empêcher une attaque imminente qui aurait menacé des vies américaines en Irak.

Il complotait pour tuer, pour attaquer les installations américaines, les diplomates, soldats, marins et aviateurs qui se trouvaient dans ces installations, a déclaré mardi aux journalistes le conseiller à la sécurité nationale Robert O'Brien.

Washington n’a cependant fourni aucun détail sur cette présumée attaque que les forces pro-iraniennes préparaient.

Trump et Pompeo défendent l’élimination de Soleimani

Le jour de son assassinat, le général Soleimani se déplaçait avec le chef du Hezbollah. Il n’était pas là pour discuter de vacances, il ne se rendait pas dans un lieu de villégiature à Bagdad, a déclaré le président américain Donald Trump depuis le Bureau ovale, mardi.

Il était là afin de discuter de plans plutôt néfastes. On a su épargner un grand nombre de vies en éliminant la sienne.

Donald Trump, président des États-Unis

Le secrétaire d’État, Mike Pompeo, a expliqué lui aussi que le général Soleimani ne se trouvait pas en Irak pour y mener une mission diplomatique de paix. Les États-Unis ont agi en conformité avec les lois internationales de la guerre en éliminant la menace que représentait ce haut gradé iranien, a-t-il justifié.

Le chef de la diplomatie américaine a du même souffle accusé l’Iran de travailler activement à déstabiliser la région, notamment en minant les efforts de paix en Afghanistan.

L'Iran a refusé de se joindre à la communauté régionale et internationale pour la paix, et s'emploie en fait activement à miner le processus de paix en poursuivant son long effort mondial pour soutenir les groupes militants là-bas, a déclaré Mike Pompeo.

Presque au même moment, l’OTAN annonçait le retrait temporaire d’une partie de son personnel déployé en Irak après avoir déjà suspendu sa mission de formation des forces irakiennes.

Nous prenons toutes les précautions nécessaires pour protéger notre personnel. Cela comprend le repositionnement temporaire d'une partie du personnel dans différents lieux à l'intérieur et à l'extérieur de l'Irak, a expliqué l'Alliance atlantique dans un communiqué, en précisant qu’elle maintient tout de même sa présence en Irak.

Des hommes en colère enflamment un drapeau.

Des manifestants s'apprêtent à brûler un drapeau américain à Téhéran au lendemain de l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani par les États-Unis.

Photo : afp via getty images / ATTA KENARE

Rappelons que le général Qassem Soleimani a été tué trois jours après une attaque contre l'ambassade américaine par des miliciens pro-iraniens dans la zone sécurisée de Bagdad. Cette action était elle-même menée en réaction à des raids américains contre des bases d'une faction pro-Iran en Irak qui ont fait 25 morts.

En Iran, où les funérailles du général Qassem Soleimani ont donné lieu mardi à des bousculades monstres qui ont fait une cinquantaine de morts, le gouvernement a promis une riposte à la mesure de l’attaque que les États-Unis ont menée contre l’Iran.

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Javad Zarif, a qualifié mardi l’assassinat du général Soleimani d'acte de terrorisme d'État, une attaque contre son pays à laquelle l’Iran répondra, mais pas de façon irréfléchie, a prévenu le diplomate.

Nous répondrons de manière légale. Nous ne sommes pas des gens sans loi comme le président Trump., a-t-il ajouté.

Avec les informations de CNN, et Agence France-Presse

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