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Il y a 55 ans, le Pacte de l'automobile voyait le jour

Vue partielle d'une voiture noire dans les années 1960.

Le Pacte de l'automobile a été signé le 16 janvier 1965.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 55 ans, le Canada et les États-Unis signaient ce qu’on connaît communément comme étant le Pacte de l’automobile. Cette entente allait favoriser l’essor de l’industrie de la fabrication automobile en Ontario et, dans une moindre mesure, au Québec.

Un secteur attirant pour les travailleurs de l’Ontario et du Canada

L’accord, jusqu’à maintenant, marche très bien. On est en train de noter de grandes expansions des entrepôts, des usines, de l’automobile, ici au Canada.

Charles Drury, ministre de l’Industrie du Canada, 1965

En 1994, le taux de chômage dans la province de l’Ontario atteint en moyenne 9,6 %.

Téléjournal, 9 janvier 1995

Ce taux élevé explique en bonne partie le phénomène observé dans le reportage du journaliste Claude Gervais présenté au Téléjournal le 9 janvier 1995.

Ce jour-là, à l’usine de la compagnie automobile General Motors (GM) située dans la ville de Pickering près de Toronto, 20 000 personnes font la file.

Certains bravent le froid depuis l’aurore.

C’est que GM constitue une banque de candidats pour l’embauche éventuelle de quelques centaines d'employés. Ceux-ci aideraient à faire fonctionner son usine d’assemblage d’Oshawa.

Les salaires et les bonnes conditions de travail attirent autant les chômeurs que des gens qui souhaitent améliorer leurs revenus.

Depuis 1965, l’industrie de la construction automobile constitue un des piliers de l’économie de l’Ontario. L'industrie concentre plus de 90 % de ses activités dans cette province.

Un accord avantageux pour le Canada et l’Ontario

Sextant, 30 décembre 1965

Le 30 décembre 1965, l’émission Sextant présente un segment sur ce qui a constitué cette année-là un fait marquant dans l’économie canadienne. 

Le 16 janvier 1965, le premier ministre du Canada, Lester B. Pearson, et le président des États-Unis, Lyndon B. Johnson, signent le Pacte de l’automobile.

Le Pacte de l’automobile représente une victoire pour le Canada. Il permet principalement de surmonter le déficit commercial qu’enregistrait le Canada avec les États-Unis depuis des années.

C’est notamment l'adoption d’une règle d’origine qui fixe à 50 % le contenu canadien dans les voitures vendues au Canada et aux États-Unis qui fait que le Canada peut réduire ce déficit commercial.

Sextant présente une brève analyse de ce que pourrait signifier la création du Pacte de l’automobile pour les consommateurs canadiens.

Le prix d'achat des voitures devrait baisser.

Une entrevue avec le ministre fédéral de l’Industrie Charles Drury explique par ailleurs avec plus de détails les avantages de cette entente pour l’économie du Canada.

La fin du Pacte de l’automobile…

Le Pacte de l’automobile ne fait cependant pas que des heureux.

Des provinces canadiennes critiquent la concentration de l’industrie automobile en Ontario.

Pour leur part, les constructeurs automobiles du Japon et de l’Union européenne se plaignent que des dispositions centrales de l’accord se révèlent incompatibles avec les règles du commerce international.

Devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Japon et l’Union européenne dénoncent une concurrence déloyale de la part des constructeurs automobiles nord-américains.

En octobre 2000, l’OMC leur donne raison.

Le Canada et les États-Unis doivent donc démanteler dès le 19 février 2001 le Pacte de l’automobile.

Le Canada aujourd'hui, 4 octobre 2000

C’est le sujet du reportage que le journaliste Frédéric Arnould présente à l’émission Le Canada aujourd’hui le 4 octobre 2000.

Le Syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile croit que le démantèlement du Pacte de l’automobile est une catastrophe.

Mais un économiste minimise l’impact que cette décision aura sur les emplois du secteur de la construction automobile au Canada.

… coïncide avec la fermeture de l’usine de GM à Sainte-Thérèse–Boisbriand

L’activité de l’industrie de la construction automobile se trouve concentrée en Ontario. Mais elle a aussi une présence au Québec.

Les règles d’origine du Pacte de l’automobile stipulent que la moitié du contenu des voitures vendues au Canada et aux États-Unis doit être canadien.

Cette exigence aurait eu une influence sur la décision de la GM d’établir une usine au nord de Montréal.

La General Motors, qui veut étendre sa présence en Amérique du Nord, décide de s’implanter à Sainte-Thérèse Nord dans la région des Laurentides.

En 1992, c’est dans cette usine que GM décide d’assembler deux de ses véhicules mythiques : la Chevrolet Camaro et la Pontiac Firebird.

Mais cette décision se révèle un cadeau empoisonné.

L’engouement des Nord-Américains pour les véhicules 4x4 et des fourgonnettes, à partir du début des années 1990, transforme la Camaro et la Firebird en anachronismes.

Le 25 septembre 2001, GM annonce la fermeture de l’usine de Sainte-Thérèse–Boisbriand, qui s'effectuera en septembre 2002.

Téléjournal/Le Point, 26 août 2002

C’est l’histoire de cette fermeture que le reportage du journaliste Michel Marsolais raconte au Téléjournal/Le Point le 26 août 2002.

Cette fermeture est une véritable tragédie pour Sainte-Thérèse–Boisbriand.

L'usine de GM constitue le cœur du pôle industriel qui s’est développé dans la région des Laurentides.

Certains avaient rêvé que cette usine pourrait accueillir la chaîne de fabrication de la Chevrolet Impala.

Mais GM a plutôt décidé que ce modèle serait transféré à son usine d’Oshawa.

En 2001, le Pacte de l’automobile était dépassé et sa mort n’a eu en somme que peu d’impact.

Le fonctionnement des règles d’origine a été intégré dans le Traité de libre-échange de l’Amérique du Nord (ALENA) et fera partie de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique qui devrait entrer bientôt en vigueur.

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