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  • Envoyé spécial
  • Tragédie évitée de peu au début des incendies en Australie

    Le reportage de notre envoyé spécial Jean-Michel Leprince

    Photo : Radio-Canada / Hugues Brassard

    Jean-Michel Leprince

    Après plusieurs années de sécheresse, l’Australie s’attendait à des feux de forêt majeurs en 2018-2019. L’île a été épargnée. Mais cette année, c’est la calamité. Du jamais-vu ici, dans ce pays pourtant habitué aux feux de brousse.

    Et la nature a frappé tôt, mi-novembre, alors que la saison sèche débute généralement en janvier, et dans une région montagneuse, boisée, mais généralement épargnée : les montagnes de Hawkesbury, dans les parcs nationaux, dont les fameuses montagnes Bleues.

    Le premier village menacé a été celui de Lower Macdonald, au bord de la rivière du même nom. La foudre a déclenché l’incendie, qui s’est propagé de chaque côté de la rivière et de la montagne derrière le village.

    Corinne Campbell est originaire de Québec. Elle vit en Australie depuis 1988 et elle a failli de peu perdre sa maison de Lower Macdonald, tout comme la centaine d’habitants du village.

    Elle était au travail à Sydney quand des amis et l’application Fire Near Me l’ont avertie que le village était menacé. Mais d’où venait la menace?

    Le problème, c’est qu’on est derrière la montagne. On est couvert de fumée et on ne sait pas d’où ça vient. À un moment, on avait le choix entre sauver la maison ou partir.

    Corinne Campbell, résidente de Lower Macdonald
    Le ciel enfumé au-dessus d'une maison.

    Le ciel d'une grande partie du pays est rempli de fumée.

    Photo : Radio-Canada

    Moi, je peux me sauver par la rivière, comme j’ai un bateau. La rivière est juste en bas, explique-t-elle. Et je peux aussi me sauver par voiture. Donc, moi, j’avais décidé de rester pour sauver la maison.

    Bonne décision. Les pompiers locaux, tous des volontaires, ont réussi à isoler la zone habitée en brûlant les broussailles qui auraient pu alimenter le brasier. Le reste a été fait par les hélicoptères bombardiers d’eau.

    Après, le feu s’est répandu vers le sud, dans les États de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria, maintenant aux prises avec des incendies hors de contrôle.

    Corinne Campbell estime que si, au niveau national, le gouvernement est clairement débordé et incompétent, les dispositifs en place dans les régions rurales et semi-rurales, avec l’application Fire Near Me, sont très efficaces.

    Les ravages des feux en Australie

    Tous volontaires

    Le chef des pompiers volontaires de Lower Macdonald, c’est Keith Acton, 68 ans, semi-retraité et facteur deux jours par semaine.

    Les pompiers volontaires consacrent une journée par semaine à leur mission et une fin de semaine de temps en temps. Mais, depuis novembre, c’est un travail à plein temps. Non rémunéré, bien sûr.

    Si l’État est débordé par le nombre et l’ampleur des incendies et par un manque évident d’aéronefs bombardiers d’eau ou de retardant, au niveau local, tout fonctionne.

    Dès qu’on nous alerte, ce qu’il nous faut faire, c’est d’empêcher le feu de s’attaquer aux habitations en brûlant les broussailles qui les entourent, qui pourraient servir de carburant à l’incendie.

    Keith Acton, chef des pompiers volontaires de Lower Macdonald

    Des centaines de pompiers étrangers – des Américains, des Néo-Zélandais et plus de 80 Canadiens – se sont joints aux efforts des Australiens. Ils sont les bienvenus. Leur présence permet d’échanger de l’information, des méthodes, des tactiques.

    Nous partageons nos connaissances. Mais aussi, ils viennent relever ceux qui luttent contre le feu depuis 12 semaines et qui sont épuisés. La fatigue est l’un de nos plus grands handicaps. L’autre, c’est la chaleur intense, explique Keith Acton.

    Le chef des pompiers volontaires de Lower Macdonald vient de s’acheter de nouvelles bottes. Les siennes avaient littéralement fondu au travail.

    Pourquoi ce bénévolat? C’est normal en Australie, dit Keith Acton : Ici, quand vous êtes dans la brousse et que vous avez des problèmes, vous ne pouvez compter que sur vous-même, vous ne pouvez pas demander de l’aide. Donc, c’est normal de se porter volontaire pour le bien de la communauté sans demander d’être payé pour le faire.

    Dans cette région, les volontaires ont bâti la station de pompiers rurale. Le gouvernement, lui, n'assure que les frais de déploiement et fournit les véhicules. Certains Australiens sont d'avis que ces volontaires devraient plutôt être payés pour leurs services.

    Dans la station de pompiers, les murs sont tapissés de cartes de remerciements, de dessins d’enfants, de témoignages de gratitude envers ces volontaires qui ont sauvé de nombreuses résidences.

    Keith Acton et Jean-Michel Leprince discutent dans un garage.

    Keith Acton, chef des pompiers volontaires de Lower Macdonald, trouve tout naturel de faire du bénévolat, a-t-il expliqué à Jean-Michel Leprince.

    Photo : Radio-Canada / Hugues Brassard

    Les incendies en chiffres

    Du 1er novembre 2019 au 7 janvier 2020

    • 24 morts, 100 000 personnes évacuées
    • 1588 maisons détruites, 653 endommagées
    • 10 628 maisons sauvées.


    Le bilan aurait pu être plus catastrophique, vu l’étendue du sinistre : 1,2 million d’hectares de brousse et de forêts détruites, une superficie égale à celle de l’Irlande.

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    Feux de forêt

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