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Le Canada doit stopper trois projets, dont Trans Mountain, exhorte un comité de l'ONU

Des tuyaux sur un chantier de Trans Mountain à Edson, en Alberta.

Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale des Nations unies demande notamment la suspension de l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain.

Photo : Radio-Canada / Terry Reith

La Presse canadienne

Un comité des Nations unies travaillant à mettre fin au racisme exhorte le Canada à arrêter immédiatement la construction de trois grands projets énergétiques en Colombie-Britannique jusqu'à ce qu'il obtienne l'approbation des Premières Nations touchées.

Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale qui surveille le respect d'une convention visant à mettre fin à la discrimination raciale signée par plusieurs pays dont le Canada demande la suspension de l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, du barrage Site C et du pipeline Coastal GasLink.

Le comité, composé de 18 experts, déclare dans une directive écrite le mois dernier qu'il est préoccupé par l'approbation et la construction des trois projets sans le consentement libre, préalable et éclairé des groupes autochtones touchés.

Il affirme également que les experts sont troublés par les déplacements forcés, un recours disproportionné à la force, du harcèlement et de l'intimidation de la part des forces de l'ordre et une menace croissante de violence contre les peuples autochtones.

Plan serré d'une pancarte plantée dans la neige avec en arrière-plan des manifestants. Sur la pancarte il est écrit en anglais : il n'y a pas de consentement par la force.

Le projet du pipeline Coastal GasLink en Colombie-Britannique a suscité l'ire de certains membres des Premières Nations le long du tracé de 675 kilomètres.

Photo : The Canadian Press / DARRYL DYCK

Le gouvernement albertain remet en question la légitimité de l'ONU

« Les experts des Nations unies échappent à tout contrôle et ne sont pas élus », fait valoir la ministre albertaine de l'Énergie, Sonya Savage, qui juge « assez ironique que de toutes les injustices du monde, c'est le Canada qu'on pointe du doigt ». Selon elle, le pays demeure « l'un des plus grands défenseur des droits de la personne, de la démocratie et de l'État de droit ».

Nous aimerions que les Nations unies accordent autant d'attention à la majorité des groupes de Premières Nations qui soutiennent des projets importants tels que Trans Mountain et Coastal GasLink.

Sonya Savage, ministre albertaine de l'Énergie

Son gouvernement propipeline jouit d'une forte majorité depuis son élection l'an dernier. « Les chefs autochtones sont de plus en plus nombreux à reconnaître qu'une exploitation responsable des ressources naturelles constitue une voie vers la prospérité pour leur peuple » , note la ministre.

Réactions du côté de la Colombie-Britannique

La ministre de l'Énergie, des Mines et des Ressources pétrolières, Michelle Mungall, fait valoir que son gouvernement est engagé à travailler en partenariat avec les Premières Nations pour faire avancer la réconciliation de manière significative en Colombie-Britannique.

Le Premier ministre John Horgan reçoit une couverture lors d'une cérémonie à l'Assemblée extraordinaire des chefs des Premières Nations.

La Colombie-Britannique est la seule province à avoir intégré la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones à sa législation.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Pour les grands projets d’infrastructure, l’approche de la province est guidée par cet engagement, assure-t-il, soulignant toutefois que «chaque projet est unique, avec de nombreux facteurs qui entrent dans le processus décisionnel.»

Des projets déjà approuvés

Trans Mountain Corp., la société d'État responsable du projet d'expansion de l'oléoduc, a déclaré que le projet était approuvé et que la construction se poursuivait en toute sécurité et dans le respect des collectivités.

BC Hydro a indiqué qu'elle consulte les Premières Nations touchées par la construction du site C depuis 2007 et qu'elle a conclu des accords avec la plupart d'entre elles.

Les tribunaux canadiens ont examiné nos consultations avec certaines Premières Nations et les ont jugées adéquates et adaptées à leurs intérêts, indique un communiqué de BC Hydro.

À ce jour, plus de 230 millions de dollars en possibilités d'approvisionnement pour le site C ont été engagés auprès d'entreprises autochtones. De plus, environ 400 membres de Premières Nations travaillent actuellement sur le projet, ajoute BC Hydro.

Plan panoramique d'un chantier de construction dans une vallée traversée par une rivière, le tout partiellement recouvert de neige.

Le barrage du site C fait l'objet de deux poursuites civiles déposées par des Premières Nations.

Photo : Christer Waara/CBC

Le gouvernement fédéral, Coastal GasLink et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n'ont pas immédiatement répondu aux demandes pour commenter le rapport du comité.

Le comité des Nations unies avait auparavant demandé l'arrêt du site C, projet auquel s'opposent les Premières Nations de West Moberly et Prophet River dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Cependant, c'est la première fois qu'il demande l'arrêt des projets Trans Mountain et Coastal GasLink.

Le droit à un consentement libre, préalable et éclairé aux projets de ressources fait partie de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, que le Canada a adoptée, mais n'a pas incorporée à un texte de loi.

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