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L'émissaire de l'ONU pour la Libye réitère son appel à la fin de l'interférence étrangère

L'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, debout devant un pupitre avec les drapeaux de la Libye et de l'ONU derrière lui.

L'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé

Photo : Reuters / Hani Amara

Radio-Canada

L'émissaire de l'Organisation des Nations unies (ONU) pour la Libye, Ghassan Salamé, a réclamé une énième fois la fin des interférences étrangères dans le conflit libyen, lundi, au moment où les troupes du maréchal Haftar s'approchent de la capitale, Tripoli.

M. Salamé s’est exprimé après une réunion de deux heures avec le Conseil de sécurité. Ce que je demande à ces pays est très clair : restez hors de la Libye! a-t-il déclaré.

La rencontre de M. Salamé avec le Conseil de sécurité a eu lieu le jour même où les troupes du maréchal Khalifa Haftar, le dirigeant de l'Armée nationale libyenne (ANL), ont annoncé la prise de la ville de Syrte aux mains du gouvernement d'union nationale (GNA).

M. Salamé s'est aussi montré sévère à l'égard du Conseil de sécurité, qui est incapable de s'entendre depuis avril sur une résolution réclamant un cessez-le-feu entre les deux parties.

La Libye n'est pas seulement une histoire géopolitique; c'est aussi une histoire humaine. Les gens souffrent [...], mais il n'y a pas de message international clair, a-t-il déploré.

Le pays souffre beaucoup trop des interférences étrangères sous différentes formes, a-t-il déclaré, évoquant le déploiement de soldats turcs en Libye en soutien au gouvernement d’union nationale.

Il y a assez d'armes en Libye; ils n'en ont pas besoin de plus. Il y a assez de mercenaires en Libye, alors arrêtez d'en envoyer, comme c'est encore le cas aujourd'hui.

Ghassan Salamé, émissaire de l'ONU

M. Salamé a notamment évoqué l’arrivée de centaines, probablement de milliers de mercenaires.

La Russie a, de son côté, nié la présence d'un fort contingent de mercenaires russes signalés en Libye depuis l'été dernier en appui au maréchal Haftar dans l'Est libyen.

M. Salamé a rappelé, par ailleurs, l'existence d'un embargo sur les armes en Libye depuis 2011.

Sortez de ce cauchemar libyen. Je demande à tous les pays de rester hors du conflit, car il n'y a pas de solution militaire, a-t-il soutenu.

Haftar s’approche de Tripoli

L'Armée nationale libyenne a annoncé lundi la prise de la ville de Syrte, située à 450 kilomètres de la capitale, Tripoli. Le maréchal Haftar tente de s'en emparer depuis le début du mois d'avril.

Le commandant en chef a décidé de mener une attaque bien planifiée et préventive, et en moins de trois heures, nous étions au cœur de Syrte, a déclaré Ahmed al Mismari, porte-parole de l'ANL.

Des combattants en faveur du GNA ont été faits prisonniers, et leurs équipements ont été saisis par les troupes de Haftar.

Syrte était sous le contrôle du gouvernement depuis la fin de l’année 2016, après que celui-ci eut chassé des membres du groupe djihadiste État islamique.

Chacun des belligérants libyens – d'une part, le gouvernement d’union nationale (reconnu par l’ONU), et d'autre part, l'Armée nationale libyenne, dirigée par le maréchal Haftar – est soutenu par des pays étrangers.

Le gouvernement dirigé par Fayez El-Serraj est soutenu par la Turquie, qui a annoncé le déploiement sur le territoire libyen de ses soldats en vue d’arrêter l’offensive du maréchal Haftar sur Tripoli.

Ce déploiement est le résultat d’un accord entre les gouvernements libyen et turc, le 27 novembre dernier.

Pour sa part, le maréchal Haftar est soutenu par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte.

Selon une source diplomatique, des consultations sont en cours pour une conférence internationale à Berlin sur le conflit en Libye. La chancelière allemande, Angela Merkel, devrait rencontrer le président russe, Vladimir Poutine, samedi. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, serait également convié à la rencontre.

Mme Merkel aurait invité le nouveau président algérien, Abdelmadjid Tebboune, à participer à ce rendez-vous.

L’Algérie, qui partage avec la Libye plus de 900 kilomètres de frontières, a reçu lundi le premier ministre du gouvernement d’union nationale, Fayez El-Serraj.

Avec les informations de Agence France-Presse

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