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La carte postale est loin d'être démodée

Des cartes postales sur une table en bois.

Membre de Postcrossing, Rhea Nelken a reçu des cartes postales du monde entier.

Photo : Rhea Nelken

Thibault Jourdan

Oui, les cartes postales sont encore en usage, même à l'époque des textos, des égoportraits et d'Instagram. Des passionnés envoient des cartes postales toute l’année, partout dans le monde, à des gens qu’ils ne connaissent même pas, par l’entremise du site Postcrossing (Nouvelle fenêtre).

C’est une communauté mondiale qui aime échanger des cartes postales, explique le fondateur du site, Paulo Magalhães. Ce Portugais, amoureux des lettres, a eu l’idée de créer le site en 2005 afin d'entrer en relation avec d’autres amoureux du courrier. En gros, je voulais recevoir plus de lettres, ce qui est quelque part égoïste, dit-il en riant. Je n’aurais jamais pensé que ça prendrait une telle ampleur!

L’idée s’est révélée bien plus populaire que ce qu’il avait pu imaginer. En ce début de l'année 2020, le site compte près de 800 000 membres répartis dans 209 pays et régions du monde.

Il y a bien plus de monde qui aime les cartes postales et les lettres que ce que j’imaginais. Il y a quelque chose avec les cartes postales qui ne peut pas être remplacé par les outils numériques. La façon dont le message est écrit, l’intention, le temps que prend la personne pour écrire...

Paulo Magalhães, fondateur du site Postcrossing

Comment fonctionne Postcrossing?

Pour recevoir une carte sur Postcrossing, il faut d’abord en avoir envoyé une. Grâce à un algorithme, le site tire une adresse au hasard (les adresses ne sont pas publiques et invisibles sur les profils) à laquelle il faut envoyer une carte. Une fois la carte reçue, le destinataire l’enregistre sur le site grâce à un code. Ce système évite les déséquilibres et fait en sorte que les membres reçoivent le même nombre de cartes qu’ils ont envoyées.

Voyager depuis la maison

Une dame tient des cartes postales.

Meaghan Buchanan est à la deuxième place des personnes ayant envoyé et reçu le plus de cartes postales grâce au site Postcrossing.

Photo : Meaghan Buchanan

Meaghan Buchanan figure à la deuxième place des personnes qui ont envoyé et reçu le plus de cartes au Canada. Avec plus de 9000 cartes au compteur, cette habitante de The Pas, dans le nord du Manitoba, voyage sans sortir de [son] appartement.

Je n’ai pas assez d’argent pour aller dans tous ces endroits, alors ça me permet de voir des lieux et des choses où je n’aurais probablement jamais l'occasion d’aller, dit-elle.

Une carte postale avec des arbres.

Cette carte, reçue par Meaghan Buchanan, provient de Namibie et montre le parc du canyon Gondwana.

Photo : Meaghan Buchanan

Archiviste au College of the North, elle aime notamment l’histoire et la géographie. Chaque fois qu’elle reçoit une carte, elle ne manque pas l’occasion d’en apprendre davantage sur son origine ou sur ce qu’elle représente. Si quelqu’un m'envoie un joli panorama ou un monument, je peux toujours faire des recherches et en apprendre plus sur cette partie du monde.

C’est toujours agréable d’envoyer des cartes postales à des gens et de leur permettre, avec un peu de chance, d’apprendre des choses sur le Canada.

Meaghan Buchanan, membre de Postcrossing
Une carte avec un château.

Cette carte postale, qui fait partie de la collection de Meaghan Buchanan, met en avant le vieux château de Hrad Střekov, en République tchèque.

Photo : Meaghan Buchanan

Meaghan Buchanan envoie environ 80 cartes postales par mois. En retour, elle en reçoit plusieurs dizaines et apprécie particulièrement celles provenant de pays où il y a peu de membres de Postcrossing. Celles provenant d’Iran ou d’Éthiopie, par exemple, sont assez rares, dit-elle.

Inscrite depuis plus de 13 ans sur Postcrossing, elle garde précieusement toutes les cartes qu'elle reçoit, puis les classe dans des boîtes par continent et par pays.

« La carte postale, c’est quelque chose de tangible »

Cela fait environ trois ans et demi que je suis sur Postcrossing. À l’époque, j’avais quelques problèmes dans ma vie et c’était un moyen de voyager sans être en mesure de le faire, explique Blair Robertson. La jeune femme de 25 ans, qui travaille à Postes Canada, à Winnipeg, a reçu des cartes d’Allemagne, des États-Unis, de Russie, de Finlande, du Japon, du Brésil et même d’Ouzbékistan, un pays qui ne compte que 135 membres!

Une femme avec des cartes postales dans les mains.

Blair Robertson est inscrite sur Postcrossing depuis un peu plus de trois ans.

Photo : Blair Robertson

Elle a toujours été une adepte du papier. Je sais que je ne fais pas partie de la norme des gens de mon âge, mais je n’ai jamais voulu lire de livres électroniques et je pense que ça se retrouve dans mon attrait pour les lettres, dit-elle.

La carte postale, c’est quelque chose de physique que je peux tenir entre mes mains et voir, c'est tangible.

Blair Robertson, membre de Postcrossing
Des cartes postales accrochées à un mur.

Blair Robertson a reçu des cartes d’Allemagne, des États-Unis, de Russie, de Finlande, du Japon, du Brésil et même d’Ouzbékistan, un pays qui ne compte que 135 membres.

Photo : Blair Robertson

Romantisme

Inscrite depuis 2015, Rhea Nelken a reçu 22 cartes. Récemment, j’en ai eu une de Hong Kong et, aujourd’hui, une de Russie, s’enthousiasme-t-elle.

C’est sa passion pour l’écriture qui a amené Rhea Nelken à s’inscrire sur le site. J’aime voir la façon dont les personnes communiquent à l’écrit parce que c’est une forme d’expression artistique qui n’est pas très commune, dit-elle.

Une femme tient des cartes postales dans sa main.

Rhea Nelken.

Photo : Rhea Nelken

Je pense qu’avec chaque court message on reçoit un morceau de la personne qui nous envoie la carte. Je peux sentir un petit peu la culture d’où vient la personne.

Rhea Nelken, membre de Postcrossing
Un bocal avec des cartes postales dedans.

Rhea Nelken conserve certaines cartes postales qu'elle a reçues dans un bocal au milieu de son salon, sur une petite table.

Photo : Rhea Nelken

La Winnipégoise y voit aussi un certain romantisme. C’est différent d’envoyer un courriel. Il faut s’asseoir, avoir de quoi écrire, choisir l’image qu’on veut envoyer à une personne qu’on ne connaît pas… Ce n’est pas instantané, ça prend du temps et c’est personnel. Il y a un peu de mystère autour de ça.

« Collection de connexions humaines »

Alli Chernoff fait partie des premiers Canadiens à s’être inscrits sur le site. Membre depuis 13 ans, elle a envoyé presque 900 cartes postales autour du monde. Ce qu’elle aime, c’est faire la connaissance de gens qui habitent loin.

Certains font la collection des cartes postales, d’autres des timbres. Moi, je fais la collection des connexions humaines, dit-elle. J’aime faire connaître un peu comment est ma vie quotidienne et apprendre comment est la vie d’une autre personne [à l’autre bout du monde].

Je trouve que c’est génial d’aller acheter une carte postale pour quelqu’un. On veut lui faire plaisir, apporter un sourire.

Alli Chernoff, membre de Postcrossing
Une jeune femme se tient à côté d'une boîte aux lettres de Postes Canada.

Alli Chernoff s'apprête à envoyer plusieurs cartes postales partout dans le monde.

Photo : Shaunna Lacey

L’échange de cartes postales apporte aussi des connaissances à la jeune femme. Il y a quelques jours, j’ai reçu une carte d’Égypte et il y avait une oasis dessus. Ça m’a vraiment touchée parce que ce n’était pas du tout l’idée que j’avais d’une oasis, comme j’avais vu dans les bandes dessinées.

Toutes ces cartes synonymes de connexions humaines, elle les garde précieusement. J’ai fait une galerie dans ma maison et, quand je reçois une autre carte qui me touche beaucoup, je l’échange avec une autre. Ça me fait une collection d’art mondial.

Ça rapproche les gens et ça nous aide à mieux nous comprendre, affirme pour sa part Meaghan Buchanan. Avec toute la négativité dans le monde, c’est [une activité] qui rapproche et si ça peut faire sourire les gens, alors c’est toujours une bonne chose.

Une carte postale avec des oiseaux dessus.

Cette carte postale a été envoyée à Alli Chernoff par quelqu'un qui vit à Moscou, en Russie.

Photo : Alli Chernoff

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