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Montréal abandonne la création d’un vaste centre animalier

Sur la table depuis une dizaine d’années, ce projet ne verra finalement pas le jour, a appris Radio-Canada. L’administration Plante compte plutôt ouvrir plusieurs refuges de proximité.

Gros plan de la tête d'un chat tigré gris devant des feuilles.

L'objectif du centre était d'accueillir jusqu’à 12 000 animaux domestiques et sauvages.

Photo : Getty Images / iStock / Kateryna Mashkevych

Romain Schué

Ce projet de centre animalier pouvant accueillir jusqu’à 12 000 animaux domestiques et sauvages était dans les cartons de la Ville de Montréal depuis 2011. Promise par l’administration de Gérald Tremblay, la construction de ce centre a cependant été maintes fois reportée.

Évoquée dans un premier temps pour le parc Angrignon, dans l’arrondissement du Sud-Ouest, l’idée de cette fourrière municipale a ensuite pris une autre direction : l’équipe de l’ex-maire Denis Coderre imaginait plutôt construire le centre dans le quartier Saint-Michel, au bord du boulevard Pie-IX.

Mais un terrain fortement contaminé a repoussé à plusieurs reprises les travaux, en raison notamment de la difficulté à trouver des entrepreneurs intéressés par ces contrats comprenant de nombreuses incertitudes.

Les coûts, quant à eux, n’avaient cessé d’exploser, passant d’une estimation initiale de 23 millions de dollars à plus de 40 millions. Alors dans l'opposition, Projet Montréal avait fait entendre son désaccord quant à l'endroit choisi pour la construction de ce refuge.

Au-delà des coûts, il y avait beaucoup de questions logistiques, révèle l’élu indépendant Jean-François Parenteau, désormais chargé de ce dossier au sein du comité exécutif de l’administration de Valérie Plante.

On parlait, rappelle-t-il, d’un CHUM pour animaux, qui était très dispendieux, avec aucun accès en transport en commun. Ce centre de services animaliers est d’ailleurs absent du dernier programme triennal d’immobilisations de la métropole, qui détaille les projets que la Ville compte entreprendre au cours des prochaines années.

Le projet a été reporté, retiré puis mis sur la glace. Maintenant, il faut que ça avance. Mais avoir un seul site, c’est problématique.

Jean-François Parenteau, membre du comité exécutif

Plusieurs points de service ouverts d’ici la fin 2020

Désormais, la Ville de Montréal compte ouvrir plusieurs points de service, plus petits, mais accessibles plus aisément en métro ou en autobus.

On n’a pas encore statué sur le nombre, mais il pourrait y en avoir quatre ou cinq répartis dans différents endroits de l’île, avance Jean-François Parenteau, qui mise sur des ouvertures d’ici « la fin de l’année » 2020.

Assurément, promet-il, l’un de ces refuges de proximité sera situé dans les arrondissements centraux, « où la demande est forte ». Ces points de service seraient gérés par un organisme à but non lucratif, détaille l’élu montréalais.

Sur place, les citoyens pourront à la fois venir adopter un animal, après plusieurs rencontres, ou y déposer un chat ou un chien qu’ils ne veulent ou ne peuvent plus garder.

Davantage de détails – concernant par exemple la liste d’animaux qui pourront bénéficier de ces centres, ainsi que l’ensemble des services et soins offerts – devraient être communiqués d’ici le printemps prochain, mentionne Jean-François Parenteau.

Ce qu’on veut, c’est éviter de voir des animaux dans la rue. Pour ça, il faut des services de proximité, assure celui qui est également maire de l’arrondissement de Verdun.

Selon lui, la Société de transport de Montréal (STM) pourrait même « adapter » son règlement en permettant ainsi le transport d’animaux dans le métro ou l'autobus. À l'heure actuelle, un animal – à l’exception des chiens d’assistance – peut emprunter un tel véhicule uniquement s’il se trouve dans une cage fermée.

Stérilisation désormais obligatoire

Depuis le 1er janvier, la Ville de Montréal oblige, en dehors de quelques exceptions, les propriétaires de chiens et de chats à stériliser et à micropucer leur animal. L’objectif, selon la métropole, est de mieux contrôler le nombre d’animaux errants. À ce jour, selon Jean-François Parenteau, il y aurait par exemple près de 300 000 chats sur l’île de Montréal.

La SPCA ravie

Bien qu’elle détienne actuellement des contrats pour s’occuper de ces animaux abandonnés dans 16 des 19 arrondissements montréalais, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) se dit ravie par cette décision de la métropole.

Si le budget et la volonté suivent, c’est une très bonne nouvelle, explique Élise Desaulniers, directrice générale de la SPCA de Montréal, qui confie avoir été « inquiète » du lent avancement de ce dossier par le passé.

On a besoin que la Ville investisse dans le contrôle animalier. On est déjà à pleine capacité.

Élise Desaulniers, directrice générale de la SPCA

Selon elle, avec la création de tels centres qui pourront prendre en charge ces bêtes, la SPCA pourra se concentrer sur l’éducation au public et la protection de tous les animaux.

On pourra mettre nos ressources sur les animaux qui en ont le plus besoin. Je n’ai pas de doutes qu’on sera suffisamment occupés, avance-t-elle.

Une succession de décisions visant les animaux

Depuis son arrivée au pouvoir, l’équipe de la mairesse Plante a pris de nombreuses décisions concernant les animaux. Dès son entrée au pouvoir, elle a remis en question le règlement municipal interdisant les pitbulls, adopté par l’administration précédente.

Un nouveau texte – visant plus globalement les chiens dangereux – a par la suite vu le jour, avec une interdiction, également, des calèches dans la métropole, en vigueur depuis la fin 2019.

Dans cette même lignée, les animaleries montréalaises ont désormais l'interdiction de se procurer des chiens, des chats et des lapins provenant d’élevages.

L'été dernier, un regroupement d’animaleries avait contesté cette décision devant les tribunaux, avant d’essuyer un revers de la Cour supérieure.

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