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Pénélope McQuade s'ouvre sur sa dépression « pour faire oeuvre utile »

L'animatrice Pénélope McQuade.

L'animatrice Pénélope McQuade, dans le studio de Tout un matin.

Photo : Radio-Canada / Martin Ouellet

Radio-Canada

La sortie publique de l’animatrice Pénélope McQuade au sujet de sa dépression met en relief les tabous qui persistent au sujet de cette maladie qui touchera environ 10 % des Canadiens au cours de leur vie.

Lundi, en entrevue à l’émission Tout un matin, sur ICI Première, l’animatrice s’est d’abord voulue rassurante. Je sais que le texte est survenu à un drôle de moment et pouvait faire croire que je n’allais pas bien. Mais j’ai passé de super-fêtes, a lancé Pénélope McQuade en expliquant que cette période, habituellement sombre pour elle, avait été un moment de réflexion et d’introspection.

Cette volonté de faire œuvre utile, en décrivant les affres de la dépression, contre laquelle elle se bat depuis 27 ans, s’est concrétisée par la publication d’un message sur Facebook qui a fait mouche sur la toile la semaine dernière.

La dépression […] C’est être pétrie de douleurs qui décideront d’elles-mêmes quand elles seront enfin prêtes à quitter son corps, écrit-elle en évoquant les plans qu’il faut constamment annuler et qui rendent impossible l’approfondissement de relations significatives et durables.

Elle évoque aussi la fatigue extrême qui lui fait se demander, 50-75-100 jours par année comment planter son regard dans celui de ses collègues, comment mettre du sourire dans sa voix et de la lumière dans son œil devant des invité.e.s sans se sentir comme la plus grande imposture.

Vous m’avez vue à la télé ou entendue à la radio en grande dépression et rien ne paraît, car nos mécanismes de résilience sont très forts.

Pénélope McQuade

Elle convient toutefois être estomaquée du manque de connaissances et des tabous persistants au sujet de la dépression.

Moi, j’ai la possibilité de vivre cela en silence oui, mais de le vivre entourée, ce que la majorité des gens n’ont pas la chance de faire par peur de perdre leur job ou d’être vus différemment de la part de leurs collègues, note-t-elle.

Prescriptions sociales

Or, le soutien social est primordial en matière de santé mentale. Selon une étude publiée en 2005 dans la revue Santé mentale au Québec, ce type de soutien favoriserait un sentiment général de bien-être, tout en permettant la reconnaissance de la valeur personnelle et l’estime de soi.

Les chercheurs à l’origine de la publication notent que, d’un point de vue biologique, le soutien social favoriserait les mécanismes de régulation du système endocrinien et influencerait l’adoption de comportements sains et le désir de prendre soin de soi.

Cette même vision fait l’objet d’un projet pilote en Ontario au sein de 11 groupes communautaires qui adoptent le principe des prescriptions sociales. Là-bas, à l’image de ce qui se fait au Royaume-Uni, le médecin peut décider de prescrire à son patient un cours de yoga, un atelier de cuisine collective ou du bénévolat.

Il est essentiel de réunir les gens afin qu'ils réalisent qu'ils ne sont pas seuls. Ça améliore grandement leur santé mentale.

Dre Shannon Cohane, qui participe au projet pilote

Selon les médecins qui prennent part au projet, environ le tiers de tous les patients souffrent de stress chronique, d'anxiété ou de dépression.

Ces prescriptions sont une autre façon d'améliorer la santé et le bien-être des patients. Et puisqu'on présente ça sous la forme d'une prescription conventionnelle, c'est une motivation supplémentaire, explique la responsable du projet pilote et porte-parole pour Alliance for Healthier Communities, Kate Mulligan.

Elle précise que cette initiative ne remplace pas la médication.

Dépistage généralisé?

La dépression représente un problème de santé publique en raison de sa prévalence élevée, indique un rapport de l’Institut de la santé publique du Québec datant de 2014.

Selon les données publiques, environ 10 % de la population sera confrontée à une dépression majeure au cours de sa vie.

Malgré tout, les autorités de santé ne recommandent pas d’effectuer des dépistages de routine de la population générale, notamment en raison de la performance des tests existants.

Comme ces derniers ne sont fiables qu’à 50 %, ces faux positifs peuvent entraîner des préoccupations et des démarches inutiles pour des patients en bonne santé mentale, en plus des coûts inutiles pour le système de santé, précise le rapport.

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