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Les Îles et Rimouski-Neigette parmi les MRC qui enfouissent le moins de déchets

Des déchets s'amoncellent dans un site d'enfouissement.

Chaque Québécois produit en moyenne 263 kilogrammes de déchets par année qui sont transportés vers les sites d'enfouissement. (Archives)

Photo : iStock

La MRC Rimouski-Neigette et celle des Îles-de-la-Madeleine font partie des cinq territoires de la province où la quantité moyenne de déchets enfouis par habitant est la moins élevée, selon les données du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Hasard ou concordance, la collecte à trois voies (la collecte des ordures, des matières recyclables et des matières organiques) y est implantée depuis 7 et 26 ans, respectivement.

La gestion des matières résiduelles a toujours été complexe en raison de notre insularité, explique le directeur à l'hygiène du milieu de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Thibaud Durbecq.

On a été la première, sinon parmi les premières municipalités du Québec à implanter la collecte à trois voies.

Thibaud Durbecq, directeur de l'hygiène du milieu à la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine

Pour éviter que l'archipel ne croule sous les ordures, le compostage s'est rapidement imposé comme solution aux îles. Puisque les déchets doivent être transportés sur plus de 1000 kilomètres jusqu'au site où ils sont enfouis, à Saint-Rosaire, près de Victoriaville, cela a aussi diminué les coûts.

Les déchets des Îles-de-la-Madeleine sont traités au site d'enfouissement de Saint-Rosaire, près de Victoriaville.

Les déchets des Îles-de-la-Madeleine sont traités au site d'enfouissement de Saint-Rosaire, près de Victoriaville.

Photo : google maps

Notre principal défi vient du fait qu'on ne peut pas partager le fardeau avec d'autres. Si on pouvait partager les coûts, on pourrait développer des solutions à plusieurs qui les rendraient viables, mais ce n'est pas le cas, explique Thibaud Durbecq.

Grands territoires, grands défis

Des solutions collectives, c'est entre autres ce qui a permis de déployer la collecte à trois voies dans l'ensemble des municipalités de la MRC Rimouski-Neigette, même les plus éloignées.

Des montagnes de matières organiques. Certaines se situent sous une structure avec toit, d'autres sont à l'extérieur. Une machine est aussi en train de retourner le compost.

Une plateforme de compostage a été installée en 2010 à Rimouski pour transformer les matières organiques amassées sur le territoire. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Édith Drouin

Si les matières organiques sont collectées depuis 2013 à Rimouski et Saint-Anaclet-de-Lessard, ce n'est que depuis janvier 2019 que toutes les municipalités de la MRC y participent.

Pour éviter une explosion des coûts en raison de la grandeur du territoire et de la faible densité de population, les municipalités ont été invitées à collaborer.

La chef de la division Environnement à la Ville de Rimouski, Claire Lafrance, et la coordonnatrice en environnement de la MRC Rimouski-Neigette, Catherine Denis.

La chef de la division Environnement à la Ville de Rimouski, Claire Lafrance, et la coordonnatrice en environnement de la MRC Rimouski-Neigette, Catherine Denis.

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

On a mis en commun l'ensemble de ces municipalités-là pour que les collectes soient coordonnées, pour que ce soit un camion qui fasse le tour des municipalités là, explique la coordonnatrice en environnement à la MRC Rimouski-Neigette, Catherine Denis.

On voulait s'assurer qu'en implantant un nouveau service, il n'y aurait pas plus de gaz à effet de serre qui soient émis par ces camions-là.

Catherine Denis, coordonnatrice en environnement à la MRC Rimouski-Neigette

Même si Québec avait au départ fixé à 2020, puis à 2022 sa cible afin que toutes les municipalités soient dotées d'une collecte à trois voies, seulement 45 % d'entre elles l'ont fait jusqu'à maintenant.

Dans l'Est-du-Québec, hormis quelques projets, une grande partie de la Gaspésie et l'ensemble de la Côte-Nord n'offrent toujours pas la collecte des matières organiques.

Carte de l'Est-du-Québec avec des bacs bruns aux endroits où une collecte à trois voies est implantée.

Aucune municipalité de la Côte-Nord n'offre la collecte à trois voies. Si elle est implantée dans bon nombre de municipalités du Bas-Saint-Laurent, elle demeure marginale en Gaspésie.

Photo : Recyc-Québec

Revaloriser les matières résiduelles, mais surtout en générer moins

De son côté, la chef de la division Environnement à la Ville de Rimouski, Claire Lafrance, affirme que plus cela fait de temps que le tri à trois voies est instauré, plus le compostage fait partie des habitudes des citoyens, mais aussi des industries et des commerces.

En septembre 2016, on a instauré sur une base volontaire la collecte des matières compostables. Actuellement, 140 ICI [industries, commerces et institutions] y participent, dit-elle.

Une taxe déchets a également été instaurée, ce qui constitue un autre incitatif pour les commerces à trier leurs matières organiques, en plus de permettre à la Ville de Rimouski de financer le programme de compostage, gratuit pour les commerces.

Si un commerce fait une bonne gestion de ses matières résiduelles, ça lui permet de réduire son compte de taxes.

Claire Lafrance, coordonnatrice en environnement à la Ville de Rimouski

Aux Îles, cela fait plusieurs années que les commerces participent aux efforts de réduction des déchets destinés à l'enfouissement, estime Thibaud Durbecq. Je vous dirais que 99 % des commerces font du tri à trois voies, dit-il.

Pour l'instant, le ministère de l'Environnement refuse de dire à quand sera fixée la nouvelle cible pour que toutes les municipalités instaurent la collecte à trois voies, mais affirme qu'une stratégie en ce sens doit être dévoilée au cours des prochains mois.

En attendant, dans l’ensemble de la province, 69 % des matières organiques se retrouvent au dépotoir.

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