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Analyse

France : vers une épiphanie sur les retraites?

Des trains sont à l'arrêt dans une gare.

Il y a maintenant plus d'un mois que la France est partiellement paralysée par la grève, qui touche les transports en particulier.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

La mobilisation contre la réforme des régimes de retraite est entrée dans son second mois. Trente-trois jours de grèves qui touchent surtout les transports dans la grande région parisienne. Un conflit que les syndicats et le gouvernement ne peuvent plus éviter, avec le retour en classe et au travail. Une solution est-elle en vue?

Il n’y a pas eu de trêve à Noël. La France a fait avec moins de trains et peu de métros. Ceux qui devaient partir ont trouvé une solution. Ceux qui sont restés ont improvisé, changé leurs habitudes.

La météo a aidé : un temps clément, plus favorable à la marche et au vélo. Mais lundi, jour d’Épiphanie, la réalité s’est rapidement imposée : d’importants embouteillages un peu partout, une impatience retrouvée.

Un sentiment d’urgence se fait de nouveau sentir. Il faut que ce conflit se règle. Pourtant, les positions des deux camps ont peu évolué durant le temps des Fêtes, du moins publiquement.

Les syndicats qui ont déclenché le conflit réclament toujours un retrait pur et simple de la réforme. Ils appellent aussi à durcir le mouvement, à l’étendre à d’autres secteurs d’activité.

De son côté, le gouvernement est aussi resté fermement sur ses positions. Dans ses voeux du Nouvel An, le président Emmanuel Macron a rappelé sa détermination à mener le projet à son terme.

Compromis en vue?

C’est la seconde fois de suite que le président prononce ses voeux en période de crise. Mais la semaine dernière, il a aussi appelé au compromis avec les organisations syndicales qui le veulent.

Une nuance qui permet d’espérer du mouvement dans les négociations. Une porte entrouverte pour certains syndicats moins hostiles au projet de réforme des retraites.

Message répété lundi matin par le ministre de l’Économie. Au micro de France Inter, Bruno Le Maire disait apercevoir un compromis à portée de main.

Peut-être pas avec tous les syndicats, mais avec certains.

Un compromis touchant ce fameux âge d’équilibre (ou âge pivot), une mesure destinée à garantir l’équilibre financier du futur régime de retraite universel.

Plusieurs suggestions sont sur la table. Elles devraient être abordées mardi, lorsque syndicats et politiciens se retrouveront pour discuter.

C’est au sortir de ces réunions que les Français pourront juger de la qualité du temps de réflexion que les leaders syndicaux et les élus se sont accordé durant les Fêtes.

Une grève qui coûte cher

Durant cette période, le conflit sur la réforme des régimes de retraite a battu un record de longévité. Corollaire : les pertes financières sont importantes. Pour à peu près tout le monde.

Des centaines de millions en revenus perdus. Pour les sociétés de transports, comme pour les salariés en grève et les entreprises qui ont vu leur chiffre d’affaires diminuer, faute de clients.

Les sondages réalisés après les Fêtes montrent que les Français sont toujours ambivalents devant le bras de fer. Ils réclament toujours une réforme des régimes de retraite… mais pas nécessairement celle proposée par le gouvernement.

Le compromis qui semble à portée de main pourra-t-il mettre fin à ce conflit?

Il faudrait qu’il soit assez grand pour satisfaire les plus radicaux, soit ceux qui réclament le retrait pur et simple du projet de réforme. Des syndicats qui montrent en exemple les exceptions (au nouveau régime) récemment accordées à certaines professions.

C’est ce choix qui semble se dessiner cette semaine : la réforme du gouvernement avec certaines concessions ou une mobilisation plus étendue, renforcée, pour faire plier les politiciens.

La semaine qui s’ouvre avec ce jour d’Épiphanie permettra-t-elle d’y voir plus clair?

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