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Le Nouveau-Brunswick envisage la fermeture de 13 laboratoires médicaux

Une professionnelle du domaine médicale examine deux éprouvettes dans un laboratoire.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick envisage de centraliser les laboratoires médicaux.

Photo : Reuters / Marko Djurica

Radio-Canada

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick étudie différentes options pour centraliser les laboratoires des hôpitaux de la province. L’une d’entre elles signifierait la fermeture de plus de la moitié de ces laboratoires.

Passer de 20 à 7 laboratoires : voilà la mission qu’a lancée le gouvernement dans un appel d’offres à des consultants privés le 21 novembre dernier.

Ces compressions auraient pour objectif de répondre à une crise de ressources humaines, affirme le gouvernement dans ce document.

Quatre techniciens de laboratoire sur 10 atteindront en effet l’âge de la retraite au cours des cinq prochaines années au Nouveau-Brunswick. Le renouvellement de la main-d’oeuvre ne se fera pas à un rythme suffisant, constate la province.

Des préoccupations sont également soulevées quant à l’écart de connaissances causé par ces départs à la retraite, lit-on également dans le document.

On fait par ailleurs référence à un rapport de 2013 qui a identifié des possibilités d'amélioration par la réorganisation.

Ce document, obtenu par CBC grâce à une demande d’accès à l'information, recommandait la fermeture de laboratoires dans les petits hôpitaux et centres de santé de Caraquet, Dalhousie, Grand-Sault, Lamèque, Minto, Miramichi, Oromocto, Plaster Rock, Sackville, Saint-Jean, Saint-Quentin, St. Stephen, Sussex, Tracadie et Waterville.

Ces services seraient intégrés dans les laboratoires de sept grands hôpitaux à Bathurst, Campbellton, Edmundston, Fredericton, Moncton et Saint-Jean, selon le rapport.

Deux laboratoires dans des hôpitaux du sud de la province - l’un dans le Réseau de santé Vitalité et l’autre dans le Réseau de santé Horizon - effectueraient des tests spécialisés.

Déjà des indices du ministre de la Santé

Le ministre de la Santé Hugh Flemming n'était pas disponible pour commenter l’appel d’offres, dont la date butoir est le 7 janvier. Mais lors d’une conférence de presse en novembre dernier au sujet de la fermeture temporaire de certains services aux patients à l'Hôpital régional de Campbellton, le ministre avait donné en exemple les laboratoires comme un service pouvant être centralisé sans nuire, à son avis, aux soins des patients.

Hugh Flemming et trois autres hommes devant les micros des journalistes.

Le ministre Hugh Flemming commentait à Fredericton le 21 novembre la crise à l’Hôpital régional de Campbellton.

Photo : Radio-Canada

Si vous vous rendez dans un établissement et que l'on vous fait une prise de sang, ce que vous voulez savoir, c'est votre taux de cholestérol et votre glycémie et ces choses habituelles, affirmait-il. Qu'est-ce que ça peut faire que cela ne soit pas fait dans un ou deux centres, un à Vitalité et un à Horizon, par exemple?

Cela n'a pas d'impact sur les soins. Cela ne compromet rien. Nous avons un système de courrier extrêmement efficace, alors pourquoi avons-nous besoin de 20 laboratoires avec 20 personnes qui déterminent le taux de cholestérol des gens?, soutenait M. Flemming.

C'est une tempête qui se forme

Le ministre Flemming a fait ces commentaires le jour même où son ministère a envoyé l’appel d’offres, bien qu'il ne l’ait pas mentionné à ce moment-là.

Le syndicat, qui représente plus de 400 techniciens de laboratoire, s'est dit soulagé que la province ne choisisse pas la privatisation. Il a déclaré qu'il ne s'opposerait pas nécessairement à la centralisation.

Nous préférions cela, plutôt que la privatisation, pourvu que ça ne perturbe pas les travailleurs et travailleuses, a déclaré la présidente Susie Proulx-Daigle, ajoutant que certains échantillons de laboratoire sont déjà transportés d'un hôpital à l'autre pour des tests spécialisés.

Son objectif sera de s'assurer qu'aucun employé de laboratoire ne soit licencié ou forcé de déménager à un autre endroit pendant que le plan est en cours, a-t-elle dit.

S'ils veulent apporter un changement, tant que cela profite à tout le monde et que c'est bon pour le public et les personnes qui ont besoin du service, nous allons travailler avec eux pour essayer de faire en sorte que cela fonctionne, a-t-elle ajouté.

Une solution à court terme

Mme Proulx-Daigle prévient toutefois que la centralisation ne serait qu'une solution temporaire et que le même problème de recrutement risquait de refaire surface. Cela ne fonctionnera que pendant quelques années, soutient-elle.

Dans le rapport de 2013, on écrit que le gouvernement du Nouveau-Brunswick a commencé à examiner la question des services de laboratoire dès 1997. Mais les recommandations formulées par un consultant à l'époque sont restées en veilleuse jusqu'à ce que le ministère de la Santé soulève de nouveau la question en 2012.

Toujours d’après le rapport de 2013, les nouvelles technologies et l'accent mis sur les soins préventifs devraient permettre au système de santé de mieux détecter les maladies, ce qui fera monter en flèche le nombre de tests en laboratoire au cours des prochaines années.

Les laboratoires devront être allégés, efficaces et productifs, avec pour résultat final une valeur accrue pour leurs clients, selon le rapport.

Un certain nombre d'options sont alors évoquées, notamment la création d'une nouvelle société de services de laboratoire partagés ou la privatisation complète du service. Une section sur les autres possibilités est caviardée dans le document obtenu par CBC en vertu de la demande d’accès à l’information.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a indiqué l’automne dernier que son gouvernement prévoyait dévoiler des réformes majeures dans le domaine de la santé au cours des trois premiers mois de l’année 2020.

Avec les informations de Jacques Poitras, Shane Magee et Karissa Donkin, CBC

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