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Immobilier : une « année record » sur fond de crise du logement dans la région d'Ottawa

Une pancarte indiquant qu'une maison est à vendre sur la pelouse d'une avenue résidentielle. Les coordonnées d'un agent immobilier y figurent.

Une maison à vendre sur l'avenue Wayling du quartier Vanier, où le prix des résidences a beaucoup augmenté (archives).

Photo : CBC/Trevor Pritchard

Radio-Canada

Les ventes et les prix des propriétés ont augmenté en 2019 tant à Ottawa qu’à Gatineau. Tout indique que la tendance va se maintenir en 2020, alors que la région demeure aux prises avec une importante crise du logement.

Chaque quart, les propriétés ont augmenté de valeur, remarque l’agent d’immeuble Angelo Toscano, basé à Orléans dans l’est d’Ottawa. Sur le marché ottavien, la demande a fait bondir le prix des logements à vendre au courant des 12 derniers mois.

Angelo Tosacano en entrevue dans un corridor.

En 26 ans de carrière, Angelo Toscano a rarement vu une année aussi faste que 2019.

Photo : Radio-Canada

On a commencé l’année avec un inventaire qui était quand même assez stable. On regardait à peu près trois acheteurs pour chaque propriété. Maintenant, on est à huit acheteurs par propriété, fait remarquer M. Toscano.

En 26 ans de carrière, ça n’a jamais été aussi puissant, aussi incroyable et aussi déstabilisant pour un agent d’immeuble.

Angelo Toscano, agent d’immeuble et propriétaire de RE/MAX Delta Team

De cette forte demande découlent aussi régulièrement des guerres de prix entre les acheteurs, ce qui fait que la personne qui remporte la mise se retrouve souvent à payer plus que le prix affiché.

De luxueuses maisons du quartier Glebe

De plus en plus d'acheteurs rivalisent pour les mêmes propriétés à Ottawa (archives).

Photo : CBC

Un constat similaire s’impose à Gatineau, d’après la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). 2019, c’était la cinquième année de croissance du nombre de ventes à Gatineau, fait valoir Lukas Jasmin-Tucci, porte-parole de la SCHL, qui pose un pronostic semblable pour 2020.

On demeure dans un marché qui est plutôt serré. On va rester dans un marché qui favorise le vendeur dans la négociation.

Lukas Jasmin-Tucci, porte-parole de la SCHL

Crise du logement

Mais alors que le marché immobilier est en pleine effervescence — tant pour l’achat que pour la location d’une propriété — de nombreux organismes tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, en raison de la crise du logement qui sévit dans la région.

Par exemple, la SCHL estime dans ses plus récentes données que le taux d’inoccupation des logements locatifs était de 1,6 % à Ottawa en 2018.

À Gatineau, ce taux s’établit à 1,2 %, soit le plus bas dans la province. Or, dans un marché en santé, il faudrait un taux d’inoccupation de 3 %. Le gouvernement du Québec a également remis en place un programme d’aide d’urgence pour les ménages sans logis et les Municipalités qui composent avec une pénurie de logements.

Une pancarte sur laquelle est écrit « à louer » devant un immeuble de Gatineau.

Le taux d'inoccupation à Gatineau est de 1,2 %, le plus bas au Québec (archives).

Photo : Radio-Canada

Alors que la valeur des résidences ne cesse d’augmenter, des regroupements continuent de militer pour des investissements dans la construction de logements abordables.

À Ottawa, environ 12 000 ménages sont sur des listes d’attente pour accéder à du logement communautaire, selon le Plan décennal de logement et de lutte contre l’itinérance d'Ottawa, publié en juin 2019. Qui plus est, près de 19 000 ménages dépensent plus de la moitié de leur revenu pour se loger.

Un marché défavorable pour les jeunes acheteurs

La SCHL remarque aussi que les contribuables plus jeunes sont moins enclins à se lancer sur le marché immobilier que par le passé.

Les jeunes sont un peu plus locataires qu’auparavant et plus les maisons vont être cher sur le marché, plus c’est un phénomène qu’on va observer dans une grande ampleur, explique M. Jasmin-Tucci.

Or, les prix des propriétés devraient continuer d’augmenter, ce qui complique la vie des jeunes qui hésitent à se lancer sur le marché ou qui attendent d’avoir des économies suffisantes.

Si on n’entre pas dans le marché immobilier, l’augmentation de la maison de l’an passé à cette année va être probablement dans les deux chiffres, donc 10-12 % d’augmentation. La mise de fonds va être encore plus compliquée [à amasser] pour ces jeunes-là, illustre M. Tuscano.

Avec les informations d'Alexandra Angers et de Jérôme Bergeron

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