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Nouveaux tirs de roquettes près de l’ambassade américaine à Bagdad

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Des gens sont massés près d'un édifice d'où s'échappe de la fumée.

Des roquettes s'étaient déjà abattues dans la Zone verte de Bagdad, près de l'ambassade américaine, la semaine dernière.

Photo : Reuters / Thaier Al-Sudani

Agence France-Presse

Des roquettes se sont abattues dimanche soir près de l'ambassade américaine à Bagdad, peu après un vote du Parlement réclamant l'expulsion des troupes américaines du pays, encore sous le choc de l'assassinat du puissant général iranien Qassem Soleimani.

Depuis l'assassinat dans un raid américain vendredi en Irak de Qassem Soleimani, architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, et d'Abou Mehdi al-Mouhandis, l'homme de l'Iran en Irak et numéro deux du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires pro-Iran intégrés aux forces de sécurité, le monde entier redoute une déflagration.

D'un côté, Téhéran crie vengeance et brandit une riposte militaire, de l'autre, le président américain Donald Trump menace de détruire 52 sites de très haut niveau et très importants pour l'Iran et la culture iranienne.

Dimanche soir, comme la veille, des roquettes se sont abattues près de l'ambassade américaine dans la Zone verte de Bagdad, une zone ultrasécurisée dans laquelle se trouvent notamment le parlement irakien et l'ambassade des États-Unis en Irak.

Ces tirs n'ont pas fait de victimes, selon des témoins.

Les assassinats de Soleimani et de Mouhandis ont créé un consensus rare contre les États-Unis en Irak, pays secoué depuis des mois par une révolte, notamment contre la mainmise de l'Iran.

Expulsion des troupes américaines

Le Parlement irakien à Bagdad le 5 janvier 2020

En l'absence des députés kurdes et de la plupart des députés sunnites, de nombreux élus ont scandé «Non à l'Amérique!».

Photo : Reuters / Handout .

Au Parlement, en l'absence des députés kurdes et de la plupart des députés sunnites, de nombreux élus ont scandé Non à l'Amérique!.

Le premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi a dénoncé un assassinat politique de Soleimani et de Mouhandis, qui ne laisse plus que deux choix : appeler les troupes étrangères à partir immédiatement ou revoir leur mandat par un processus parlementaire.

Le chef du Parlement Mohammed al-Halboussi a ensuite lu une décision qui contraint le gouvernement à préserver la souveraineté du pays en retirant sa demande d'aide adressée à la communauté internationale pour combattre le groupe État islamique (EI) – et donc à retirer son invitation à la coalition internationale.

Celle-ci a déjà dit avoir suspendu le combat contre l'EI, car elle se consacre désormais totalement à la protection de ses troupes.

Dans le brouhaha, alors que parmi les 168 députés présents – sur 329 – certains réclamaient un vote, M. Halboussi a annoncé: décision adoptée! avant de se retirer.

Un vote salué par l'Iran, qui a estimé qu'avec l'adoption de cette loi, le maintien de la présence américaine en Irak équivaut à une occupation.

Une résolution insuffisante, dit l'imam Moktada Sadr

L'influent imam chiite Moktada Sadr, qui contrôle le bloc le plus important de députés au Parlement irakien, juge que la résolution sur la fin de la présence militaire étrangère en Irak est insuffisante face à la violation américaine de la souveraineté irakienne et à l'escalade régionale, rapporte l'agence Reuters.

Il demande l'annulation immédiate de l'accord de sécurité liant l'Irak et les États-Unis, la fermeture de l'ambassade américaine, l'expulsion de manière humiliante des forces américaines et la pénalisation de tout contact avec les autorités américaines

Mise en garde des factions pro-Iran

Les Brigades du Hezbollah, la faction la plus radicale du Hachd, avaient appelé samedi les soldats irakiens à s'éloigner d'au moins 1000 mètres des sites où sont présents des soldats américains à partir de dimanche soir, sous-entendant que ces sites pourraient être la cible d'attaques.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, dont le pays compte 5200 soldats en Irak, a estimé qu'il y avait de grandes chances que l'Iran s'en prenne aux forces américaines en Irak ou en Syrie.

Le mouvement chiite libanais Hezbollah, dont les hommes sont engagés auprès du régime syrien et de son allié iranien, a appelé l'Irak à se libérer de l'occupation des États-Unis et a affirmé que l'armée américaine paierait le prix de l'assassinat de Soleimani.

Face à la montée des tensions, Washington avait annoncé récemment le déploiement de 3000 à 3500 soldats supplémentaires dans la région.

Dénonçant des violations de la souveraineté de l'Irak, Bagdad a annoncé dimanche avoir convoqué l'ambassadeur américain et porté plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU.

Les morts de Soleimani et Mouhandis ont suscité une immense émotion en Irak et en Iran.

Dimanche, une marée humaine a défilé en Iran à Ahvaz, Zanjan et Machhad où le cercueil de Soleimani est arrivé, au cri de Mort à l'Amérique. Un mot d'ordre qui a aussi résonné dans l'enceinte du Parlement iranien.

L'Iran s'affranchit de toute limite sur ses centrifugeuses

Les tensions entre Washington et Téhéran n'ont cessé de croître depuis le retrait unilatéral des États-Unis d'un accord conclu en 2015, assorti du retour de lourdes sanctions américaines contre Téhéran. Un an après ce retrait, l'Iran a commencé à s'affranchir de certains des engagements pris dans le cadre de l'accord destiné limiter son programme nucléaire.

L'Iran a annoncé dimanche la cinquième et dernière phase de ce plan de réduction de ses engagements, affirmant qu'il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite sur le nombre de ses centrifugeuses.

Téhéran avait indiqué plus tôt que son annonce tiendrait compte de la situation nouvelle créée par l'assassinat du général.

Le pays a cependant indiqué qu'il continuerait à se soumettre volontairement au programme d'inspection particulièrement draconien mis en place à la suite de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien.

Donald Trump a justifié l'assassinat de Soleimani en assurant qu'il préparait des attaques imminentes contre diplomates et militaires américains.

Plan rapproché du général Soleimani.

Qassem Soleimani, vu ici en mars 2015, a été tué vendredi dans une frappe aérienne américaine.

Photo : Associated Press

Après la mort du général iranien, ce n'est plus une guerre par procuration, c'est une guerre directe, assure à l'AFP Erica Gaston, spécialiste de l'Iran à la New America Foundation.

Le président français Emmanuel Macron a assuré Donald Trump de son entière solidarité avec les alliés et appelé l'Iran à s'abstenir de toute mesure d'escalade militaire susceptible d'aggraver encore l'instabilité régionale.

Avec la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre britannique Boris Johnson, il a convenu de travailler ensemble pour réduire les tensions dans la région, selon Berlin.

L'escalade en Irak a fait complètement passer au second plan la révolte contre les dirigeants, jugés corrompus et incompétents, et qui n'arrivent pas à s'entendre pour former un gouvernement.

Les protestataires ont cependant encore défilé en nombre dimanche dans le Sud, pour dénoncer les deux occupants : l'Iran et les États-Unis.

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