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Des baies de genévrier cultivées dans l’Est dans le gin québécois?

Une chaudière dans des plants de genévrier.

Les baies de genévrier entrent dans la composition du gin.

Photo : Gabriel Turner

Que diriez-vous de siroter un verre de gin québécois dont les baies de genièvre proviendraient de la Matapédia, de la Matanie ou encore du Kamouraska? On est loin de la coupe aux lèvres, mais des tests sont effectués dans l’espoir d’en cultiver.

La baie de genévrier, c’est ce petit fruit qui donne le goût caractéristique du gin. Selon le codirecteur innovation et transfert de technologies chez Biopterre, Maxim Tardif, les producteurs doivent l’importer de la péninsule des Balkans, dans le sud de l’Europe.

La porte-parole de la Société des alcools du Québec (SAQ), Linda Bouchard, confirme qu'il existe actuellement plus d’une cinquantaine de gins québécois, un marché qui a littéralement explosé. Les ventes associées au gin québécois étaient de 12 millions de dollars en 2016-2017. Elles sont passées à 39 millions de dollars en 2018-2019.

Petits fruits bleus.

Baies de genévrier

Photo : collaboration Biopterre

La très grande majorité des producteurs utilisent des baies de l’extérieur, explique M. Tardif. Mais, on sait que quelques distillateurs québécois commencent à inclure des baies sauvages du Québec dans leur gin.

Selon Maxim Tardif, il n’existe aucune culture de baies de genévrier au Québec, au Canada, ni même en Amérique du Nord. C’est un petit peu un non-sens que de beaux produits de niche québécois qui valorisent le terroir et le développement régional utilisent des produits de base qui proviennent d’Europe, soulève-t-il.

Biopterre, un centre de développement des bioproduits basé à La Pocatière, a ciblé ce créneau et souhaite développer cette filière en partenariat avec le Comité des produits non ligneux et cultures innovantes du Bas-Saint-Laurent. Un autre projet semblable, cette fois avec des noisettes, semble prometteur.

Une biologiste effectue la cueillette des baies de genévrier et prend des notes.

Les baies de genévrier poussent surtout en bordure du fleuve.

Photo : collaboration Biopterre

Le genévrier existe à l’état sauvage en grande quantité au Bas-Saint-Laurent, selon M. Tardif. Il y en a deux espèces, soit le genévrier commun et le genévrier horizontal.

Les promoteurs du projet se sont d’abord assurés que le goût du genévrier québécois convenait à la production de gin après quelques tests effectués avec le gin Saint-Laurent de Rimouski.

Gin Saint-Laurent.

Le gin Saint-Laurent est produit à Rimouski.

Photo : Radio-Canada

Selon M. Tardif, les tests effectués avec la Distillerie du Saint-Laurent sont très concluants.On a un produit qui goûte très certainement aussi bon que celui des baies qui proviennent des Balkans, commente-t-il. Ce que confirme l’un des associés de la Distillerie du Saint-Laurent, Joël Pelletier. Jusqu'à maintenant, la différence de goût est minime, juge-t-il. On espère que ces recherches vont porter fruit.

Bouteille de gin Radoune de la distillerie O'Dwyer.

Le gin Radoune de la distillerie O'Dwyer est distillé à Gaspé.

Photo : Radio-Canada

Bien qu’il s’approvisionne en baies sauvages en Gaspésie pour le gin Radoune, le copropriétaire de la distillerie O’Dwyer de Gaspé, Michael Briand, trouve l’idée intéressante. C’est sûr qu’il ne faut pas changer le goût de notre produit, explique-t-il. Alors il faudrait faire des tests. C’est une question de prix aussi.

Souvent, les baies de genévrier sauvages poussent sur le bord du fleuve. Nos premiers essais de bouturage ont réussi. Maintenant, il faudra vérifier si on est capables de les faire pousser dans des champs, si le projet de recherche démontre qu’il y a effectivement un potentiel, prévoit M. Tardif.

Pour l’instant, on est les premiers à vouloir développer la culture du genévrier. Est-ce qu’on est capables de le cultiver à grande ou moyenne échelle?

Maxim Tardif, codirecteur innovation et transfert de technologies chez Biopterre

Nous sommes des précurseurs donc tout est à faire. Il y a donc certains risques à embarquer. Plusieurs sont prêts à devenir des pionniers et nous, on les accompagne. Il sera possible d’élargir ce premier réseau si ça marche.

Bouteille de gin Mugo.

Le gin Mugo de la distillerie Mitis a remporté la médaille double or d'une compétition internationale de vins et spiritueux.

Photo : Facebook/Distillerie Mitis

Le projet de recherche sera mené au cours des trois prochaines années dans chacune des huit MRC du Bas-Saint-Laurent. Le but est de se doter d’un réseau de producteurs.

Le projet compte trois phases étalées sur 10 ans. Ça va prendre plusieurs années, mais le potentiel de développement est extrêmement intéressant, estime Maxim Tardif. Il faut voir combien pourrait coûter l’implantation de cette culture.

Pour le moment, il y aura un essai par MRC.

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