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Une foule monstre rend hommage au général Soleimani en Iran

Une foule immense a complètement envahi l'un des ponts de la ville.

À Ahvaz, des milliers d'Iraniens sont rassemblés en procession pour rendre hommage au général Qassem Soleimani, tué par une frappe aérienne américaine.

Photo : via reuters / Hossein Mersadi/Fars news agency/WANA

Agence France-Presse

Une marée humaine a envahi les rues d'Ahvaz et de Machhad, en Iran, dimanche, au premier de trois jours d'hommage national au général Qassem Soleimani, tué vendredi par une frappe américaine en Irak.

Juchés sur le toit d'un camion fleuri et couvert d'une bâche représentant le dôme de la mosquée du Rocher de Jérusalem, les cercueils de Soleimani et d'Abou Mehdi Al-Mouhandis, chef militaire irakien pro-Iran tué en même temps que lui, se sont frayés très lentement un passage parmi la foule compacte venue pleurer le soldat, selon des images de la télévision d'État iranienne.

À 17 h 15, un convoi funéraire transportant dans cinq cercueils les restes du général et d'autres victimes de la frappe américaine, se frayait lentement un passage au milieu d'une véritable marée humaine à Machhad, deuxième agglomération d'Iran et ville sainte chiite.

Depuis plus d'une heure, sur le camion de tête, des hommes renvoient vers la foule les keffiehs, chemises ou autres vêtements qui leur sont lancés, après les avoir frottés sur les cercueils pour attirer la protection des martyrs à ceux qui les porteront, selon les images de la télévision d'État.

La nuit tombe et des milliers de lampes de téléphones s'allument dans la foule et ondulent.

Dans la matinée, les cercueils de Soleimani et d'Abou Mehdi al-Mouhandis, chef militaire irakien pro-Iran tué en même temps que lui, avaient fendu au pas une autre foule compacte dans le centre d'Ahvaz, juchés sur le toit d'un camion fleuri et couverts d'une bâche représentant le dôme de la mosquée du Rocher de Jérusalem.

Ville du sud-ouest de l'Iran à forte minorité arabe, Ahvaz est la capitale du Khouzestan, province martyre de la guerre Iran-Irak (1980-1988) pendant laquelle le général commença à s'illustrer.

« Mort à l'Amérique »

Plusieurs femmes recouvertes du tchador noir réagissent fortement à l'arrivée du cercueil.

Des dizaines d'Iraniens sont venus accueillir le cercueil du général Soleimani à l'aéroport d'Ahvaz.

Photo : via reuters / Hossein Mersadi/Fars news agency/WANA

L'angle de l'écran frappé d'un bandeau noir, la télévision d'État diffuse en direct depuis le matin un programme spécial sur l'hommage national, qui doit se poursuivre à Téhéran dimanche et lundi, puis à Qom (centre), avant l'inhumation de la dépouille de l'officier, prévue mardi dans sa ville natale de Kerman (Sud-Est).

Les cris de mort à l'Amérique entendus à Ahvaz et à Machhad ont résonné aussi au Parlement iranien, scandés par plusieurs dizaines de députés, poings levés, debout devant la tribune. Trump, c'est la voix de la nation iranienne, écoute, a lancé le président du Parlement, Ali Larijani.

La télévision a entre autres diffusé les images d'une foule en deuil à Zanjan (Nord-Est).

Les autorités ont décrété trois jours de deuil national. Lundi sera jour férié à Téhéran, et mardi à Kerman.

La mort du général Soleimani a retardé l'annonce d'une nouvelle réduction des engagements internationaux iraniens sur son programme nucléaire qui aurait pu être annoncée dès samedi.

Le Conseil suprême de la sécurité nationale doit se réunir dimanche soir pour arrêter une décision finale sur ce point, après les circonstances nouvelles créées par l'assassinat de celui qui commandait la force Qods, unité d'élite des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne.

Soleimani, chef de la branche des Gardiens de la Révolution chargée des opérations extérieures de l'Iran et architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, et Mouhandis ont été tués vendredi lors d'une frappe aérienne américaine devant l'aéroport de Bagdad.

La mort de Soleimani, que l'Iran a promis de venger, a choqué la République islamique et suscité des craintes d'une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

Sites iraniens menacés

Le président américain, Donald Trump, qui a ordonné l'assassinat du général, a annoncé samedi que les États-Unis avaient sélectionné 52 sites en Iran et qu'ils les frapperaient très rapidement et très durement si la République islamique attaquait du personnel ou des sites américains.

Certains de ces sites sont de très haut niveau et très importants pour l'Iran et pour la culture iranienne, a averti M. Trump sur Twitter.

S'ils attaquent encore, ce que je leur conseille fortement de ne pas faire, nous les frapperons plus fort qu'ils n'ont jamais été frappés auparavant, a ajouté le président américain.

M. Trump a souligné que le chiffre de 52 sites iraniens correspondait de manière symbolique au nombre d'Américains qui avaient été retenus en otages pendant plus d'un an à partir de la fin de l'année 1979 à l'ambassade des États-Unis à Téhéran.

Le cercueil enveloppé du drapeau iranien est déposé sur un tapis perse.

Les gens se rassemblent autour du cercueil du général Soleimani lors de son arrivée à l'aéroport d'Ahvaz.

Photo : via reuters / Hossein Mersadi/Fars news agency/WANA

Viser des sites culturels est un crime de guerre, a rétorqué le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, sur Twitter.

Ayant gravement violé le droit international avec les lâches assassinats de Soleimani et Mouhandis, M. Trump menace encore de commettre de nouvelles violations [...] des normes impératives du droit international, de franchir de nouvelleslignes rouges, a ajouté M. Zarif.

Cité par l'agence officielle Irna, le général de division Abdolrahim Moussavi, commandant en chef de l'armée iranienne a dit pour sa part douter que les États-Unis aient le courage de mettre leurs menaces à exécution.

Les factions pro-Iran en Irak ont fait monter samedi la pression sur les bases abritant des soldats américains, à l'issue d'une journée de défilés monstres pour rendre hommage au général Soleimani.

Des roquettes et des obus de mortier se sont abattus quasi simultanément dans la Zone verte de Bagdad, où se trouve l'ambassade américaine, et sur une base militaire plus au nord, où sont déployés des soldats américains, sans faire de victimes.

L'acte suivant pourrait se jouer au Parlement irakien, dimanche, où les pro-Iran pourraient parvenir à obtenir un vote ordonnant le départ des soldats américains du pays, qui serait vraisemblablement suivi de celui de l'ensemble des troupes étrangères de la coalition antidjihadiste menée par Washington

La fin de la présence maligne des États-Unis en Asie occidentale a commencé contre leur gré a jugé Mohammad Javad Zarif sur Twitter.

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