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Burkina Faso : 14 civils, dont des collégiens, tués dans une attaque

Trou de balle dans une vitre d'un des autobus attaqués près de Fada N'gourma au Burkina Faso.

Les attaques se multiplient au Burkina Faso. Ici, un trou de balle résultant d'une fusillade survenue en novembre dernier.

Photo : Reuters / Reuters TV

Agence France-Presse

Quatorze civils, essentiellement des étudiants, ont été tués samedi dans une attaque dans le nord du Burkina Faso, 11 jours après la tuerie d'Arbinda, qui avait plongé le pays dans le deuil à Noël.

Selon des sources sûres, un autocar transportant principalement des collégiens rentrant de leurs vacances de Noël a sauté sur un engin explosif sur une route du nord-ouest du Burkina, près de la frontière malienne.

Un véhicule de transport en commun a sauté sur un engin artisanal ce matin sur l'axe Toeni-Tougan (province du Sourou). Le bilan provisoire est de 14 morts et quatre blessés graves, qui ont été pris en charge.

Une source sûre

L'incident a eu lieu aux environs de 9 h (heure locale) et les missions de sécurisation et de secours ont été aussitôt déployées sur les lieux, a précisé la même source.

Les victimes sont essentiellement des élèves qui regagnaient leur localité d'études après avoir passés les fêtes de fin d'année en famille, a expliqué une autre source sûre, confirmant le bilan provisoire.

L'attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

Cette nouvelle tuerie de civils survient onze jours après le massacre d'Arbinda (nord), la veille de Noël. 35 civils, dont 31  femmes, avaient été tués, ainsi que sept militaires, lors de l'attaque de la base militaire puis de la ville.

La pire attaque depuis cinq ans

Les Burkinabé ont observé deux jours de deuil national en hommage aux victimes de cette attaque, la pire qu'a connue le pays depuis le début des violences jihadistes il y a cinq ans.

Samedi, l'état-major général des armées burkinabé a par ailleurs fait cas d'une attaque contre une unité de gendarmerie à Inata (nord) vendredi 3 janvier, vers 5 h du matin.

Faisant preuve d'un sang-froid et d'une réactivité exemplaires, les éléments ont réussi à mettre en échec les assaillants. Le bilan fait état d'une dizaine de terroristes neutralisés , indique un communiqué.

De l'armement, des munitions et divers matériels, dont des stupéfiants, ont également été récupérés.

Burkina, Mali, Niger...

Comme ses voisins sahéliens le Mali et le Niger, le Burkina Faso est confronté à des attaques jihadistes qui ont fait environ 750 morts et 560 000 déplacés depuis 2015.

Le Nord et l'Est sont particulièrement touchés. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

Les attaques avec des engins artisanaux, débutées en août 2018, se sont multipliées depuis, faisant de nombreuses victimes.

Un président rassurant, une armée défaillante

Mardi, dans une adresse télévisée à la nation à l'occasion du Nouvel An, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré a assuré que la victoire sur le terrorisme était certaine.

Sous-équipées et mal entraînées, les forces de l'ordre de ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest n'arrivent pas cependant à enrayer la spirale de violences jihadistes, et enregistrent de lourdes pertes.

Elles ont toutefois revendiqué une série de succès depuis deux mois, affirmant avoir tué une centaine de jihadistes au cours de plusieurs opérations.

Les attaques sont rarement revendiquées, mais attribuées à des groupes armés jihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d'autres au groupe État islamique.

Appel à la communauté internationale

Cinq États sahéliens (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad), qui tentent depuis 2015 de mettre sur pied une force militaire conjointe de 5000 soldats, ont appelé mi-décembre la communauté internationale à les soutenir davantage.

Et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a adopté le 21 décembre un plan d'action d'un milliard de dollars sur cinq ans pour lutter contre le terrorisme, aux contours cependant flous.

Malgré la présence de forces françaises (4500 soldats de l'opération Barkhane), de l'ONU (Minusma au Mali, 13 000 hommes), ainsi que de forces américaines, les pays sahéliens subissent des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, depuis les premières violences dans le nord du Mali en 2012.

La France a par ailleurs convié les cinq États sahéliens à un sommet en janvier pour redéfinir plus clairement les objectifs militaires, politiques et de développement de la lutte commune contre les groupes jihadistes, selon le président Emmanuel Macron, qui estime ambiguë l'attitude des présidents burkinabé et malien au sujet de la présence des soldats français, critiquée par une partie de l'opinion publique de ces deux pays.

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