•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Incendies en Australie : évacuations massives dans les villes du Sud-Est

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un résident regarde le ciel assombri par la fumée et les cendres du feu de Currowan  en Nouvelle-Galles-du-Sud, Australie, le 4 janvier 2020.

Le compte-rendu de Gabrielle Proulx.

Photo : Reuters / Tracey Nearmy

Agence France-Presse

Des dizaines de milliers d'Australiens ont évacué samedi leur domicile pour fuir les feux de forêt aggravés par des conditions météorologiques catastrophiques et Sydney, principale ville du pays, est menacée de pannes d'électricité.

Les températures ont dépassé samedi les 40 degrés Celsius et des vents violents soufflaient, attisant des centaines de feux, dont la plupart continuent de se propager.

Par rapport aux prévisions [concernant le pire des scénarios] que nous avions faites ce matin, malheureusement, elles se réalisent, a déploré Gladys Berejiklian, la première ministre de Nouvelle-Galles du Sud, lors d'un point presse.

Ces vents forts et ces températures élevées devraient perdurer en soirée, a souligné le chef des pompiers de cet État, Shane Fitzsimmons.

Sydney a enregistré samedi des températures records, avec 48,9 degrés relevés à Penrith, dans la banlieue ouest.

La ville la plus peuplée d'Australie, qui compte plus de cinq millions d'habitants avec son agglomération, est menacée de pannes de courant après la destruction par les feux de deux postes électriques. Les autorités ont donc appelé les habitants à restreindre leur consommation d'électricité.

À Canberra, la température a atteint 44 degrés, un chiffre également sans précédent, selon un porte-parole des services météorologiques australiens.

Dans ces deux villes, les températures pourraient encore augmenter.

Plusieurs messages d'alerte ont été lancés samedi partout au pays. L'un d'entre eux concerne un feu au sud-ouest de Sydney qui pourrait atteindre la périphérie de la ville.

L'état d'urgence a été décrété dans le sud-est de l'île-continent, la région la plus peuplée, et un ordre d'évacuation a été donné vendredi à plus de 100 000 personnes dans trois États.

Nous avons littéralement vu partir des dizaines de milliers de personnes, a témoigné le chef des pompiers de Nouvelle-Galles du Sud.

Touristes et habitants du sud-est du pays ont ainsi abandonné leur lieu de villégiature estivale ou leur logement. Les autoroutes reliant les villes du littoral à Sydney et d'autres grandes villes étaient engorgées par de longues files de voitures.

Des résidents locaux utilisent des applications téléphoniques pour obtenir des mises à jour sur les incendies en Nouvelle-Galles du Sud le 4 janvier 2020.

Des résidents inquiets tentent de s’informer sur l’évolution du feu.

Photo : Reuters / Tracey Nearmy

Pensées et prières de la reine Élisabeth

La chef de l'État australien, la reine Élisabeth II, a exprimé sa tristesse, samedi, et envoyé un message de condoléances aux sinistrés.

J'ai été profondément attristée de constater l'ampleur et l'impact dévastateur des feux dans de nombreuses parties de l'Australie, a-t-elle déclaré par voie de communiqué. Le prince Philip et moi envoyons nos pensées et nos prières à tous les Australiens en ces temps difficiles.

Elle a aussi offert ses remerciements aux services d'urgences et à tous ceux qui mettent leur vie en danger pour aider les communautés dans le besoin, a rapporté l'agence Reuters.

Le premier ministre Scott Morrison a appelé samedi 3000 militaires réservistes à se déployer, une mobilisation sans précédent.

Cela permet d'avoir plus d'hommes sur le terrain, plus d'avions dans le ciel, plus de navires en mer, a affirmé M. Morrison, critiqué pour sa gestion de la crise.

Supermarchés, magasins et pubs fermés : un calme étrange et inquiétant régnait samedi sur Batemans Bay, ville touristique à quatre heures de route de Sydney, habituellement débordante d'activité, mais aujourd'hui en proie à la fumée des incendies environnants.

Seul signe de vie dans cette localité, un centre d'accueil pour les personnes évacuées où des centaines d'habitants contraints de quitter leur maison ont trouvé refuge dans des tentes et des caravanes, installées sur un terrain municipal.

On dirait un camp de réfugiés, plaisantait une habitante vendredi soir, en s'y installant avec son mari.

Mick Cummins, 57 ans, a fui vers le centre d'évacuation avec sa femme lorsque le feu a ravagé leur village, le soir du Nouvel An.

Nous nous sommes dit : c'est trop dur pour nous, sortons. Nous sommes allés sur la plage et des flammes infernales sont arrivées sur la colline, a-t-il expliqué à l'AFP. J'étais ici lors des incendies de 1994. Je pensais que c'était dur. C'était juste un barbecue, a-t-il lancé.

Depuis le début de la saison des incendies en septembre, 23 personnes sont mortes en Australie, selon le premier ministre.

Des dizaines d'autres sont portées disparues, plus de 1500 maisons ont été réduites en cendres. Une surface équivalant à deux fois celle de la Belgique ou d'Hawaï a brûlé.

Les feux, meurtriers aussi pour la vie sauvage, ont détruit la quasi-totalité du parc national de Flinders Chase, sur Kangaroo Island, qui abrite des kangourous et des koalas, ont mentionné les autorités samedi.


Ces images satellites prises par la NASA – l’une le 24 juillet 2019 et l’autre le 1er janvier dernier – montrent l'étendue de la fumée qui se dégage du brasier près de la ville balnéaire de Mallacoota, où des milliers d'habitants et de touristes se sont retrouvés cernés par les flammes.


Le premier des deux navires militaires affrétés par la marine pour secourir les personnes bloquées à Mallacoota est arrivé près de Melbourne tôt samedi.

Eloise Givney, 26 ans, est parvenue à fuir sous escorte policière alors qu'elle et d'autres personnes avaient passé quatre jours sans électricité, téléphone ou Internet.

Les flammes se sont approchées jusqu'à 50 mètres de nous. Il a fallu conduire parmi elles, car c'était la seule voie permettant de partir, a-t-elle dit à l'AFP, décrivant des flammes de 15 mètres de hauteur des deux côtés de la route. Nous avons été coincés sans courant pendant quatre jours. Nous avions cinq enfants avec nous, mais plus de nourriture depuis une journée.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !