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Des organismes manitobains peinent à recruter des bénévoles francophones

Des enfants sont assis en cercle avec des bénévoles dans un espace intérieur.

Au marais Oaks Hammock, 10 % des jeunes visiteurs sont francophones ou francophiles.

Photo : Radio-Canada / Daniel Gagné

Chloé Dioré de Périgny

Bon nombre de musées et organisations touristiques du Manitoba doivent garantir un service bilingue pour leurs visiteurs. Mais pour certains d'entre eux, recruter des bénévoles qui parlent français est un défi de taille.

Rien qu’à voir le [faible] pourcentage de personnes bilingues dans la province, ça rend difficile d’en trouver des bénévoles [ bilingues en comparaison avec les bénévoles unilingues anglophones], déplore Nathalie Bays, la gérante du marais Oaks Hammock.

Environ 3000 jeunes francophones et francophiles viennent chaque année visiter ce centre, situé à environ 40 km au nord de Winnipeg. Pour Nathalie Bays, c’est frustrant de ne pas pouvoir offrir un service francophone à toutes les écoles qui souhaitent venir découvrir les expositions et les activités.

Les écoles et les professeurs sont certainement déçus s’ils veulent venir avec quatre classes et qu’on leur dit que seulement un de leurs quatre programmes va être en français et les autres devront être en anglais.

On fait les efforts, nos expositions sont traduites et toute notre programmation est bilingue. On a le matériel, mais c’est les gens qui manquent pour faire la présentation en tant que telle.

Nathalie Bays, gérante, marais Oaks Hammock

Le marais Oaks Hammock a besoin de deux à quatre interprètes bilingues : l’organisme en a un seul, qui revient tous les étés, explique la gérante.

Un défi supplémentaire pour cet organisme : la distance avec Winnipeg. Les bénévoles ont besoin d’une voiture pour s’y rendre, ce qui réduit encore plus le bassin d’intéressés, selon Nathalie Bays.

Situation similaire en ville

Au Musée des Beaux-Arts de Winnipeg, le constat est pourtant le même. La demande pour des visites guidées en français augmente depuis quelques années et il n'y a plus suffisamment d'animateurs bilingues pour accompagner les groupes scolaires.

On cherche des personnes pour travailler de jour, pendant la semaine, c’est souvent difficile pour les étudiants et ceux qui ont un emploi à temps plein, déplore Amber O’Reilly, agente d’engagement au Musée des Beaux-Arts.

Elle rappelle cependant que le bénévolat est souvent un tremplin à l'embauche, et que les besoins pour du personnel parlant français continuent d’augmenter.

Avec l’ouverture du centre d’art inuit à l’automne 2020, la surface de galerie va doubler, on aura besoin de davantage de guides pour faire découvrir l'art inuit aux groupes scolaires, dit-elle.

Une question de confiance

Il y en a qui appliquent en se disant bilingues, qui ont une excellente compréhension, mais ne se sentent pas à l’aide de faire une programmation un peu plus formelle en français, regrette la gérante du marais Oaks Hammock.

Minna Goulet, interprète bilingue à Fort Whyte Alive, déclare de son côté qu’une formation pourrait améliorer la situation : en particulier pour ceux qui ont le français comme deuxième langue, juste pour améliorer leur confiance et leur pratique.

Plan large de deux jeunes femmes, dont Minna Goulet, devant une maison en bois avec une charrue recouverte de neige.

Minna Goulet (à droite), pour qui le français est une langue seconde, a commencé comme bénévole à Fort Whyte Alive avant d'être embauchée comme interprète bilingue.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Elle-même est anglophone et a appris le français en immersion. Elle ajoute avoir perdu une partie de son français après l’école. Malgré tout, elle a réussi à obtenir un poste en tant qu'interprète bilingue, après avoir été bénévole à l'organisme.

Avec les informations de Mohamed-Amin Kehel

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