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Ottawa préoccupé par la sécurité des Canadiens en Irak

Des soldats canadiens parlent avec des combattants dans un poste d’observation situé dans le nord de l’Irak.

Des soldats canadiens parlent avec des combattants dans un poste d’observation situé dans le nord de l’Irak.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Presse canadienne

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a soutenu vendredi que la sécurité des Canadiens au Moyen-Orient était « d'une importance primordiale » pour son gouvernement, après la frappe aérienne américaine qui a visé un haut gradé iranien.

Le général Qasem Soleimani était commandant de l'unité d'élite iranienne al-Qods; il a été éliminé dans la nuit de vendredi à Bagdad, en Irak, lors d'une opération américaine. Le président Donald Trump a accusé le général Soleimani de comploter pour tuer de nombreux Américains. En Iran, l'ayatollah Ahmad Khatami, un conseiller du guide suprême du pays, a prévenu que Téhéran prendra sa revanche.

La Chine, la Russie et la France, tous membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, ont mal réagi à la frappe aérienne américaine, vendredi, mais le Royaume-Uni et l'Allemagne ont dit comprendre la position de la Maison-Blanche.

Le Canada compte 850 militaires déployés partout en Irak pour lutter contre Daech et pour former les forces irakiennes.

Le Canada est en contact avec nos partenaires internationaux, a indiqué le ministre Champagne dans un communiqué.

La sécurité et le bien-être des Canadiens et Canadiennes en Irak et la région, y compris nos troupes et de nos diplomates, sont d'une importance primordiale.

François-Philippe Champagne, ministre canadien des Affaires étrangères
M. Champagne répond à une questions à la Chambre des communes.

Le ministre François-Philippe Champagne a appelé les parties à faire preuve de retenue.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wylde

Le ministre a appelé toutes les parties à faire preuve de retenue et à poursuivre la désescalade, avec comme objectif un Irak uni et stable.

Un porte-parole de M. Champagne n'a pas répondu à un courriel de La Presse canadienne qui voulait savoir si le Canada avait été consulté sur la frappe aérienne, ou à quel moment Ottawa en aurait été informé.

Selon une série de communiqués de la Maison-Blanche, le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a passé une partie de la matinée de vendredi au téléphone pour discuter avec ses homologues des pays alliés et d'autres puissances mondiales comme la Chine. En mi-journée, ni Ottawa ni Washington n'évoquaient de communication de haut niveau entre les deux capitales.

« Fils spirituel » de Khamenei

Un ancien conseiller en politique étrangère du gouvernement canadien affirme que le gouvernement canadien a raison de s'inquiéter.

Des représailles de la part des partisans du général éliminé sont prévisibles après la période de deuil de trois jours ordonnée par le guide suprême de l'Iran, qui considérait le général Soleimani comme un fils, a estimé Shuvaloy Majumdar, de l'Institut Macdonald-Laurier.

Nous pouvons nous attendre [...] à un large éventail d'attaques asymétriques contre des intérêts principalement américains, mais très probablement aussi occidentaux, a déclaré M. Majumdar, de l'institut de politiques publiques à Ottawa.

Des danifestants à Téhéran brandissant le portrait de Qasem Soleimani en compagnie du guide suprême iranien Ali Khamenei

Manifestants à Téhéran brandissant le portrait de Qasem Soleimani en compagnie du guide suprême iranien Ali Khamenei

Photo : Reuters / Wana News Agency

Je pense donc qu'à mesure que nous entrons dans ce nouveau chapitre, ce sera une question très importante pour la façon dont les Canadiens et le gouvernement canadien s'occuperont de la sécurité de nos soldats, mais aussi de la promotion de nos intérêts.

M. Majumdar a conseillé pendant des années l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper, notamment sur la décision de classer comme entité terroriste la Brigade al-Qods des Gardiens de la révolution islamique, commandée par le général Soleimani.

Il a qualifié la mort du général de frappe la plus conséquente qui ait eu lieu contre un leader terroriste depuis le début de ce que l'on appelle la guerre contre le terrorisme.

Le général Soleimani a supervisé une équipe de terrorisme soutenue par l'État, extrêmement bien huilée, qui, depuis la fin des années 1990, depuis qu'il a dirigé la Brigade al-Qods, est devenue l'organisation terroriste la plus sophistiquée que le monde ait jamais connue, a indiqué M. Majumdar.

Une « organisation terroriste »

La Brigade al-Qods est une unité d'élite des Gardiens de la révolution iranienne, qui relèvent du guide suprême du pays, l'ayatollah Ali Khamenei. La Brigade al-Qods forme et équipe des milices étrangères, commet des attentats à la bombe et des assassinats, et utilise autrement des méthodes non conventionnelles pour étendre l'influence militaire et diplomatique de l'Iran dans le monde. Qods signifie Jérusalem en arabe et en persan.

Les États-Unis ont désigné la Brigade al-Qods comme organisation terroriste en 2007; le Canada a emboîté le pas en 2012.

Le ministre Champagne a d'ailleurs rappelé vendredi que le Canada est depuis longtemps préoccupé par la Brigade al-Qods des Gardiens de la révolution islamique, dirigée par Qasem Soleimani, dont les actions agressives ont eu un effet déstabilisateur dans la région et au-delà.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, semblait condamner la décision américaine, vendredi.

Les actions des États-Unis en Iran nous rapprochent d'une autre guerre désastreuse au Moyen-Orient, a-t-il écrit sur Twitter.

Le premier ministre [Justin Trudeau] doit agir rapidement avec d'autres pays pour désamorcer la situation et ne doit pas se laisser entraîner dans la voie empruntée par le président Trump.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Dans chacun de ses appels dans les capitales, vendredi, le secrétaire d'État Pompeo a plaidé que les États-Unis étaient déterminés à désamorcer les tensions au Moyen-Orient, qui ont grimpé en flèche depuis qu'une milice soutenue par Téhéran a tué un entrepreneur américain et que les États-Unis ont répliqué par des frappes aériennes. Ces représailles ont alors déclenché de violentes manifestations pro-iraniennes devant l'ambassade des États-Unis à Bagdad.

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