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Une Winnipégoise victime de lavage de cerveau exige des excuses d’Ottawa

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Mme Ponting vivait à Montréal en 1958, lorsqu’un juge l’a renvoyée à l’institut après que son père l’a amenée devant un tribunal pour mineurs.

Photo : Radio-Canada / Gary Soliak/CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une Winnipégoise de 78 ans, Lana Ponting, demande des excuses officielles du gouvernement fédéral pour avoir subi des séances de lavage de cerveau à l’Institut Allan Memorial de l’Université McGill, à Montréal, dans les années 1950.

À 16 ans, Mme Ponting était parmi les centaines de patients du Dr Ewen Cameron, qui donnait des traitements à base de drogues comme le LSD, ainsi que des électrochocs, pour soigner des problèmes de santé mentale dans les années 1950 et 1960.

Le Dr Cameron croyait en l’utilisation de la privation de sommeil, aux traitements par électrochocs et aux médicaments hallucinogènes pour soigner les maladies mentales.

Ces séances de lavage de cerveau étaient menées à l’insu des patients, qui venaient se faire traiter pour des troubles psychologiques mineurs, comme la dépression. Ces pratiques ont fait l’objet d’un scandale international lorsqu’elles ont été révélées publiquement.

Le gouvernement fédéral avait financé ces travaux à hauteur de 500 000 $, ce qui équivaut à 4 millions de dollars aujourd'hui. Le projet était également financé par la CIA.

Les dossiers médicaux indiquent que Lana Ponting a reçu un cocktail de médicaments, notamment des barbituriques et des antipsychotiques utilisés pour étudier son comportement . Elle a été attachée et forcée de prendre des médicaments pendant que les médecins observaient son comportement et ses réactions.

Il a été révélé par la suite que ces méthodes avaient des effets durables sur les patients, effaçant parfois leurs souvenirs.

Très souvent, je ne savais plus qui j’étais, dit Lana Ponting. C’était presque comme une prison. C’était horrible.

Mme Ponting vivait à Montréal en 1958, lorsqu’un juge l’a renvoyée dans l'établissement après que son père l’eut amenée devant un tribunal pour mineurs parce qu'elle s'était enfuie à de nombreuses reprises.

J’avais des conflits avec mes parents, j’étais une adolescente rebelle, dit-elle.

Les dossiers médicaux la décrivent comme têtue et hostile et indiquent que ses parents désapprouvaient ses amis.

 Vous ne pouvez pas faire ça!

Quand Lana Ponting est arrivée à l’hôpital, elle a résisté quand les membres du personnel ont essayé de lui administrer les médicaments. Ils l'ont attachée avec des sangles aux bras et aux chevilles pour y parvenir.

 J'étais hors de moi. Je hurlais. Je criai: "Laissez-moi tranquille. Vous ne pouvez pas faire ça." C’était horrible. C’était vraiment horrible, explique-t-elle.

Mme Ponting a eu recours à la Loi sur l'accès à l'information pour obtenir des copies de son dossier médical. On y trouve des détails sur le mois qu'elle a passé à l’hôpital et des notes du Dr Cameron.

Dans une lettre écrite le 10 mai après sa libération de l’Institut Allan Memorial, le Dr Cameron raconte à son successeur ce qui s’était passé après que Mme Ponting eut reçu du LSD et de l’oxyde nitreux.

 Elle était assez tendue et extrêmement violente lorsqu’elle avait reçu de l’oxyde nitreux, se jetant à moitié hors du lit et se mettant à crier , écrit-il.

Mme Ponting ne se souvient pas des deux années qui ont suivi sa sortie de l'établissement.

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Le Dr Cameron croyait en l’utilisation de la privation de sommeil, des traitements par électrochocs et des médicaments hallucinogènes tels que le LSD pour éliminer les maladies mentales.

Photo : Radio-Canada / CBC

Indemnisations des années 1990

En 1992, 77 des anciens patients du Dr Cameron ont reçu 100 000 $ du gouvernement fédéral. Des centaines d’autres personnes ont vu leur demande d'indemnisation rejetée, car elles devaient avoir un dossier médical approprié pour prouver qu’elles avaient subi des tortures et elles présenter une demande avant une date précise.

Mme Ponting dit qu’elle n’avait pas demandé d'indemnisation parce qu’elle ne savait pas que c’était possible.

Elle exige maintenant des excuses du gouvernement fédéral.

« Je veux une indemnisation parce que je pense que, mentalement et physiquement, j’ai beaucoup souffert. »

— Une citation de  Lana Ponting

Recours collectif

Elle espère qu'une demande de recours collectif, lancée en janvier 2019, sera acceptée cette année et qu'elle sera dédommagée.

La demande a été déposée devant la Cour supérieure du Québec au nom de toute personne qui a subi ces traitements de la part du Dr Cameron à l’Institut Allan Memorial entre 1948 et 1964.

La poursuite s'adresserait également à toute personne dont un membre de la famille ou une personne à charge a subi ces traitements.

Les avocats des plaignants pensent que des centaines de personnes pourraient se joindre au recours collectif.

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Mme Ponting a utilisé la Loi sur l'accès à l'information pour obtenir des copies de son dossier médical.

Photo : Fournie par Lana Ponting

Les accusés nommés dans le recours collectif sont le procureur général du Canada, le procureur général des États-Unis, le Centre universitaire de santé McGill et l'Hôpital Royal Victoria.

Dans une déclaration, le gouvernement fédéral a cité une enquête des années 1980 portant sur le Dr Cameron qui a conclu que le Canada n’avait aucune responsabilité légale dans l'administration des traitements.

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L'Institut Allan Memorial à Montréal

Photo : CBC

Selon un porte-parole du Centre universitaire de santé McGill et de l’Hôpital Royal Victoria, les tribunaux ont déjà déterminé que le Dr Cameron avait mené ses recherches à l’Institut, mais qu'il n’était pas, conformément à la loi, son employé.

CBC n'a pas reçu de réponse à la suite d'une demande effectuée auprès du procureur général des États-Unis.

Avec les informations de CBC

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