•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une entreprise emploie des 50-70 ans pour combattre les préjugés sur l'âge au travail

Cliff Randall (à gauche) et Mike Paterson (à droite).

Cliff Randall (à gauche) a lancé The Senior Touch en octobre 2018. Mike Paterson (à droite) a rejoint l'entreprise un mois plus tard.

Photo : Taylor Simmons/CBC

Radio-Canada

Un cadre à la retraite a créé The Senior Touch, une entreprise de peinture basée en banlieue de Toronto qui emploie tout particulièrement des personnes âgées de 50 à 70 ans.

Il y a environ un an, Cliff Randall, 66 ans, avait besoin d'une pièce de rechange pour sa moto. En arrivant au garage, il est tombé sur un homme de 72 ans qui nettoyait de l'équipement. Ce dernier lui a expliqué qu'il ne touchait pas de pension de retraite et qu'il devait donc travailler.

Cliff Randall s'est alors souvenu de l'époque où il dirigeait une société de recrutement de cadres, et où il entendait souvent la phrase : Ne nous amenez personne de plus de 50 ans.

Il y a un énorme problème d’âgisme dans le monde du travail.

Cliff Randall, fondateur de The Senior Touch

Lorsqu'un ami lui a confié qu'il avait du mal à trouver un bon peintre, Cliff Randall a décidé de se lancer.

En octobre 2018, il a démarré son entreprise de peinture au pistolet, The Senior Touch, pour embellir et rénover les cuisines et donner du travail et un salaire aux personnes plus âgées.

Il n'y a pas d'application mobile qui va venir et peindre votre maison alors je me suis dit que ce serait très très efficace, explique-t-il.

L'entreprise forme et emploie des personnes âgées de 50 à 70 ans à des salaires allant de 25 $ à 35 $ l'heure. Les employés reçoivent aussi une participation dans l'entreprise.

The Senior Touch est en activité à Uxbridge, à Newmarket, à Aurora et à Stoufville et compte cinq employés, mais Cliff Randall espère qu'elle prendra de l'expansion rapidement.

Il y a beaucoup d'hommes et de femmes qui ne sont pas les bienvenus dans le monde de l'entreprise et ils ont besoin de travail.

Cliff Randall, fondateur de The Senior Touch

Il n'est d'ailleurs pas le seul à vouloir sensibiliser au problème de l'âgisme dans l'entreprise.

La Ville de Toronto a récemment lancé une campagne pour encourager les employeurs à reconnaître la valeur des travailleurs plus âgés.

Une affiche montrant un pot de crème vieillissante pour sensibiliser au problème de l’âgisme dans le monde du travail.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Ville de Toronto a lancé une campagne de sensibilisation pour lutter contre l'âgisme dans le monde de l'entreprise.

Photo : Ville de Toronto

Marie Boutrogianni, une ancienne doyenne de l'École Raymond-Chang de formation continue, à l'Université Ryerson, s'est aussi penchée sur la question de l'âge au travail dans le cadre d'un programme à l'Université.

Elle a découvert que les employeurs ont souvent l'impression de devoir choisir entre des milléniaux et des personnes âgées.

Vous les embauchez chacun pour des raisons différentes. Vous embauchez des milléniaux parce qu'ils sont à jour sur les technologies. Leur capacité à travailler en équipe est excellente. Ils ont de l'énergie. Et vous embauchez des personnes de 60 ans ou plus pour leur sagesse et leur expérience, dit-elle.

Lutter contre des préjugés

L'âgisme est aussi un sujet qui intéresse Michelle Silver. Elle est professeure agrégée à l'Université de Toronto et a récemment publié un livre intitulé Retirement and its Discontents, qui raconte les histoires de travailleurs qui ont quitté leur emploi.

Pour beaucoup d'entre eux, ça a été une expérience terrifiante. Certains avaient été fortement encouragés à partir, d'autres avaient pris leur retraite en raison de leurs propres préjugés sur l'âge, affirme-t-elle. Des gens m'ont dit que de simplement dépasser ce seuil entre, par exemple, 65 et 66 ans, sans prendre leur retraite les faisaient se sentir mal.

Alors que l'espérance de vie a augmenté, Michelle Silver croit que les travailleurs et les entreprises doivent changer leur vision sur l'âge et la productivité.

Je pense qu'il est très important que les employeurs ouvrent le dialogue... Je crois qu'ils pourraient être surpris de voir que de nombreux travailleurs plus âgés sont ouverts à faire de nouvelles choses.

Michelle Silver, professeure agrégée à l'Université de Toronto

Se sentir utile

Mike Paterson, 61 ans, est un employé de The Senior Touch. Il avait pris un congé alors qu'il était atteint d'un cancer il y a quelques années. Lorsqu'il a découvert qu'il avait vaincu la maladie, il s'est senti trop jeune pour prendre sa retraite.

Vous ne voulez pas nécessairement [...] déménager dans un appartement, vous isoler, faire des mots croisés et regarder Oprah, dit-il. Vous voulez encore sortir et faire quelque chose et vous voulez gagner de l'argent et vous sentir bien à la fin de la journée.

Pour Cliff Randall, le but de son entreprise n'est pas seulement de permettre aux personnes âgées de gagner plus d'argent, mais aussi de leur donner cette satisfaction. Ce que j'espère pouvoir montrer à tout le monde, c'est qu'en tant que personne plus âgée, vous êtes utile.

Avec les informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Emploi

Société