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L'Université de Regina refuse d'annuler une conférence qui suscite la controverse

Les poètes George Elliott Clarke, à gauche, et Steven Kummerfield, à droite.

Les poètes George Elliott Clarke, à gauche, et Steven Kummerfield, à droite, travaillent ensemble depuis 2005. M. Clarke dit qu'il a appris, il y a quatre mois, que M. Kummerfield a tué une femme autochtone en 1995.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’Université de Regina refuse d’annuler une conférence du poète canadien George Elliott Clarke, un ami et collègue du poète Steven Kummerfield, qui a battu à mort une femme autochtone à Regina il y a 25 ans.

L'annonce de la conférence, qui doit se tenir le 23 janvier, a entraîné des appels au boycottage et à la censure.

Steven Kummerfield et Alex Ternowetsky, deux meurtriers, quittent le tribunal.

Steven Kummerfield et Alex Ternowetsky quittent le tribunal en 1996 alors qu'ils subissent un procès pour le meurtre au premier degré de Pamela George, une femme autochtone de 28 ans.

Photo : Radio-Canada

En 1995, Steven Kummerfield et Alex Ternowetsky ont battu à mort Pamela George, une travailleuse du sexe de 28 ans. Ils ont été reconnus coupables d’homicide involontaire et ont été condamnés à six ans et demi de prison.

M. Kummerfield, qui vit maintenant à Mexico, a une relation de travail avec le conférencier George Elliott Clarke depuis 2005. M. Clarke a publié certains de ses poèmes et de ses livres. Il considère Steven Kummerfield comme un ami et affirme avoir appris les détails sur son passé il y a quatre mois.

J’admire beaucoup de poètes, dont certains sont morts ou qui ont autrefois commis des crimes, mais qui ont quand même laissé derrière eux un héritage et de l’excellente poésie.

Une citation de George Elliott Clarke, poète

La Faculté des arts n’annulera pas l’invitation

George Elliot Clarke dit qu’il n’a pas encore décidé de quels poètes il discutera lors de sa conférence, ajoutant qu’il pourrait lire un poème de son ami Steven Kummerfield.

Moralement, je n’ai pas d'hésitation à déclamer un texte de M. Kummerfield, si cela fait partie du contexte de la conférence, mais je ne voudrais aucunement atténuer ou réduire la gravité de son geste, explique le conférencier.

Le doyen de la Faculté des arts, Richard Kleer, dit que l’Université veut encourager une discussion ouverte et civile sur des questions controversées.

Le comité de sélection aurait peut-être fait un choix différent s’il avait été informé préalablement de la relation de travail [entre M. Clarke et M. Kummerfield], mais cela est sans importance maintenant.

Une citation de Richard Kleer, doyen de la Faculté des arts de l'Université de Regina

Pressions pour que l’Université de Regina annule

La Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN) demande à l’Université de Regina d’annuler la conférence. 

Selon le chef de la FSIN, Bobby Cameron, il s’agit d’un exemple d’avoir deux poids, deux mesures. 

Si j’avais tué une femme non autochtone en 1995, ma peine aurait été maximale et je serais toujours en prison. Je ne serais pas autorisé à avoir une carrière ou à être célébré comme un poète, artiste ou auteur.

Une citation de Bobby Cameron, chef de la FSIN

L’Association des professeurs de l’Université de Regina a voté à l’unanimité, le 19 décembre dernier, pour que la conférence soit annulée ou, du moins, reportée.

Il n’y a pas assez de temps pour s’assurer que cette conférence puisse se dérouler dans un contexte de réconciliation, a déclaré une enseignante, Claire Carter. L’Université doit répondre aux préoccupations des professeurs et des étudiants autochtones, a-t-elle ajouté.

Deux autres professeurs, Emily Eaton et Jeff Loucks, ont tous deux démissionné du comité de sélection de la conférence en raison de la réponse de l’Université à leurs inquiétudes.

Avec les informations de Bonnie Allen

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