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Algérie : plusieurs militants du mouvement de contestation libérés

Des manifestants marchent à côté de policiers.

Des manifestants protestent dans les rues d'Alger contre la classe dirigeante.

Photo : Getty Images / AFP

Agence France-Presse

De nombreux militants du mouvement de contestation en Algérie ont été remis en liberté provisoire jeudi, dont l'une de ses figures, Lakhdar Bouregaâ, un vétéran très respecté de la Guerre d'indépendance.

Devenu le symbole de la répression de la contestation en Algérie, Lakhdar Bouregaâ, 86 ans, a été remis en liberté jeudi après six mois de détention provisoire, a annoncé un de ses avocats à l'Agence France-Presse (AFP).

Son procès, qui devait s'ouvrir [jeudi] matin, a été reporté, et le juge a décidé de le libérer, a expliqué Me Abdelghani Badi.

Lakhdar Bouregaâ.

Le vétéran de la Guerre d'indépendance Lakhdar Bouregaa à Alger le 15 novembre 2015.

Photo : afp via getty images / RYAD KRAMDI

Il a précisé que M. Bouregaâ – qui a été opéré d'urgence pour une hernie durant sa détention, en novembre – comparaîtrait libre lors de son procès, renvoyé au 12 mars.

L'accusation de participation à une entreprise de démoralisation de l'armée – un crime passible de 5 à 10 ans de prison – a été abandonnée, et M. Bouregaâ n'est plus prévenu que d'outrage à corps constitué, seulement passible d'une amende, selon l'agence de presse officielle Algérie Presse Service (APS).

Lakhdar Bouregaâ avait été arrêté après avoir sévèrement critiqué le puissant chef d'état-major de l'armée de l'époque, le général Ahmed Gaïd Salah.

Son portrait était depuis brandi dans les cortèges. Il était le symbole de tous les détenus politiques et d'opinion incarcérés depuis juin relativement au Hirak.

Au moins 15 autres libérations

Au moins une quinzaine d'autres militants du mouvement de contestation Hirak ont été libérés, a indiqué à l'AFP Kaci Tansaout, président du Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Le nombre total de libérations n'est pas encore connu. Le CNLD recensait jeudi matin environ 140 personnes emprisonnées – en attente de jugement ou condamnées – partout au pays, en très grande majorité à Alger.

Selon le président du Comité national pour la libération des détenus, le pouvoir pourrait libérer l'essentiel des détenus du Hirak afin de calmer cette contestation qui agite l'Algérie depuis le 22 février. La plupart des poursuites contre ceux remis en liberté provisoire sont toutefois maintenues.

Des manifestants marchent en tenant une banderole qui arbore le portrait de Lakhdar Bouregaâ.

Lakhdar Bouregaâ était le symbole de tous les détenus politiques et d'opinion en Algérie. Les contestataires du régime ont brandi son portrait lors de manifestations, comme celle du 5 juillet 2019.

Photo : afp via getty images / RYAD KRAMDI

Le nouveau président Abdelmadjid Tebboune, élu le 12 décembre lors d'une présidentielle imposée par l'armée et boycottée par la contestation, a proposé un dialogue au Hirak.

Quelque 180 manifestants, militants ou journalistes ont été depuis placés en détention provisoire, essentiellement pour avoir brandi des drapeaux berbères ou pour avoir fait des publications sur les réseaux sociaux. Certains ont été condamnés.

Quelques-uns ont été acquittés, parfois après quelques mois de détention préventive. Une trentaine d'autres, condamnés pour « atteinte à l'intégrité du territoire », ont été successivement libérés ces derniers jours après avoir intégralement purgé leur peine de six mois de prison ferme.

Environ 140 personnes restent incarcérés, condamnées ou en attente de jugement.

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