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Incendies en Australie : des villes entières évacuées avant un nouveau pic de chaleur

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Un pompier dans une forêt en feu.

Des équipes surveillent les incendies et commencent les contre-brûlages entre les villes d'Orbost et de Lakes Entrance.

Photo : Getty Images / Darrian Traynor

Agence France-Presse

Des milliers de touristes et résidents ont 48 heures pour quitter les zones touristiques situées sur la côte sud-est de l'Australie avant l'arrivée d'un nouveau pic de chaleur, samedi, qui favorisera la progression des immenses incendies ravageant le pays depuis plusieurs semaines.

Ces feux hors de contrôle ont provoqué la mort d'au moins 8 personnes en 48 heures et ont réduit en cendres des centaines d'hectares de forêts au premier jour de l'année. De nombreux touristes sont pris au piège dans des villes côtières cernées par les flammes.

La première ministre de la Nouvelle-Galles-du-Sud, Gladys Berejiklian, a déclaré jeudi un état d'urgence de sept jours qui autorise les évacuations forcées à compter de vendredi.

Nous voulons nous assurer que toutes les mesures nécessaires sont prises pour nous préparer à ce qui pourrait être un horrible samedi.

Gladys Berejiklian, première ministre de la Nouvelle-Galles-du-Sud

Le service des pompiers de cet État a demandé jeudi matin aux touristes de quitter une zone littorale de 300 kilomètres de long allant de la ville de Nowra (située à 160 kilomètres au sud de Sydney) jusqu'à l'État de Victoria.

Un pompier seul dans une forêt en feu.

Les pompiers tentent de maîtriser les incendies en Nouvelle-Galles-du-Sud le 1er janvier qui ont fait au moins huit morts en 48 heures.

Photo : Getty Images / AFP/ Peter Parks PETER PARKS

Les résidents et vacanciers se trouvant dans deux zones situées à l'intérieur des terres – notamment dans la région touristique Snowy Mountains, entre Canberra et Sydney – ont aussi été incités à partir.

Les visiteurs doivent partir avant samedi, journée noire attendue sur le front des incendies avec des rafales soutenues et des températures supérieures à 40 °C. De telles conditions sont idéales pour attiser les innombrables incendies en cours.

Au moins 18 morts

La journée pourrait même être pire que celle de mardi, la plus meurtrière depuis le début de la saison des feux, qui a débuté en septembre et fait au moins 18 morts.

De nombreux touristes ont passé deux nuits isolés dans des zones privées d'électricité et de communications, avec de maigres réserves de nourriture. Les autorités ont toutefois réussi à sécuriser quelques routes pour leur permettre de quitter les lieux.

Bouchon de voitures sur une route enfumée.

Des touristes et résidents commencent à évacuer la ville de Batemans Bay, en Nouvelle-Galles-du-Sud, vers le nord de l'État, le jeudi 2 janvier.

Photo : Getty Images / AFP/ Peter Parks

L'évacuation de la zone interdite aux touristes sera la plus importante jamais réalisée dans la région, a souligné le ministre des Transports de la Nouvelle-Galles-du-Sud, Andrew Constance, sur la chaîne ABC.

Des milliers de personnes ont commencé à fuir la zone concernée, et une longue file de voitures s'étendait jeudi le long de l'autoroute menant vers Sydney.

Le directeur adjoint du service des pompiers de l'État, Rob Rogers, a ajouté que les soldats du feu étaient incapables d'éteindre ou même de maîtriser les incendies en cours.

Il y a tellement de feux dans cette zone que nous ne sommes pas en capacité de les contenir. On doit juste s'assurer qu'il n'y a plus personne sur leur chemin.

Rob Rogers

John Steele, 73 ans, qui vit près de Merimbula, sur la côte sud, a raconté à l'Agence France-Presse (AFP) que certains paniquaient en raison des appels à évacuer. Il y a tellement de fausses informations sur Facebook et Internet, dit-il.

M. Steele, qui reste pour le moment sur place avec sa conjointe, a décrit la situation dans la région comme chaotique au cours des derniers jours alors que les réserves de produits frais et d'essence sont presque épuisées.

Nous sommes heureux de voir chaque personne quitter la ville, a-t-il souligné, affirmant rester prudent et avoir bouclé ses valises.

Les autorités n'ont pas encore pu entrer en contact avec tous les résidents des régions rurales les plus isolées.

Cinq personnes toujours recherchées

L'inquiétude est grande également au sujet de cinq personnes toujours portées disparues. Plus de 400 maisons ont été détruites ces derniers jours, un nombre qui devrait s'accroître au fur et à mesure que les pompiers atteignent les hameaux les plus retirés.

Des navires et avions militaires ont été déployés, ainsi que des personnels d'urgence, pour convoyer de l'aide humanitaire et évaluer les dégâts dans les régions les plus isolées.

Un hélicoptère jette de l'eau sur un feu de forêt.

Un hélicoptère tente d'éteindre un feu de forêt à l'extérieur de Batemans Bay, en Nouvelle-Galles-du-Sud.

Photo : AFP / AFP /Peter Parks

Un navire de la marine est arrivé jeudi matin dans la cité balnéaire de Mallacoota, où des personnes se sont, pendant des heures, réfugiées sur la plage pour échapper aux flammes qui ont atteint la ville. Il devrait commencer à les évacuer, a indiqué un porte-parole des forces de défense.

Aujourd'hui, les choses devraient commencer à bouger pour les touristes de Mallacoota et les résidents qui ne souhaitent pas rester là-bas. Compte tenu du nombre de personnes [...], cela prendra des jours, si ce n'est des semaines.

Un porte-parole des forces de défense

Outre les 18 personnes qui ont perdu la vie depuis le début de la saison des incendies, plus de 1300 maisons ont été réduites en cendres et 5,5 millions d'hectares sont partis en fumée, soit une zone plus vaste qu'un pays comme le Danemark ou les Pays-Bas.

Cette crise sans précédent a donné lieu à des manifestations pour demander au gouvernement de prendre immédiatement des mesures contre le réchauffement climatique, qui serait, selon des scientifiques, à l'origine de ces incendies plus précoces, plus longs et plus violents que jamais.

Le premier ministre Scott Morrison, qui a renouvelé son soutien à la lucrative mais très polluante industrie du charbon australienne, est très critiqué.

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