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Les membres de Premières Nations 7 fois plus à risque de surdose mortelle aux opioïdes

Un personne prépare une injection de drogue.

2020 a été l'année la plus meurtrière en Alberta depuis le début de la crise des opioïdes.

Photo : Ben Nelms/CBC

Sept fois plus de membres de Premières Nations que d’autres Albertains sont décédés d’une surdose d'opioïdes de janvier à juin 2020, selon un rapport du gouvernement de l’Alberta publié vendredi.

Durant les six premiers mois de 2020, 22 % des personnes décédées par surdose d'opioïdes étaient des membres de Premières Nations, alors que ces derniers ne représentent que 6 % de la population albertaine. Cette proportion est en hausse constante depuis 2016, à raison de 16 % par année, en moyenne.

La proportion des décès chez les Premières Nations a été particulièrement importante lors des six premiers mois de 2020. L’an dernier, l’Alberta a d’ailleurs franchi le triste record du plus grand nombre de décès par surdose d’opioïdes avec la mort de 1128 personnes.

Qui est plus susceptible de faire une surdose?

La proportion de femmes qui meurent de surdose est plus élevée chez les personnes issues d’une Première Nation que dans le reste de la population.

Les personnes de 25 à 29 ans forment le groupe d’âge le plus touché chez les Premières Nations, alors que ce sont plutôt les personnes de 35 à 39 ans qui le sont dans le reste de la population.

En ce qui concerne le lieu où surviennent les surdoses, la répartition régionale est similaire, que la victime soit issue d’une Première Nation ou non.

Calgary est l’endroit où le plus de surdoses surviennent. La métropole albertaine est le lieu de 33 % des surdoses mortelles de personnes issues d’une Première Nation, contre 36 % pour le reste de la population.

Edmonton arrive en deuxième place avec 31 % des surdoses mortelles chez les Premières Nations, contre 32 % du reste de la population.

La seule grande différence est à Lethbridge, où 14 % des surdoses de personnes issues de Premières Nations sont survenues de janvier à juin 2020, alors que seulement 3 % des autres surdoses mortelles y ont eu lieu.

Plus d’utilisation du système de santé

Les membres des Premières Nations ont eu deux fois plus recours au service de distribution d'opioïdes dans les pharmacies communautaires du 1er janvier 2016 au 30 juin 2020 que la population générale. Les femmes sont aussi plus susceptibles de se prévaloir de ce service, qu’elles soient issues ou non d’une Première Nation.

Plus de personnes issues d’une Première Nation sont hospitalisées en raison d’une surdose que dans le reste de la population.

Manque de ressources et traumatisme

Pour Lori Vrebosch, membre de l’organisme Moms Stop the Harm, deux raisons expliquent la surreprésentation des membres des Premières Nations dans les victimes de surdoses en Alberta : le manque de ressources pour la réhabilitation et un grave traumatisme intergénérationnel chez les peuples autochtones.

L’absence d'infrastructures et de programmes accessibles au quotidien contribue aux rechutes, selon elle. Ils peuvent aller en cure de désintoxication, mais si, une fois qu'ils retournent dans la communauté, il n’y a pas les structures en place pour soutenir leur rétablissement, ils rechutent presque immédiatement, commente la résidente de la Première Nation Piikani.

De plus, les découvertes comme celle des restes d’enfants à Kamloops font remonter à la surface des traumatismes présents chez beaucoup d’Autochtones, ajoute-t-elle. Nous allons voir une augmentation du nombre de personnes qui consomment des drogues pour essayer de soulager leur douleur et survivre à leur journée.

Un choix politique

Le rapport sur les surdoses chez les membres de Premières Nations a été publié en catimini vendredi soir, dénonce la néo-démocrate Lori Sigurdson, porte-parole de l’opposition en matière de santé mentale et de dépendances. Elle demande au gouvernement plus d’investissements pour des centres de consommation supervisée.

Pour le gouvernement conservateur, le plan du NPD serait l’équivalent d’inonder les communautés des Premières Nations de stupéfiants de type OxyContin financés par les contribuables, a déclaré Justin Marshall, attaché de presse pour le ministre associé délégué à la Santé mentale et aux Dépendances.

Avec des informations de Janet French

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