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Trump menace l'Iran après la prise d'assaut de l'ambassade américaine à Bagdad

Des photographies du président américain Donald Trump et du vice-président Mike Pence sont accrochées à un mur à l'intérieur du bureau de la sécurité à l'entrée du bâtiment de l'ambassade américaine, à Bagdad.

Photo : AFP/Getty Images / AHMAD AL-RUBAYE

Agence France-Presse

Donald Trump a menacé mardi de faire payer le « prix fort » à Téhéran après l'attaque de l'ambassade des États-Unis à Bagdad par des milliers de manifestants pro-Iran au cri de « mort à l'Amérique ».

L'Iran sera tenu pleinement responsable des vies perdues ou des dégâts occasionnés dans nos installations. Ils paieront LE PRIX FORT! a prévenu le président des États-Unis dans un tweet. Ceci n'est pas une mise en garde, c'est une menace, a ajouté M. Trump.

Il a toutefois dit ne pas s'attendre à une guerre entre les États-Unis et l'Iran. Je ne vois pas cela se produire, a répondu M. Trump à un journaliste qui l'interrogeait sur cette possibilité.

Le secrétaire à la Défense Mark Esper a annoncé que quelque 750 soldats américains supplémentaires allaient être déployés immédiatement au Moyen-Orient en réponse aux événements récents en Irak.

Et le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a déclaré que l'attaque lancée mardi contre l'ambassade des États-Unis était l'oeuvre de terroristes.

L'attaque d'aujourd'hui a été orchestrée par des terroristes – Abu Mahdi al-Muhandis et Qaïs al-Khazali – et soutenue par des alliés de l'Iran, Hadi al-Amari et Faleh al-Fayyad, a tweeté le chef de la diplomatie américaine.

Tous ont été pris en photo devant notre ambassade, a-t-il écrit en joignant trois photographies.

Pour sa part, Téhéran a dénoncé la surprenante audace de Washington. L'Irak – allié des deux capitales ennemies – a été une nouvelle fois le théâtre de leur bras de fer, qui peut désormais entraîner une escalade allant jusqu'à la confrontation militaire.

Un homme brûle une effigie américaine.

Des manifestants devant l'ambassade américaine en Irak, le 31 décembre 2019

Photo : Reuters / Wissm Al-Okili

Le fil des événements

Vendredi soir, d'énièmes tirs de roquettes tuaient un sous-traitant américain en Irak. Dimanche soir, les avions américains répliquaient en bombardant les bases des Brigades du Hezbollah, une faction pro-Iran en Irak qu'ils accusent d'être derrière ces tirs de roquettes, tuant 25 combattants et suscitant une indignation générale jusqu'au plus haut niveau de l'État irakien.

Mardi matin, c'est le cortège funéraire de ces 25 morts qui a convergé vers l'ambassade américaine à Bagdad, avant que des milliers de ses participants ne s'en prennent au bâtiment avec des béliers de fortune, des barres de fer et autres cocktails Molotov.

Ces combattants et partisans du Hachd ont pénétré dans l'ultrasécurisée Zone verte de Bagdad, où se trouvent l'ambassade américaine et les institutions irakiennes, sans être stoppés par les forces irakiennes postées aux entrées.

Ils ont ensuite investi le vestibule où la sécurité de l'ambassade filtre les visiteurs, brûlé des installations de sécurité à l'extérieur, arraché les caméras de surveillance, jeté des pierres sur les tourelles de ses gardes et couvert les vitres blindées avec des drapeaux du Hachd et des brigades du Hezbollah, selon des correspondants de l'AFP.

Depuis l'intérieur de l'ambassade, les forces américaines ont brièvement tiré en l'air à balles réelles avant d'utiliser des grenades lacrymogènes et assourdissantes pour disperser les manifestants. Le Hachd a fait état de 62 blessés.

Tout cela, en dépit des tentatives des forces irakiennes de les en empêcher.

Des milliers de manifestants se sont présentés devant l'ambassade américaine à Bagdad, mardi.

Des milliers de manifestants se sont présentés devant l'ambassade américaine à Bagdad, mardi.

Photo : AFP/Getty Images / AHMAD AL-RUBAYE

Tension exacerbée

L'ambassadeur américain, en voyage privé hors d'Irak, était en train mardi de regagner la chancellerie, a assuré Washington.

Deux heures après le début de l'attaque, le premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi a appelé les manifestants à se retirer.

Tandis que deux hélicoptères américains survolaient la zone, les forces spéciales irakiennes se sont déployées aux abords de l'ambassade, faisant refluer les manifestants.

Mais des centaines d'entre eux se sont installés sous des tentes devant le complexe pour y passer la nuit, certains commençant à préparer un dîner pour les participants au rassemblement.

Non à l'Amérique, Fermé sur ordre des brigades de la résistance, ont écrit sur un mur de la chancellerie les manifestants. On pouvait aussi lire Soleimani est mon chef, en référence au puissant général iranien Qassem Soleimani qui déjà préside aux négociations pour former le futur gouvernement en Irak.

Sur Twitter, un responsable du Hachd a fait un parallèle entre l'attaque contre l'ambassade à Bagdad et la prise d'otages à l'ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979, qui reste un traumatisme pour les Américains.

Les plus hauts dirigeants du Hachd – des officiels de l'État irakien qui interagissent avec les officiels américains – étaient présents dans le cortège funéraire. Cela en dit long sur l'échec de la politique des États-Unis et la nature de l'État irakien qu'ils ont aidé à créer, estime Fanar Haddad, spécialiste de l'Irak.

Sentiment anti-américain

Depuis les raids, le sentiment anti-américain n'a cessé d'être exacerbé par les pro-Iran en Irak.

Le pays est déjà secoué depuis le 1er octobre par une révolte populaire qui dénonce le pouvoir irakien, accusé de corruption et d'incompétence, de même que l'influence du voisin iranien. Le département d'État américain a d'ailleurs appelé à ne pas confondre les manifestants pro-Iran qui ont pris d'assaut l'ambassade et la contestation contre la corruption exportée en Irak par le régime iranien.

Ces deux derniers jours, plus d'une centaine de députés ont signé un appel à inscrire l'éviction des troupes étrangères d'Irak à l'ordre du jour du parlement.

Les factions armées et politiques pro-Iran mènent une campagne pour dénoncer l'accord de coopération américano-irakien qui encadre la présence de 5200 soldats américains en Irak.

Les Américains, qui ont envahi l'Irak en 2003 et renversé le dictateur Saddam Hussein, se sont retirés en 2011. Mais des troupes sont revenues en 2014 dans le cadre d'une coalition contre le groupe djihadiste État islamique (EI).

Outre les troupes américaines, le Hachd a aidé le pouvoir irakien dans le combat anti-EI. Mais aujourd'hui, cette coalition paramilitaire est considérée, selon des sources américaines, comme une menace plus sérieuse pour les Américains que le groupe djihadiste.

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