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Un hôpital tente de briser la barrière du genre

Parmi les 333 neurochirurgiens praticiens que compte le Canada, seulement 36 sont des femmes.

Cinq résidentes en chirurgie sont assises, habillées de leur blouse de médecin.

L'Hôpital St. Michael's compte actuellement sept femmes résidentes qui se spécialisent en neurochirurgie.

Photo : Radio-Canada / (Richard Agecoutay / CBC News)

Radio-Canada

Le Canada compte plus de 330 neurochirurgiens praticiens. À peine 11 % d'entre eux sont des femmes, selon l'Association médicale canadienne. Un hôpital de Toronto tente de changer la donne en intégrant plus de femmes dans son programme de résidence en neurochirurgie.

À l’Hôpital St. Michael’s de Toronto, il était habituel de voir une seule résidente en neurochirurgie par an. Mais cette année, il y en a sept.

Le chef du service de neurochirurgie de l’Hôpital, le Dr Michael Cusimano, explique qu'il avait cette inégalité des sexes en tête lorsqu'est venu le temps d’accepter des résidents dans son service pour cette année.

Le talent a toujours été là, mais nous n’avons pas fait de place pour cela.

Dr Michael Cusimano, Hôpital St. Michael's
Le Dr Michael Cusimano en entrevue dans une salle d'opération.

Le Dr Michael Cusimano de l'Hôpital St. Michael's incite davantage de femmes à se lancer dans le domaine de la neurochirurgie dans le but de diversifier les salles d'opération au pays.

Photo : Radio-Canada / (Richard Agecoutay / CBC News)

La société a pris du retard pour attirer des femmes dans la spécialité, les faire progresser et faire en sorte qu'elles occupent des postes de direction, estime-t-il.

La directrice médicale de l’Institut Krembil Brain de Toronto, la Dre Gelareh Zadeh, se souvient d'avoir été la seule femme de la classe lors de ses études en neurochirurgie.

Elle raconte qu'elle a toujours pensé qu'un jour cela changerait.

Quand j’allais à des conférences, sur les centaines de personnes dans la salle, il y avait trois femmes. Aujourd’hui, à l’aube de 2020, il y en a peut-être six.

Dre Gelareh Zadeh
Photo officielle de la Dre Gelareh Zadeh.

La Dre Gelareh Zadeh est neurochirurgienne et directrice médicale du Krembil Brain Institute de Toronto, un rôle qu'elle dit avoir obtenu non seulement grâce à son travail acharné, mais aussi parce que son hôpital a fait de la place aux femmes qui dirigent.

Photo : (Soumis par Gelareh Zadeh)

Selon elle, si les salles d’opération sont en retard en matière de diversité, c’est parce que les hommes qui sont au sommet ne font pas aux femmes la place nécessaire.

Plus de femmes dans les salles d’opération

La vie d’un résident en chirurgie est souvent faite de gardes de nuit, d’opérations complexes et de longues heures de concentration où la vie d’un patient est entre ses mains.

C’est cette acuité qui m’a fait choisir la neurochirurgie, explique la résidente Han Yan.

Pour elle, nul doute qu’il y aura plus d’équilibre entre les hommes et les femmes dans cette spécialité quand les portes des salles d’opération s’ouvriront davantage à elles.

Je me souviens quand j’étais étudiante en médecine, il y avait un résident qui racontait qu’il avait développé une excellente relation avec son mentor, qu’ils allaient voir des matchs de hockey ensemble et prendre des bières après le travail. Et je me souviens d’avoir pensé alors : est-ce que moi aussi j’aurai cette chance?

Dre Han Yan, résidente
La Dre Han Yan en entrevue.

La résidente Han Yan se demandait initialement quelle place elle aurait parmi ses collègues masculins. Elle se dit aujourd'hui enthousiaste de participer à un programme de résidence qui compte plus de femmes que les années précédentes.

Photo : Radio-Canada / (Mark Bochsler / CBC News)

Maintenant qu’elle en est à sa troisième année de résidence et qu’elle travaille aux côtés de six autres femmes, la Dre Yan se dit encouragée.

Le fait de pouvoir voir un plus grand nombre de femmes qui deviendront un jour membres du personnel et avec qui je peux développer une relation étroite, c’est très précieux, dit-elle.

Équilibre travail-famille

De son côté, la résidente en sixième année Teresa Purnez raconte qu’il y a dix ans, elle était souvent la seule femme. Elle est mariée à un neurochirurgien, et connaissait l’exigence du travail avant de s’y engager.

J’ai tout essayé au niveau des spécialités chirurgicales, en espérant qu’autre chose me plaise, mais je n’ai rien trouvé que j’aimais autant, alors j’y suis allée, raconte-t-elle.

La Dre Purnez estime que le fait d’être désormais entourée de femmes l’a aidée à établir un équilibre entre sa vie privée et professionnelle.

La Dre Teresa Purzner en entrevue.

La Dre Teresa Purzner tente de trouver l'équilibre entre vie de famille et professionnelle.

Photo : Radio-Canada / (Mark Bochsler / CBC News)

Il y a certainement des défis uniques à être une mère. Il est donc agréable d’avoir des femmes autour de soi pour en parler, parfois pour des questions pragmatiques, comme trouver une nounou qui travaille de longues heures pendant qu’on opère, dit-elle en riant.

De son côté, la Dre Zadeh continue d’opérer toute la journée, même enceinte de sept mois et demi.

Je ne suis pas sûre qu’un équilibre entre vie professionnelle et privée soit vraiment quelque chose de réalisable, pense pour sa part Nardin Samuel, résidente de deuxième année. Elle a récemment donné naissance à un fils.

Elle reconnaît que c’est parfois difficile de laisser de longues heures son petit garçon à une gardienne, mais estime aussi que son métier est gratifiant et se dit heureuse de faire chaque jour ce qu’elle aime.

La Dre Nardin Samuel en entrevue.

La Dre Nardin Samuel a donné naissance récemment.

Photo : Radio-Canada / (Mark Bochsler / CBC News)

Pour ces chirurgiennes, il ne fait aucun doute que plus il y aura de femmes dans leur spécialité, plus l’expérience des suivantes s’améliorera.

La Dre Purzner a un message pour les futures étudiantes en médecine. Il peut y avoir des défis spécifiques pour les femmes, dit-elle, mais sachez qu’il y a des neurochirurgiennes qui sont là pour vous frayer un chemin.

Avec les informations de CBC News

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