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Quand la réalité virtuelle permet de réaliser ses rêves en fin de vie

Darrell Johnson, un patient de l'Hospice, porte un casque de réalité virtuelle.

Darrell Johnson a pu tester un casque de réalité virtuelle à l'Hospice Cornwall, dans l'est ontarien.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un nombre croissant de maisons de soins palliatifs acquiert des casques de réalité virtuelle en complément à la thérapie pour leurs patients. Depuis que l'Hospice Cornwall, dans l'Est de l'Ontario, en a fait l'acquisition au début du mois de décembre, quinze personnes en ont bénéficié.

En novembre dernier, Darrell Johnson a reçu un diagnostic de glioblastome, une tumeur du cerveau mortelle qui a déjà fauché Paul Dewar, l'ancien député néo-démocrate d'Ottawa-Centre, et Gord Downie, le chanteur des Tragically Hip.

M. Johnson, âgé de 59 ans, est père de deux adolescents. Il a subi une intervention chirurgicale, puis a fait de la chimiothérapie et de la radiothérapie pour traiter cette forme très agressive de cancer.

Avec 14 mois à vivre et un récent accident vasculaire cérébral (AVC), il a été transféré à l'Hospice Cornwall il y a près de 3 mois. Il ne peut plus marcher et, même s'il comprend la majorité des questions qui lui sont posées, il ne peut répondre que par un bref oui.

Cependant, ses yeux s'agrandissent lorsqu'on lui demande s'il a envie de partir à l'aventure, en utilisant l'un des casques de réalité virtuelle de l'Hospice.

Ça les aide à compléter leur bucket list

La coordonnatrice des services de soutien à l'Hospice Cornwall, Shannon Ball, a indiqué que les employés avaient lancé une campagne de financement pour couvrir les 5300 $ nécessaires pour l'acquisition de cette technologie.

La réalité virtuelle aide les patients à compléter leur bucket list [une liste personnelle de choses à accomplir, NDLR], indique Mme Ball. Ça leur donne de l'espoir en plus de réduire l'ennui et la dépression. Et une étude a montré que ça pouvait aussi réduire la douleur physique.

Shannon Ball pose devant un sapin de Noël.

Shannon Ball est coordonnatrice des services de soutien à l'Hospice Cornwall.

Photo : Jean Delisle/CBC

Pour les patients aux soins palliatifs, il vaut mieux en limiter l'usage à 15 minutes par jour, selon Shannon Ball, puisque l'utilisation prolongée peut causer des étourdissements et des raideurs dans le cou.

Un peu d'action dans sa vie

Avant son cancer, Darrell Johnson menait une vie bien remplie. Il a décroché un doctorat en psychologie et a pratiqué ce métier dans un hôpital montréalais. En dehors du travail, il a participé deux fois au marathon de Boston et s'adonnait régulièrement à la randonnée en montagne ou en canoë dans le parc Algonquin.

Darrell Johnson pose avec une pagaie devant un lac.

Darrell Johnson dans le parc Algonquin, en Ontario, en 2008.

Photo : Courtoisie

Quand l'équipe de CBC lui a rendu visite, le père de famille a choisi de regarder un immense ciel norvégien peint de bleu et de vert, les couleurs des aurores boréales.

Alors qu'il regarde la vidéo dans le casque noir qui ressemble étrangement à un masque de plongée, sa tête tourne de gauche à droite puis scrute la pièce de haut en bas. Il va même jusqu'à tendre la main pour toucher ce spectacle coloré, mais virtuel.

Son fils de 18 ans, Seth, estime que cette technologie permet à son père de s'échapper de la réalité. En ce moment, il est complètement isolé dans sa chambre. Mais le casque de réalité virtuelle ajoute de l'action dans sa vie, dit-il.

Quand les images d'aurores boréales sont terminées, Mme Ball télécharge une vidéo de parcours en kayak dans le parc Algonquin. Pendant qu'il regarde le tout, M. Johnson lève sa main, imitant l'ondulation de l'eau. Plusieurs fois, il tapote sa poitrine avec sa main ouverte, un geste que son fils interprète comme un signe d'appréciation.

Grâce à cette technologie, une femme en fauteuil roulant a pu monter à cheval pour la première fois, rapporte Mme Ball.

Elle était sur la selle en train de le chevaucher et elle pouvait voir d'autres chevaux en avant d'elle, explique la coordonnatrice. C'est vraiment réjouissant de voir les gens sourire autant.

Les employés de l'Hospice souhaitent maintenant utiliser la réalité virtuelle pour filmer des événements familiaux auxquels les patients ne peuvent pas assister.

C'est mieux que des photos, parce que la personne sentira qu'elle est vraiment au mariage, conclut Mme Ball.

D'après les informations de Laurie Fagan de CBC

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