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Américain tué en Irak : les représailles font 19 morts

Des soldats devant un hélicoptère

Des soldats américains dans la région de Kirkouk (archives)

Photo : afp via getty images / MARWAN IBRAHIM

Agence France-Presse

Les États-Unis ont bombardé dimanche soir des bases d'une faction armée pro-Iran en Irak, tuant 19 combattants. Ces frappes interviennent deux jours après la mort d’un Américain dans une attaque à la roquette en Irak.

Au moins 19 combattants de la coalition paramilitaire Hachd al-Chaabi ont été tués dans ces frappes, a expliqué à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, un responsable au sein du Hachd.

Le secrétaire américain à la Défense a déclaré que ces frappes avaient été un succès et n'a pas exclu d'autres actions si nécessaire.

Nous mènerons des actions supplémentaires si nécessaire afin d'agir pour notre autodéfense et pour dissuader des milices ou l'Iran.

Mark Esper, secrétaire américain à la Défense

Ces raids qui ont été menées dans l'ouest de la province désertique d'al-Anbar, qui va de Bagdad à la frontière syrienne, visaient à affaiblir les capacités des brigades du Hezbollah à mener de futures attaques, a assuré le porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman.

Ce dernier a accusé le mouvement pro-iranien d'avoir lancé vendredi plus de 30 roquettes contre la base militaire irakienne de Kirkouk, tuant un sous-traitant américain et blessant quatre militaires américains et deux soldats irakiens.

Tandis que ces raids aériens américains provoquaient l'indignation générale en Irak, et ce, jusqu'au plus haut niveau de l'État, quatre roquettes se sont abattues aux abords d'une base abritant des soldats américains près de Bagdad, mais sans faire de victime, a indiqué un responsable des services de sécurité.

Escalade des tirs

Depuis deux mois, les tirs de roquettes se multiplient contre les intérêts américains en Irak. Onze attaques ont visé des bases militaires irakiennes où sont postés des soldats ou des diplomates américains depuis le 28 octobre.

Mais l’attaque de vendredi soir a marqué un tournant. Non seulement elle a tué un sous-traitant américain, mais pour la première fois, 36 roquettes se sont abattues sur une seule et même base où sont postés des soldats, rapporte une source américaine.

Les tirs ont visé précisément la zone où se trouvent les Américains, près de la salle de réunion, au moment même où de hauts commandants de la police irakienne et de la coalition internationale antijihadistes auraient dû s'y retrouver, a indiqué un responsable irakien à l'AFP.

Les attaques contre des intérêts américains ou des bases de factions pro-Iran font redouter ce que craignent les dirigeants irakiens depuis des mois : que leurs deux alliés, américain et iranien, utilisent leur sol comme un champ de bataille.

Aujourd'hui toutefois, le rapport de force a changé dans le pays, où sont toujours stationnés 5200 soldats américains. L'Iran a renforcé son influence chez son voisin, au détriment de Washington.

Depuis la démission du gouvernement irakien il y a près d'un mois en raison de manifestations massives, la République islamique et ses alliés en Irak poussent pour placer un de leurs hommes au poste de premier ministre. Face à l'intransigeance iranienne, le président Barham Saleh menace lui aussi de démissionner.

Un manifestant brandit un drapeau devant un immense incendie.

Un manifestant irakien brandit le drapeau portant le logo du Hezbollah irakien, lors d'une manifestation contre la corruption de l'État, en octobre 2019.

Photo : Getty Images / AFP / Ahmad Al-Rubaye

L'instabilité politique a été déclenchée par la pire crise sociale que connaît le deuxième producteur de pétrole de l'OPEP, avec près de 460 morts et 25 000 blessés.

Les manifestants conspuent les autorités irakiennes et leur parrain, l'Iran. Ils paralysent toujours les administrations et les écoles dans la quasi-totalité des villes du sud. Depuis samedi, les manifestants sont même parvenus à interrompre pour la première fois depuis trois mois la production de 82 000 barils par jour d'un champ de pétrole du sud du pays.

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