•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La bibliothèque de Moncton lutte contre la précarité menstruelle

Chantale Bellemare tient un panier de produits menstruels.

La distribution gratuite de serviettes hygiéniques et de tampons n’est pas un traitement de faveur pour les femmes, mais un progrès en matière d’égalité des sexes, selon la directrice de la bibliothèque de Moncton, Chantale Bellemare.

Photo : Radio-Canada / Francis Pilon

Francis Pilon

La bibliothèque publique de Moncton fournit gratuitement, depuis le début du mois de décembre, des produits d'hygiène menstruelle à ses visiteurs. La directrice de l’établissement souhaite ainsi lutter contre ce qu’elle qualifie de précarité menstruelle.

La distribution gratuite de serviettes hygiéniques et de tampons n’est pas un traitement de faveur pour les femmes, mais un progrès en matière d’égalité des sexes, selon la directrice de la bibliothèque de Moncton, Chantale Bellemare.

Entrée de la bibliothèque de Moncton

La bibliothèque publique de Moncton fournit gratuitement, depuis le début du mois de décembre, des produits d'hygiène menstruelle à ses visiteurs.

Photo : Radio-Canada

Selon elle, cette initiative vise aussi à contrer la précarité menstruelle puisque l’accès aux produits hygiéniques est toujours trop dispendieux pour certaines femmes. 

C'est un problème qui est souvent invisible. Si on offre les produits, c'est sûr que ça va répondre à un besoin

Chantale Bellemare, directrice de la bibliothèque publique de Moncton

Les produits menstruels sont désormais offerts dans les salles de bain de l’établissement, tout comme le papier hygiénique ou le savon à main. Un projet devenu possible grâce à une bourse de 4000 dollars transmise par le Mouvement Desjardins le mois dernier. 

Produits menstruels à l'intérieur d'une des salles de bain.

Les produits menstruels sont désormais offerts dans les salles de bain de la bibliothèque publique de Moncton.

Photo : Radio-Canada

On s'est dit que c'est une tendance. C'est un sujet dont il est question dans plusieurs villes présentement. On a vu d'autres bibliothèques le faire. Donc on s'est dit qu’on pourrait essayer nous aussi, affirme Mme Bellemare.

Une fois la bourse dépensée, Chantale Bellemare espère que d’autres fonds l’aideront à poursuivre ce projet. 

Le site de la campagne Canadian Menstruators (Nouvelle fenêtre) affirme que les Canadiennes menstruées, entre 12 et 49 ans, dépensent près de 520 millions de dollars en produits pour les règles. 

« Un gros problème »

Au Carrefour pour femmes de Moncton, on confirme que l’accès aux produits d’hygiène féminine est un enjeu de taille pour celles qui vivent dans la précarité. 

Mélissa Arsenault dans son bureau

Mélissa Arsenault, du Carrefour pour femmes de Moncton, confirme que l’accès aux produits d’hygiène féminine est un enjeu de taille.

Photo : Radio-Canada

Beaucoup de ces produits vont à la communauté itinérante. Mais si tu es juste sur la ligne de pauvreté, que les ressources sont toutes prises et que tu n’as pas l’argent pour en acheter toi-même, des places comme la bibliothèque, c’est le mieux.

Mélissa Arsenault, intervenante au Carrefour pour femmes

D’après Mélissa Arsenault, intervenante au Carrefour pour femmes, beaucoup de femmes sont trop gênées de demander pour des tampons ou des serviettes hygiéniques gratuits. 

Avec cette initiative, ce n'est pas juste gratuit, mais privé aussi. Elles peuvent aller aux salles de bain, prendre les produits et sortir de nouveau. C’est bon parce que beaucoup de personnes ne veulent pas demander de l'aide, souligne Mélissa Arsenault. 

Même son de cloche pour le Front commun pour la Justice sociale au Nouveau-Brunswick. L’organisme estime aussi que ce projet devrait être en place dans les régions. 

Jean-Claude Basque en entrevue à Moncton

Jean-Claude Basque, coordonnateur du Front commun pour la justice sociale, croit que le projet devrait aussi être en place dans les régions du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

C'est une initiative locale, mais ça devrait être beaucoup plus élargi. Les municipalités aussi devraient embarquer aussi dans ce mouvement là, propose le coordonnateur du Front commun pour la justice sociale, Jean-Claude Basque. 

En 2015, le Canada a aboli la « taxe tampon », c’est-à-dire la taxe sur les produits hygiéniques féminins.

Le gouvernement de Trudeau a songé, en mai dernier, à modifier le Code canadien du travail pour que les employeurs fournissent gratuitement des produits menstruels (Nouvelle fenêtre) à leurs employées. 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !