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Un siècle de musique au cœur de Gatineau

Une femme âgée regarde des photos disposées sur une table devant elle.

Muriel Grenier se produisait souvent au Standish Hall, un cabaret de jazz de Hull, dans les années 1940.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Gatinoise Muriel Grenier a eu 100 ans le 27 décembre. Si d’atteindre cet âge vénérable est un exploit en soi, le récit de la centenaire est d’autant plus fascinant du fait qu’elle était aux premières loges d’une époque où l’ancienne ville de Hull était un pôle du jazz en Amérique du Nord.

Ce ne sont pas que les proches de Muriel Grenier qui lui ont chanté quelque chose à l’occasion de son centième anniversaire. La fêtée a également entonné une composition de son propre cru, rappelant à ses invités qu’il fût un temps où elle enflammait les planches du plus prestigieux cabaret de jazz de la région.

C’est bien de partager des souvenirs comme ça, parce que quand une personne vit si longtemps, et vu que nous sommes plus jeunes, nous n’avons pas vécu ce qu’elle a vécu. Ses histoires sont incroyables, souligne Denise Julien, la nièce de Mme Grenier.

Muriel Grenier durant un spectacle sur scène durant les années 1940.

Muriel Grenier sur les planches du Standish Hall dans les années 1940.

Photo : Gracieuseté de la famille Grenier

L’histoire de Muriel Grenier et sa famille commence en réalité à des centaines de kilomètres de Gatineau, dans le nord de l’Ontario. Les grandes usines à papier qui bordaient la rivière des Outaouais ont attiré le clan Grenier vers la région.

On cherchait de l’ouvrage pour les garçons, comme ça mon père est déménagé à Gatineau pour que les garçons aient de l’ouvrage... Et moi!, se souvient la sœur de Muriel, Nancy, la plus jeune de 13 enfants.

Nancy Grenier en entrevue à la caméra lors d'une fête d'anniversaire.

Nancy Grenier est la plus jeune soeur de Muriel Grenier.

Photo : Radio-Canada

Mais Muriel Grenier, elle, ne gagnera pas sa vie dans les usines, mais sous les projecteurs. J’ai toujours été heureuse. J’ai travaillé à tellement d’endroits et je visais les meilleurs boulots, se remémore la centenaire.

Hull, ville de jazz

On parlait beaucoup de Hull comme du petit Chicago, où il se passait toute sorte de choses, comme la prostitution ou le jeu, relate le président de la Société d’histoire de l’Outaouais, Michel Prévost.

Mais au travers des vices qu’on associe à ce pan de l’histoire hulloise se trouvait également un établissement emblématique du jazz : le Standish Hall.

La façade du Standish Hall.

Le Standish Hall, à Hull.

Photo : Gracieuseté de la famille Grenier

Muriel et deux de ses sœurs — formant le groupe les Grenez Sisters — seront mises en contact avec le propriétaire des lieux, l’industriel J.P. Maloney.

Il a dit “that’s it” et comme ça, elles ont commencé à chanter là. Elles ont chanté pendant à peu près trois ans là, raconte Nancy Grenier.

Découpure de journal faisant la promotion du groupe les Grenez Sisters

Muriel Grenier (en bas à droite) sur une photo promotionnelle des Grenez sisters, le groupe dans lequel elle jouait avec ses soeurs.

Photo : Gracieuseté de la famille Grenier

Tout au long de son existence, le Standish Hall n’a pas manqué d’attirer son lot de légendes du jazz.

Ella Fitzgerald, Louis Armstrong... Ils ont tous passés au Standish.

Nancy Grenier, sœur de Muriel Grenier

J’étais pas mal jeune, mais je passais par le rideau d’en arrière pour voir le spectacle. Je n’avais pas le droit d’aller en dedans, mais on a vu des beaux spectacles, raconte Nancy Grenier.

Un incendie a détruit la salle de spectacle en 1951 — Louis Armstrong, qui y séjournait, a bien failli y laisser sa peau, relate M. Prévost — et elle sera reconstruite, mais le Standish Hall ne regagnera jamais son prestige d’antan, note le président de la Société d’histoire de l’Outaouais.

Une foule rassemblé dans un club de jazz dans les années 1940.

Le Standish Hall était très couru dans les années 1940.

Photo : Gracieuseté de la famille Grenier

L’institution sera finalement rasée en 1975. C’est l’hôtel Crown Plaza qui se dresse aujourd’hui à l’adresse où se tenait autrefois le Standish Hall.

M. Prévost déplore qu’il ne reste du Standish Hall que des souvenirs et quelques images. Les jeunes générations ont complètement oublié le Standish Hall, observe-t-il.

On a des gens âgés qui se souviennent du Standish Hall, alors ce serait très très important de colliger la mémoire de ces personnes-là, ajoute toutefois l’historien.

Avec les informations de Nicolas Haddad

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