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Alcoolisme et temps des fêtes : un mélange difficile

Un homme prend un verre d'alcool.

La période des fêtes est dangereuse pour les personnes alcooliques.

Photo : iStock

Zoé Clin

La période des fêtes, souvent synonyme d'excès, est difficile pour les personnes qui souffrent de dépendance à l'alcool. Des précautions simples peuvent cependant être prises afin de ne pas céder à la tentation.

Rester conscient de sa vulnérabilité. C’est le premier conseil qui vient à l’esprit de Lorraine, présidente du comité d'information publique du groupe Alcooliques anonymes de Regina (AA).

Elle incite également les personnes avec des problèmes d'alcoolisme de choisir un entourage compréhensif, de prévoir un endroit où s'isoler en cas de besoin et de toujours avoir des personnes de confiance à appeler.

Alcooliques anonymes:

L'organisation Alcooliques Anonymes est un mouvement international, inclusif, autofinancé et apolitique.

Créé en 1947, le groupe de Regina compte environ 100 membres et 105 groupes, comme des groupes pour les femmes, les hommes, les transgenres ou encore les agnostiques... Certains de ces groupes sont ouverts au public, d'autres requièrent de passer par une procédure d'accès.

À Regina, l'organisme tiendra des « Alcothon » les 31 et 1er janvier, au centre communautaire du nord-est de la ville. Des groupes de soutien auront lieu toutes les heures et des activités seront proposées aux familles pour les tenir loin de l'alcool.

Avoir un proche dans le déni

Lorraine conseille aux personnes dont un proche est alcoolique de ne pas aborder le problème frontalement, mais plutôt de lui montrer les avantages d'une vie sobre.

Il est important de faire savoir aux alcooliques qu'ils ne sont pas seuls, et qu'ils peuvent être aidés. Lorsque la personne semble prête, il est par exemple possible de lui proposer de l’accompagner au centre des AA de Regina, situé au 845 rue Broad.

Ça a l’air d’une longue démarche, mais ça vaut la peine pour voir quelqu’un s’en remettre.

Lorraine, présidente du comité d'information publique du groupe Alcooliques anonymes de Regina

Elle insiste notamment sur le sentiment de honte que génère l’alcoolisme. Les personnes qui en souffrent ont tendance à s’isoler, pour ne pas être jugées quant à leur comportement quand elles sont sous influence de l’alcool.

Pour elle, ce n’est pas la quantité d’alcool qu’un individu boit, qui en fait une personne alcoolique, mais plutôt la manière dont cela impacte sa vie. Je savais que quand je buvais, j’étais négligente, confie-t-elle. Elle raconte que, petit à petit, les personnes qui rejoignent les AA prennent la responsabilité de leurs actes.

Se soigner pour sauver ses enfants

Lorraine fêtera ses 30 ans de sobriété en octobre 2020. Mère célibataire, c’est pour offrir une meilleure vie à ses trois enfants qu’elle s’est engagée dans ce long processus de guérison.

À ce moment, je n’étais pas certaine d’être une alcoolique.

Lorraine, présidente du comité d'information publique du groupe Alcooliques anonymes de Regina

Quand je suis arrivée aux AA, j'étais si brisée, que je n'avais aucun respect de moi-même, et aucun respect des membres de ma famille aussi, témoigne-t-elle. Il était donc important pour moi de retrouver cette dignité. Elle a pour cela fait appel à toute l'aide qu'elle pouvait trouver.

Aujourd'hui, Lorraine est mariée, belle-mère de quatre enfants, et elle a suivi des cours universitaires. Une expérience qu'elle qualifie de très effrayante, tout en relevant avec fierté qu'elle a réussi à surpasser ses peurs.

Sur ses trois enfants, seul son fils a vu la guérison de Lorraine. Les deux autres ne sont plus en contact avec elle, mais elle garde espoir de renouer des liens avec eux. Elle espère aussi ne pas leur avoir transmis son alcoolisme, car, dit-elle, la maladie passe d'une génération à l'autre.

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