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Le caca de ver et son influence sur le changement climatique

Vers de terre

Plus les vers de terre sont nombreux, plus les débris végétaux se décomposent rapidement libérant plus de carbone dans l'atmosphère.

Photo : Joann Whalen

Radio-Canada

Les minuscules crottes de certaines espèces de vers influencent les changements climatiques dans le monde entier, selon des scientifiques.

Elles les accélèrent en se nourrissant de feuilles et produisant un mélange qui sert de fourrage à de minuscules microbes et champignons qui rejettent du carbone dans l'atmosphère.

En revanche, d'autres vers aident à emprisonner ce carbone dans le sol.

Certains travaux préliminaires ont démontré qu'ils pourraient avoir autant d'impact qu’un incendie de forêt.

Sylvie Quideau, professeure de biogéochimie des sols à l'Université de l'Alberta

Au Canada, les populations de vers de terre sont en augmentation en raison des températures de plus en plus chaudes qui permettent aux invertébrés de se déplacer vers le nord. Toutefois, on ne sait toujours pas quelle quantité de carbone ils aident à libérer dans l'atmosphère.

Sans le quantifier, Sylvie Quideau pense qu’il est possible que les vers au Canada libèrent des millions de tonnes de carbone dans l'atmosphère en une année.

Effet négatif

Les vers de terre les plus communs, qui vivent dans la litière de feuilles, sur le sol des forêts ou dans les couches supérieures du sol, sont appelés Dendrobaena octaedra. Ils se nourrissent de débris végétaux et leur caca est plus facilement décomposé par les microbes et les champignons, qui libèrent ensuite du dioxyde de carbone.

Plus les vers de terre sont nombreux, plus les débris végétaux se décomposent rapidement, libérant plus de carbone dans l'atmosphère.

Ce genre de carbone libéré par les forêts boréales du Canada est nouveau, précise Mme Quideau. Ces vers de terre ne sont pas indigènes au pays, puisqu’ils ont été exterminés au cours de la dernière période glaciaire.

À l'exception de certains vers que l'on trouve en Colombie-Britannique, les autres sont des espèces envahissantes ramenées dans les forêts avec l’arrivée des Européens ou ramenés des États-Unis comme appâts de pêche.

Les vers de terre peuvent être à la fois des alliés et des ennemis.

Joann Whalen, professeure au département des sciences des ressources naturelles de l'Université McGill de Montréal

En agriculture, les vers de terre sont bénéfiques, indique Mme Whalen, qui étudie les vers de terre depuis 20 ans. Ils aident à rendre le sol plus fertile et permettent à l'eau et aux racines de pénétrer plus facilement dans le sol.

Par contre, dans la forêt boréale, les vers peuvent faire plus de mal que de bien.

Certains d’entre eux mangent la litière de feuilles qui recouvre le sol de la forêt, et de nombreuses graines de plantes ont besoin de cette couverture épaisse pour pousser. Sans cela, les graines ne peuvent pas prendre racine, dit Mme Whalen, ce qui signifie que les vers de terre peuvent réduire la diversité des plantes dans la forêt.

Déplacement vers le nord

Mais, les vers de terre ne sont pas tous mauvais. Certaines espèces fouisseuses emprisonnent le carbone dans le sol, parce que leurs excréments rendent la décomposition des microbes plus difficile.

Erin Cameron, professeure adjointe au département des sciences de l'environnement de l'Université Saint Mary's à Halifax, étudie la vitesse de propagation des vers de terre. Elle a découvert qu'ils se déplacent vers le nord à un rythme de 17 mètres par année. La population de vers de terre semble également avoir augmenté.

Les plus abondants vivent dans la litière de feuilles ou dans les couches supérieures du sol, ce qui aident à libérer le carbone dans l'air.

Ainsi, à mesure que les changements climatiques continuent de réchauffer le pays, les vers de terre pourraient continuer à devenir plus abondants et possiblement être à l'origine de plus de changements climatiques.

Avec les informations de CBC

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