•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Burkina Faso : 35 civils tués lors d'une attaque

Des soldats armés et un homme gisant au sol

Simulation d'une attaque lors d'un entraînement de soldats burkinabés supervisés par des Américains à Ouagadougou, en février dernier.

Photo : Reuters / Luc Gnago

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

35 civils, dont 31 femmes, ont été tués mardi dans une attaque djihadiste à Arbinda, dans le nord du Burkina Faso, une des plus meurtrières de l'histoire de ce pays sahélien, qui a décrété 48 heures de deuil national.

L'attaque a été menée aux environs de six heures du matin par plus de 200 individus lourdement armés, à bord de pick-up et de motocyclettes. Les échanges de tirs ont été vraiment intenses et ont duré près de trois heures. C'est le soutien aérien qui a permis de repousser l'attaque, a expliqué à l'AFP une source sécuritaire.

C'est le président burkinabé, Roch Kaboré, en personne, à qui a souvent été reproché son manque de poigne contre les groupes djihadistes, qui a annoncé sur Twitter le macabre bilan de cette attaque barbare.

Quatre soldats et trois gendarmes ont également péri, et 80 terroristes ont été neutralisés, selon le président et l'état-major des armées burkinabées, qui avait annoncé l'attaque plus tôt dans un communiqué.

Dans leur fuite, les terroristes ont lâchement assassiné 35 civils, dont 31 femmes, et blessé six personnes, a précisé dans un communiqué mardi soir le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Remis Dandjinou.

Une vingtaine de soldats ont aussi été blessés, selon le ministre.

Deuxième attaque dans la foulée

Mercredi soir, des sources sécuritaires ont rapporté à l'AFP qu'une nouvelle attaque s'était produite dans la même région, à une soixantaine de kilomètres, une embuscade dans laquelle une dizaine de militaires ont péri.

Une patrouille du détachement militaire de Namssiguia a été attaquée dans la nuit de mardi à mercredi à Hallalé, localité située près de Tongomael, dans la province du Soum, selon une source sécuritaire.

La commune rurale d'Arbinda, située à 90 km de Djibo, chef-lieu de la province du Soum, et sa région ont régulièrement été frappées cette année par des attaques djihadistes, visant aussi bien les civils que les forces de l'ordre.

Début avril, 62 personnes ont été tuées en trois jours lors d'attaques djihadistes suivies d'affrontements intercommunautaires dans la commune.

Douze fidèles protestants et catholiques, dont un pasteur et un prêtre, ont péri fin avril et début mai lors des attaques de deux églises dans la région. En juin, 19 habitants d'Arbinda avaient été tués lors d'un assaut mené en plein jour par plusieurs dizaines d'hommes armés.

Il s'agit d'une des attaques les plus meurtrières qu'a connues ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, en proie depuis 2015 à des attaques djihadistes récurrentes, comme ses voisins le Mali et le Niger.

Inates au Niger hier, Arbinda au Burkina Faso aujourd'hui... Villes martyres, victimes d'un terrorisme rampant qui nous menace tous. L'Union européenne est aux côtés de l'Afrique dans son combat contre le terrorisme,

Une citation de :Charles Michel, président du Conseil européen

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, dont le pays vient de subir une terrible attaque de djihadistes à Inates (71 soldats tués), a fait part sur Twitter de sa solidarité et présenté ses condoléances.

Un lourd bilan

Depuis 2015, les attaques djihadistes au Burkina Faso ont fait plus de 700 morts, selon un décompte de l'AFP, et environ 560 000 déplacés et réfugiés, d'après les Nations unies.

Le nord et l'est du pays sont particulièrement touchés. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

Début novembre, 38 employés d'une société minière avaient été massacrés lors de l'attaque de leur convoi dans l'est du pays.

Trou de balle dans une vitre d'un des autobus attaqués près de Fada N'gourma au Burkina Faso.

Trou de balle dans une vitre d'un des autobus attaqués près de Fada N'gourma au Burkina Faso.

Photo : Reuters / Reuters TV

Ces attaques sont rarement revendiquées, mais attribuées à des groupes armés djihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d'autres au groupe État islamique.

Les djihadistes mènent des assauts de plus en plus massifs et organisés, avait expliqué récemment à l'AFP Serge Michailof, expert à l'Institut de relations internationales et stratégiques.

Les forces de l'ordre burkinabées, qui paient un lourd tribut, semblent incapables d'enrayer les violences djihadistes. Elles restent sous-équipées et sous-entraînées, en dépit des discours volontaristes du gouvernement.

Depuis deux mois, les forces de défense et de sécurité burkinabées ont revendiqué une série de succès, affirmant avoir tué une centaine de djihadistes au cours de plusieurs opérations. Des bilans toutefois impossibles à confirmer de source indépendante.

Appel à l'aide

Cinq États sahéliens (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) qui tentent depuis 2015 de mettre sur pied une force militaire conjointe de 5000 soldats, ont appelé mi-décembre la communauté internationale à les soutenir davantage.

En outre, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a adopté le 21 décembre un plan d'action d'un milliard de dollars sur cinq ans pour lutter contre le terrorisme, plan aux contours cependant flous.

Malgré la présence de forces françaises (4500 soldats de l'opération Barkhane), de l'ONU (Minusma au Mali) ainsi que de forces américaines, le Sahel subit des attaques djihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, depuis les premières violences dans le nord du Mali en 2012.

La France a convié en janvier les cinq États sahéliens à un sommet pour redéfinir plus clairement les objectifs militaires, politiques et de développement de la lutte commune contre les groupes djihadistes, selon le président Emmanuel Macron, qui estime ambiguë l'attitude des présidents burkinabé et malien sur le soutien français.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !