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Des églises qui comptent sur les dons du temps des Fêtes pour survivre

Une église.

L'Église Immaculée-Conception à Kapuskasing, dans le diocèse de Hearst-Moosonee.

Photo : Radio-Canada / Sophie Vallée

Radio-Canada

L’avenir de certaines églises du Nord-Est de l’Ontario dépend de ce qui sera ramassé lors de la quête de Noël, selon des membres du clergé de la région.

Ce n’est pas avant Noël que nous sommes parfois capables d’atteindre le seuil de rentabilité, explique Robert Bourgon, l’évêque du diocèse de Hearst-Moosonee.

C’est toujours un jeu de chat et de souris. Allons-nous survivre? Qu’est-ce qu’on peut couper?

Portrait d'un religieux.

L'évêque du diocèse de Hearst-Moosonee, Robert Bourgon.

Photo : Radio-Canada / Martine Laberge

Des églises de toutes les confessions ont eu du mal ces dernières années avec des congrégations qui rétrécissent et des bâtiments vieillissants.

M. Bourgon souligne que son diocèse dessert des communautés très pauvres — des communautés de Premières Nations isolées et d’anciennes villes de moulins en ruines.

Chacune des paroisses a de la difficulté à joindre les deux bouts. Les dépenses augmentent [...], mais nos donateurs sont de moins en moins nombreux, dit-il.

Soit ils déménagent ailleurs, soit ils meurent.

Robert Bourgon, êveque de Hearst-Moosonee

Dans le diocèse voisin de Sault Ste-Marie, la situation varie selon les églises.

Ce diocèse a vu les dons diminuer de 2 % au cours de chacune des deux dernières années. Une donnée qui est confirmée par le père Gérald Lajeunesse, de la paroisse Sainte-Anne-des-Pins, à Sudbury.

Le diocèse a fermé une église en 2019, celle de la paroisse de l’Annonciation dans le Nouveau Sudbury, et a fusionné les paroisses de Sainte-Marie et Notre-Dame de Fatima à Elliot Lake pour former la nouvelle paroisse de Sainte-Bernadette.

M. Lajeunesse affirme que son église s’en sort plutôt bien. On arrive quand même à faire des projets… et les gens sont généreux.

On vient d’avoir la préparation des paniers de Noël, on a prélevé plus de 12 000 $, raconte-t-il.

Gérald Lajeunesse dans les studios de Radio-Canada à Sudbury.

Le Père Gérald Lajeunesse, de la paroisse Sainte-Anne-des-Pins, souligne que son église est régulièrement sollicité dans le courant de l'année par des gens dans le besoin.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Nous arrivons à ne pas être dans le rouge, affirme le prêtre. On ne fait pas de dépenses inutiles.

Le père Lajeunesse rappelle que la paroisse doit payer l’électricité, le gaz naturel et les assurances pour l’église, en plus des frais d’entretien et des salaires de trois personnes.

Les gens qui ne viennent pas souvent [à la messe] ne sont peut-être pas toujours conscients des besoins de la paroisse, avance M. Lajeunesse.

Si tout le monde donnait l’équivalent du plus gros cadeau qu’il font, ça permettrait non seulement à Sainte-Anne, mais à toutes les paroisses de respirer un peu plus aisément du côté financier.

Père Gérald Lajeunesse, paroisse Sainte-Anne-des-Pins

Il ajoute cependant que le message central de la messe de Noël est la naissance de Jésus. Ce n’est pas le temps de dire : ouvrez vos poches. [...] L’important est de venir.

L’administrateur financier du diocèse de Sault-Sainte-Marie, Ted Hargreaves, dit que la plupart des 90 paroisses sont sur une meilleure base financière qu’il y a quelques années.

Plus important encore, dit-il, les paroisses sont saines sur le plan spirituel.

C’est une période de l’année dynamique, occupée, active et axée sur la foi.

Ted Hargreaves, administrateur financier du diocèse de Sault Ste-Marie

Et nous le constatons, poursuit M. Hargreaves. Nos paroisses sont très engagées dans leur communauté et nous sommes encouragés par cela et par l’avenir en ce moment.

Pénurie de curés

En plus d'avoir des difficultés financières, la plupart des églises se débattent aussi avec un manque de prêtres.

La pénurie dans les paroisses catholiques du Nord de l’Ontario a été en grande partie comblée par des prêtres venus d’Afrique et d’Inde.

Le père J. Sudhakar dit la messe.

Le père J. Sudhakar, prêtre de Fort Albany, sur le bord de la baie d'Hudson, est l'un des nombreux membre du clergé nord-ontarien d'origine indienne.

Photo : CBC/Erik White

Selon M. Bourgon, l’Église doit trouver une nouvelle façon de fournir un bon service au public, ce qui pourrait vouloir dire sans un lieu physique.

Je pourrais dire la messe dans la brousse ou à tout un groupe de personnes dans un champ et c’est tout aussi efficace que dans la basilique Saint-Pierre.

Avec les informations d'Erik White de CBC et de Zacharie Routhier

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