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Réforme des retraites : la France réveillonne dans un climat de grève

Une majorité de Français soutient toujours la grève, mais la patience des usagers du transport public s'effrite, en particulier à Paris.

Une femme est debout à côté de sa valise sur un quai. Des passagers se pressent sur un autre quai.

Une passagère attend sur un quai à la Gare de l'Est, à Paris.

Photo : Reuters / Gonzalo Fuentes

Agence France-Presse

En France, la grève dans les transports publics se poursuivait, mardi, à quelques heures du réveillon de Noël. les cheminots semblent déterminés à poursuivre leur mobilisation dans les jours à venir contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron.

Pour ce 20e jour de grève, seuls 40 % des TGV (trains à grande vitesse) circulent, selon la SNCF, l'opérateur du rail. Sur un total de seize lignes du métro parisien, seules les deux lignes automatisées fonctionnent normalement.

Le trafic devait être encore plus réduit dès mardi en fin de journée, avec une fermeture totale des lignes de trains de banlieue parisiens, qui ne rouvriront que mercredi en début d'après-midi, selon la SNCF.

Il n'y a pas de raison que ça s'arrête soudain, a dit dans le journal communiste L'Humanité Laurent Brun, le secrétaire général de l'organisation syndicale CGT-Cheminots, se projetant déjà à après Noël.

On ne s'arrêtera pas quand on a perdu 20 ou 25 jours de salaire juste parce que c'est le Nouvel An.

Laurent Brun, secrétaire général de CGT-Cheminots

Le trafic ferroviaire devrait cependant s'améliorer la fin de semaine à venir, avec six TGV sur dix, selon la SNCF. C'est plus que le week-end dernier : seuls cinq trains sur dix roulaient.

Des danseuses vêtues de blanc offrent une performance sur le parvis du palais Garnier.

Des danseuses de l'Opéra de Paris, également touchées par la grève, ont offert une prestation publique sur la musique du Lac des Cygnes, mardi, devant le Palais Garnier.

Photo : Getty Images / AFP/LUDOVIC MARIN

La patience des usagers s'effrite

Même si le soutien des Français à la grève restait encore majoritaire, la patience des usagers du transport public commençait à connaître ses limites, en particulier à Paris, largement paralysé.

Juno Dormevil, 27 ans, enrage : Je n'ai pas d'autre moyen de transport. Je suis en galère tous les jours. Il fait tous les jours trois heures de trajet pour aller à son travail et retourner chez lui.

Je ne soutiens pas du tout la grève. J'ai de la sympathie pour des travailleurs dans certains secteurs, comme les infirmières, mais pas les cheminots, ajoute-t-il, disant vouloir que leur système de retraite, qui leur permet de partir plus tôt, soit aligné sur le régime général, comme le propose le gouvernement.

Cette réforme vise à fusionner en un système universel les 42 régimes de retraite existants, en particulier à supprimer les régimes spéciaux, dont ceux de la RATP (métro parisien) et de la SNCF, qui permettent à leurs employés de cesser le travail plus tôt.

Même s'ils se plaignent des embarras provoqués par la grève, une petite majorité des Français (51 %) soutiennent le mouvement ou ont de la sympathie pour lui, selon un sondage Ifop diffusé dimanche. Cela représente cependant une baisse de trois points par rapport à la semaine dernière.

Le syndicat Info'Com-CGT a toutefois souligné le soutien concret d'une grande partie de la population en remettant un chèque de 250 000 euros aux grévistes de la RATP, issus d'une cagnotte rassemblant des dons de la population.

On reçoit des chèques de partout en France, des salariés du privé, des enseignants, des retraités, a expliqué à l'AFP Marianne Ravaud, la secrétaire générale adjointe du syndicat CGT des salariés de l'information et de la communication.

Un homme marche aux côtés de sa trottinette dans une gare peu achalandée.

Un homme marche aux côtés de sa trottinette à la Gare du Nord, mardi, à Paris.

Photo : La Presse canadienne / AP/Francois Mori

Un manque à gagner de 400 millions d'euros

La grève a déjà occasionné un manque à gagner de 400 millions d'euros à la SNCF (585 M$ CAN), a déclaré son patron Jean-Pierre Farandou dans un entretien avec le quotidien Le Monde paru mardi.

Lundi, des manifestants ont brièvement bloqué la circulation sur une des deux lignes automatiques du métro parisien, les seules fonctionnant encore normalement.

Le but était de montrer une certaine forme de détermination, a expliqué à l'AFP Fabien Villedieu, un délégué du syndicat SUD-Rail qui a participé à cette action surprise.

Ce n'est pas acceptable, a réagi le nouveau Monsieur Retraite du gouvernement, Laurent Pietraszewski.

Rien ne semble devoir bouger avant le début de l'année prochaine : le gouvernement a ainsi fixé au 7 janvier la date de la prochaine rencontre entre ministres et syndicats.

Les discussions se poursuivront avant la présentation du projet de loi en Conseil des ministres le 22 janvier.

Parallèlement, le premier ministre Édouard Philippe proposera (...) une méthode de travail concernant l'équilibre financier du système de retraites pendant la semaine du 6 janvier.

La plupart des syndicats ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle le 9 janvier.

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