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Voici 7 films de Noël douteux à (ne pas) regarder

Un homme met deux verres sur ses yeux en souriant.

Jean-Marie Corbeil joue le rôle d'Éric, un père de famille enseveli par le travail, qui se transforme en Pedro le lutin le jour de Noël, dans la comédie « Papa est devenu un lutin ».

Photo : TS1 Productions

Angie Landry

Oubliez les classiques Le sapin a des boules et Maman, j’ai raté l’avion ou encore la série de films sur l’impératrice Sissi pour un instant, parce que l’industrie du film de Noël ne fait pas que dans la dentelle. Pour en témoigner, Radio-Canada.ca Arts a demandé à Éric Falardeau, réalisateur et cinéphile, de nous parler des productions qui ont tenté d’étirer la sauce des Fêtes pour le meilleur, mais surtout pour le pire.


Comme la production cinématographique de récits de Noël est loin de ralentir – pensons seulement à la chaîne spécialisée Hallmark Channel, qui fabrique des films de Noël à la chaîne depuis plusieurs années –, tous les films de Noël produits ne deviendront pas cultes, selon Éric Falardeau, réalisateur, écrivain et doctorant en communication à l’Université du Québec à Montréal.

La recette du film de Noël devient éventuellement un peu éculée. On le voit par tous les clichés, comme dans les films Hallmark. On a tellement codé les films de Noël. On retrouve souvent le personnage détaché des valeurs de Noël, qui finalement redécouvre la joie d’être avec les autres.

Éric Falardeau, réalisateur et cinéphile

Certains réalisateurs voient donc cette surenchère de films similaires comme étant l’occasion de faire les choses autrement. Pour le démontrer, Éric Falardeau a ciblé une demi-douzaine de longs métrages dont l’objectif était d’être décalé, mais qui ont peut-être un peu raté leur cible.


Santa Claws

Ici, on vous offre deux Santa Claws pour le prix d’un. Le premier, sorti en 1996, est un film d’horreur de série B, qui prend un peu Noël comme prétexte de faire dans l’érotisme, selon Éric Falardeau.

Dans ce film, on a affaire à un stalker qui admire un peu trop une actrice. Ça donne une excuse pour avoir des scènes de nudité dans le temps des Fêtes. C’est vraiment dans le palmarès du “pas bon”.

Le deuxième, sorti en 2014, parlera peut-être un peu plus aux personnes qui aiment les chats.

La production plus contemporaine – et mieux financée – vous propose de partir à l’aventure avec une bande de félins qui, après avoir créé une immense réaction allergique chez le père Noël, doit sauver la distribution des cadeaux autour de la planète.


Jack, le bonhomme de neige (Jack Frost)

Connaissez-vous Jack Frost? Pour certains, il s'agit d'un personnage dans une série animée pour enfants diffusée à la fin des années 1970. Pour d'autres, il s'agit plutôt d'une figure hivernale de la littérature anglo-saxonne.

Dans le film de 1998, Jack Frost, incarné par Michael Keaton (le Batman du début des années 1990) est plutôt un musicien de jazz peu connu qui essaie tant bien que mal de subvenir aux besoins de sa famille grâce à de petits contrats.

Le soir du réveillon de Noël, alors que sa femme et son fils l’attendent dans un chalet pour y passer le temps des Fêtes, Jack perd la vie dans un accident de la route. Sa mort rend sa femme et son fils inconsolables, jusqu’au moment où Jack se réincarne… en bonhomme de neige.

Plusieurs diront qu'il s'agit d'un classique du temps des Fêtes. Toutefois, peu de temps avant la sortie de ce film, en 1997, il y a eu un film d'horreur intitulé lui aussi Jack Frost. C'est ici que le qualificatif de « douteux » prend tout son sens.

« En fait, il s’agit ici d’un meurtrier, un peu à la Chucky, qui se réincarne aussi en bonhomme de neige. Toutefois, lui, il se met à attaquer tout le monde… et c’est assez mauvais », raconte Éric Falardeau.


Quand le père Noël s'en mêle (Santa with Muscles)

Éric Falardeau explique que, dans les années 1990, il y a eu une vague de films de Noël qui mettaient en vedette les lutteurs les plus connus de l’époque.

Je ne sais pas pourquoi, mais il y a beaucoup de lutteurs qui ont fait des films de Noël. Ça a peut-être à voir avec tout le marketing autour de la lutte dans les années 1990 et au début 2000.

Le meilleur exemple, selon Éric Falardeau, c'est Quand le père Noël s'en mêle (1996), où Hulk Hogan interprète Blake Thorn, un self-made man qui a bâti sa fortune en vendant de l'équipement de musculation. En faisant une mauvaise chute, il se cogne la tête, perd la mémoire et son amnésie l’amène alors à croire qu’il est le vrai père Noël.

À l’époque, les critiques ont qualifié le long métrage « d’un des pires films de tous les temps ».


Santa Claus

Dans ce film mexicain de 1959, réalisé par René Cardona, on retrouve le père Noël dans son empire nommé Toyland, situé dans l’espace.

Alors qu’il se prépare à commencer sa grande tournée de distribution de cadeaux, son plus grand ennemi, Satan, souhaite gâcher le temps des Fêtes. Ce dernier met son « démon en chef » au défi de dresser les enfants du monde entier contre le père Noël.

C’est vraiment étrange. C’est un film qui est un peu psychotronique. C’est tellement mauvais qu’on peut presque dire que c’est bon. On dirait qu’on a tout mis dans le même pot et qu’on a essayé de faire quelque chose avec ça, explique Éric Falardeau.


Papa est devenu un lutin

Ce film québécois réalisé par Dominique Adams a fait couler beaucoup d’encre en 2018, mais pas nécessairement pour les bonnes raisons. Le synopsis du long métrage n’est pourtant pas si étranger à celui des films de Noël qu’on connaît. Avec sa femme et ses deux enfants, Éric, un père de famille interprété par Jean-Marie Corbeil, décide d’aller passer le temps des Fêtes dans un luxueux chalet en pleine nature.

La première journée de retraite dans les bois, Éric demeure absorbé par son travail et n’offre pas de temps de qualité à sa famille. Le soir venu, sa fille Nadia fait le vœu que son papa devienne un lutin de Noël.

Le souhait de la petite se réalise, au bonheur des enfants et au grand dam des critiques de cinéma.

Ici, on retourne au principe du “film de Noël classique”, où la personne revient aux vraies valeurs familiales et retrouve son âme d’enfant, mais c’est quand même très mauvais, estime Éric Falardeau.

Dire que Papa est devenu un lutin est un mauvais film relève de l'euphémisme, avait écrit le critique de cinéma Marc-André Lussier, dans les pages de La Presse, en décembre 2018.


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