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La vie après un traitement contre le cancer : l'autre combat

Roch Gaudreau sonne la fameuse cloche en guise de départ.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Nicole Germain

Trois infirmières en hématologie-oncologie souhaitent que les patients soient mieux accompagnés après leur traitement contre le cancer. Elles ont développé un programme pour s'assurer qu'ils se sentent moins démunis à leur sortie de l'hôpital.

Pour certains patients, la transition après des traitements contre le cancer s'avère difficile. Alors qu'ils ont été accompagnés par des spécialistes durant les traitements, les patients se retrouvent parfois seuls pour affronter leur nouvelle réalité.

On a remarqué qu'après les traitements, les patients se sentaient démunis. Ils avaient de la misère à reprendre leurs activités normales. Ils restaient avec beaucoup d'effets secondaires dans le fond. Ils ne savaient pas comment les gérer, explique Karine Des Groseilliers, une des infirmières qui a pensé au programme Survivance.

Julie Tremblay, Karine Des Groseilliers et Caroline Bourget debout une à côté de l'autre, souriantes

Les infirmières Julie Tremblay, Karine Des Groseilliers et Caroline Bourget ont lancé le programme Survivance.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Ce programme est né il y a un an environ et, depuis, il a permis à une centaine de patients d'obtenir plus de renseignements sur leur état de santé après les traitements.

Les infirmières ont notamment créé un guide, en collaboration avec d'autres professionnels, qui répond à de nombreuses questions. Mais elles ont aussi mis sur pied des rituels, comme une cloche que les patients sonnent à leur sortie de l'hôpital.

On trouvait que les gens, quand ils finissaient leurs traitements, partaient un peu dans l'anonymat, précise une autre des initiatrices du programme, Julie Tremblay.

Je sonne la cloche, je tourne la page. C'est comme leur moment de gloire, de reconnaissance des autres, de tous les investissements qu'ils ont mis.

Julie Tremblay, infirmière en hématologie-oncologie de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus

Les patients peuvent aussi signer un livre d'or à leur départ.

Rassurant sur plusieurs aspects

À 59 ans, Roch Gaudreau a récemment sonné la cloche, lui aussi.

J'ai pleuré, dit-il, les larmes aux yeux. C'est un moment de grandes émotions et une délivrance parce qu'on sait qu'après cela, il y a une grande étape qui est celle de l'adaptation. Ça donne beaucoup de positifs pour la suite des choses.

Pendant plusieurs semaines, Roch Gaudreau a dû être traité pour la leucémie myéloïde aiguë, une forme de cancer du sang. Il a suivi un traitement de chimiothérapie et a reçu une greffe de cellules souches. Ç'a été un choc. Ç'a été difficile à accepter. Il a fallu passer à travers ça, explique M. Gaudreau.

La cloche a même eu un effet durant ses traitements.

Lorsqu'on est hospitalisés, on est dans une chambre isolée parce qu'on est dans une période où on est très vulnérable. Donc d'entendre la cloche de gens qui ont passé à travers, ç'a un impact psychologique très important, confie-t-il.

C'est encourageant, car tu te dis : "Un jour, c'est moi qui vais la sonner".

Roch Gaudreau
Roch Gaudreau signe le livre d'or en compagnie d'une des idéatrices du programme Survivance.

Roch Gaudreau signe le livre d'or.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Après avoir quitté l'hôpital, le 4 novembre dernier, M. Gaudreau a utilisé les services du programme Survivance du CHU de Québec.

Les effets secondaires étaient surtout des problèmes gastriques, parce que la chimiothérapie altère beaucoup le système digestif, mentionne-t-il. Le guide contient toute une série d'informations, comme les effets secondaires, et on apprend à gérer ça. On est pris en charge. C'est sécurisant de savoir qu'on est bien encadré et ça diminue le stress.

Souvent, quand on a eu un traitement de chimiothérapie, on perd du poids ou on peut aussi en prendre avec certains médicaments. On peut perdre des cheveux, donc l'estime de soi peut être diminuée, souligne de son côté l'infirmière Karine Des Groseilliers.

Le guide offert aux patients contient aussi des coordonnées pour communiquer avec des organismes d'aide dans divers domaines. On a souvent des patients qui sont en arrêt de travail. Alors au niveau financier, ça peut être difficile, illustre Mme Des Groseilliers. On a donné des noms d'organismes qui peuvent les aider.

Parue en 2018, une étude du Partenariat canadien contre le cancer révélait d'ailleurs que de nombreux patients canadiens se sont sentis mal accompagnés durant leur rémission du cancer.

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