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Bethléem accueille des pèlerins du monde entier pour Noël

De nombreux chrétiens font la file.

Afrique, Amériques, Asie, Europe; des pèlerins des quatre coins du monde veulent visiter la grotte dans laquelle se trouverait le lieu de naissance de Jésus.

Photo : AFP / Musa Al Shaer

Agence France-Presse

Des chrétiens venus du monde entier ont commencé à affluer mardi près de la basilique de la Nativité à Bethléem, lieu de naissance de Jésus selon la tradition chrétienne, pour donner le coup d'envoi des célébrations de Noël.

Dans une ambiance festive, Palestiniens et étrangers ont assisté en matinée, sous un soleil hivernal, au défilé de scouts habillés de bleu, jaune ou beige, paradant au son de cornemuses et tambours autour de la place de la Mangeoire, en face de la basilique.

Quelle ambiance !, s'exclame Jeanine, venue d'Alsace avec un groupe.

Je suis tellement émue d'être ici aujourd'hui, c'est merveilleux, confie Germana, venue de Naples avec son époux et ses deux enfants.

Des joueurs de cornemuse.

Les scouts palestiniens apportent une touche musicale au rassemblement festif.

Photo : AFP / Hazem Bader

Au cœur de la basilique, une longue file d'attente s'est formée en peu de temps. Portugais, Nigérians et Français patientent pour visiter l'endroit exact où serait né Jésus. Ola, venue du Nigeria, se réjouit d'être à Bethléem pour ce jour si spécial.

À 17 h, lorsque les portes de la basilique se sont fermées, ils étaient encore des centaines à attendre de pouvoir visiter l'exiguë grotte de la Nativité, fourmillant de visiteurs.

Peu après en être sorties, Andrea, une jeune portugaise, et ses deux amies hongroises ont regardé les photos qu'elles y avaient prises. On a attendu deux heures pour une minute seulement sur place, c'est très frustrant!, a regretté Andrea, en montrant les photos floues sur son mobile.

Un homme embrasse une étoile d'argent au sol.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cette étoile d'argent, que les croyants affluent pour toucher ou pour embrasser, marquerait le lieu exact de la naissance du Christ.

Photo : AFP / Hazem Bader

Alors qu'une nuit fraîche est tombée sur Bethléem, les abords directs de la basilique se sont vidés, mais de nombreux Palestiniens, chrétiens et musulmans, et quelques touristes continuent de prendre des égoportraits devant le sapin de 15 mètres de haut qui trône sur la place de la Mangeoire, désormais illuminée de toute part.

Cette année, les festivités sont marquées par le retour en Terre sainte d'un premier fragment de ce qui aurait été le berceau de Jésus, arrivé à Jérusalem puis transféré fin novembre en grande pompe à Bethléem, après 1300 ans en Europe.

C'est important, car il s'agit d'une partie de la structure de bois de la crèche originelle de Bethléem. Cette structure de bois avait quitté la Terre sainte vers l'an 640, selon le custode de Terre sainte, Francesco Patton.

Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du patriarcat latin de Jérusalem, est arrivé en fin de matinée à Bethléem, où il célébrera la messe de minuit dans l'église Sainte-Catherine, attenante à la basilique. Le président palestinien Mahmoud Abbas devrait y assister.

Une foule de pèlerins saluée par un prêtre.

À son arrivée, Pierbattista Pizzaballa est allé à la rencontre des pèlerins dans les rues.

Photo : AFP / Hazem Bader

Nous voyons d'énormes problèmes économiques, un taux de chômage élevé et d'autres problèmes, mais [...] Noël est pour nous le moment où nous célébrons l'espoir, a déclaré Pierbattista Pizzaballa en entrant dans la ville.

Quelques chrétiens de la bande de Gaza devraient également être présents, mais en nombre inférieur par rapport aux années précédentes, Israël ayant accordé moins de permis de sortie de l'enclave palestinienne sous blocus israélien.

Tout Palestinien désirant se rendre de Gaza en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, doit traverser le territoire israélien et obtenir un permis auprès des autorités israéliennes.

Plus de 300 personnes ont été autorisées à quitter la bande de Gaza pour l'occasion, sur les 950 ayant demandé une autorisation, selon Wadie Abou Nassar, porte-parole des Églises de Terre sainte.

Des ecclésiastiques chrétiens richement vêtus lors d'une cérémonie.

La grotte de la nativité serait un lieu de vénération depuis le IIIe siècle, d'après les écrits de l'époque du théologien Origène.

Photo : AFP / Musa Al Shaer

Dans la bande de Gaza et ses environs, l'année 2019 a été marquée par des violences meurtrières entre le groupe Djihad islamique et les forces israéliennes, alors que les chances de résolution d'un conflit vieux de plus de 70 ans paraissent de plus en plus éloignées.

Ces dernières années, les festivités de Noël ont parfois été ternies par les tensions.

En 2017, la décision unilatérale prise quelques semaines plus tôt par le président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël avait provoqué des manifestations quasi quotidiennes dans les Territoires palestiniens, notamment à Bethléem, ville séparée de Jérusalem par un mur érigé par les autorités israéliennes.

Les festivités de 2015 s’étaient, elles, déroulées sur fond de violences anti-israéliennes ayant secoué Israël et les Territoires palestiniens et coûté la vie à 150 personnes en trois mois.

Un garde-frontière israélien devant un grand mur

Les militaires israéliens contrôlent l'accès aux célébrations.

Photo : Reuters / Ammar Awad

Après plusieurs années de baisse de fréquentation dues aux retombées du conflit israélo-palestinien, Bethléem connaît en 2019 une hausse importante du nombre de visiteurs, selon des responsables palestiniens responsables du tourisme.

Sur la place de la Mangeoire, la ministre palestinienne du Tourisme Rula Maayah s'est réjouie auprès de l'AFP de ce que 3,5 millions de personnes eussent visité Bethléem cette année.

Le pape François doit s'adresser mardi soir depuis le Vatican aux quelques 1,3 milliard de catholiques dans le monde.

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