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Les cantiques de Noël ont-ils encore leur place?

Un montage photo présentant des portraits de Isabelle Boulay, Damien Robitaille et Laurence Jalbert.

De gauche à droite, Isabelle Boulay, Damien Robitaille et Laurence Jalbert.

Photo : Facebook/Isabelle Boulay-Officiel/Damien Robitaille/Laurence Jalbert - Page officielle

Kevin Sweet
Mis à jour le 

Noël demeure une fête chrétienne célébrant la naissance de Jésus – et sans surprise, les grands classiques musicaux sont des airs religieux. Dans une société comme le Québec, où il y a un débat sur la présence de la laïcité dans la sphère publique, la musique religieuse a-t-elle encore sa place? Trois artistes qui ont produit des albums de Noël disent que oui.

Lorsque l’auteur-compositeur-interprète Damien Robitaille a décidé d’enregistrer un album de Noël, il voulait en faire un disque de chansons religieuses et donner un nouveau souffle au répertoire d’airs sacrés.

Ce sont des chansons qui font partie de notre héritage, explique le Franco-Ontarien. Mais on ne les entend plus.

L’artiste a toutefois changé d’idée sur la direction artistique de son projet de Noël, puisqu’il envisageait que des chansons chrétiennes risquaient de ne pas tourner sur les ondes des radios commerciales.

Les radios ont peur de jouer les chansons religieuses et la plupart des tounes en français sont à titre religieux, affirme-t-il.

Moi, je les adore, mais les gens ont peur de ça.

Damien Robitaille, auteur-compositeur-interprète

Selon Damien Robitaille, le débat sur la laïcité de l’État au Québec serait l’une des causes de la nervosité des stations de radio.

Au Québec, les gens vont beaucoup moins à l’église que dans le temps. Donc il y a un genre de malaise avec ça, avance-t-il.

Il a donc privilégié la composition de chansons originales pour son album Bientôt ce sera Noël, tout en incluant deux chansons à connotation plus religieuse, dont les pièces Cloches de Noël et Jésus est né.

Une question de conviction?

Lorsque Laurence Jalbert a fait paraître son album Noël des anges avec l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) en 2004, le débat sur la laïcité n’avait pas encore eu lieu. Ce disque de musique sacrée représentait une prolongation de [s]a voix, de [s]on discours et de [s]es croyances.

Je crois que quelque chose de bien plus grand que toi et moi existe, affirme-t-elle, une croix bien visible autour du cou.

Elle raconte d’ailleurs une anecdote où elle avait effectué une séance photo et sa croix avait été effacée par la suite au montage. Personne ne le lui avait demandé avant de procéder à cette modification.

Ils veulent que ça se vende partout, à tous les niveaux et à n’importe qui, souligne la chanteuse.

Si je veux encore faire un album sacré, je vais en faire un. Il n'y a pas une peur de ci ou de ça qui va m’en empêcher.

Laurence Jalbert, interprète

L’interprète est convaincue que la musique religieuse a encore sa place en 2019, surtout pendant le temps des Fêtes et à une époque où les gens croient en peu de chose. Mais elle reconnaît qu’il faudrait s’ouvrir sur d’autres musiques, pourquoi pas, issues d’autres religions.

C’est rassembleur. Il faut se rassembler. [...] Il le faut, surtout avec tout ce qui se passe, affirme-t-elle.

La musique adoucit les mœurs

L’interprète Isabelle Boulay abonde dans le même sens et croit que la musique, même si elle est sacrée, est le langage le plus doux et approprié pour se faire comprendre et aller vers l’autre.

Ça fait partie de nous. Ça fait partie de notre culture, de notre patrimoine et de notre histoire.

Isabelle Boulay, interprète

Ce sont des chansons en soi, les chansons de Noël. C’est comme les chants hébraïques et il y a de très belles litanies aussi, explique celle qui a fait paraître son album de Noël cet automne, en citant la musique religieuse de partout dans le monde qu’elle écoute.

Damien Robitaille estime pour sa part qu’il est aussi possible pour les personnes non pratiquantes de se retrouver dans des chansons comme Minuit Chrétien et Il est le né divin enfant, qui font partie de la culture populaire.

C’est beau l’histoire d’un bébé qui est né. C’est bien plus beau qu’un père Noël qui descend d'une cheminée. C’est creepy ça! lance-t-il à la blague.

Et à défaut de se reconnaître dans les paroles, poursuit Damien Robitaille, il est possible de se laisser emporter par la mélodie.

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Ottawa-Gatineau

Musique