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  • En janvier 1960 se termine brutalement la « Révolution des 100 jours » de Paul Sauvé

    Gaétan Montreuil anime une émission, une image de Paul Sauvé est l'arrière-plan.

    Il y a 60 ans, le 2 janvier 1960, décédait le premier ministre du Québec Paul Sauvé.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 2 janvier 1960, la province de Québec se réveille en entendant une nouvelle inouïe. Paul Sauvé, le premier ministre du Québec, est décédé. Presque oublié, son bref mandat constitue pourtant une période charnière dans l’histoire du Québec.

    À peine 112 jours

    Le 2 janvier 1960, le Québec se réveille de sa nuit du jour de l’an avec une nouvelle qui fait l’effet d’une bombe.

    Paul Sauvé, assermenté premier ministre du Québec il y a à peine 112 jours, est décédé d’une crise cardiaque chez lui à Saint-Eustache.

    Téléjournal, 2 janvier 1960

    Au Téléjournal du 2 janvier 1960, l’animateur Jacques Fauteux explique ce qui s’est passé en cette journée où le premier ministre Sauvé est mort.

    Le Téléjournal rediffuse aussi les vœux que le premier ministre a prononcés la journée précédente à la population québécoise.

    Personne ne se doutait à ce moment-là qu’il ne lui restait que quelques heures à vivre.

    Un homme fatigué de l’immobilisme

    Dans les milieux journalistiques du Québec, on est presque unanime à dire que l’avènement de Paul Sauvé à la haute fonction de premier ministre marquera une ère nouvelle au sein du gouvernement provincial.

    Fernand Renaud, courriériste parlementaire de Radio-Canada à l’Assemblée législative du Québec

    Paul Sauvé a succédé au premier ministre Maurice Duplessis le 11 septembre 1959.

    Numéro deux du parti de l’Union nationale depuis des années, Paul Sauvé est perçu comme celui qui marchera dans les pas de Maurice Duplessis s'il devient premier ministre.

    Ce ne sera pas exactement le cas.

    S’il est fidèle au premier ministre Maurice Duplessis, les principes politiques auxquels adhère Paul Sauvé ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux de celui qu’on appelait « le chef ».

    Dans les faits, l’inspiration politique de Paul Sauvé lui venait beaucoup de son père.

    Arthur Sauvé a été chef du Parti conservateur du Québec de 1916 à 1929.

    Selon plusieurs historiens, le père de Paul Sauvé aurait possédé un sens plus moderne de l’État que Maurice Duplessis.

    Paul Sauvé aurait songé à quitter le gouvernement de l’Union nationale dès 1957.

    Il était las de l’immobilisme social qu’imposait Maurice Duplessis.

    Ce ne serait que parce des députés unionistes ont insisté pour qu’il reste que Paul Sauvé serait demeuré au gouvernement en attendant le départ d’un Maurice Duplessis vieillissant.

    Le 7 septembre 1959, Maurice Duplessis meurt.

    Paul Sauvé devient quatre jours plus tard le 17e premier ministre de la province de Québec.

    Une « Révolution de 100 jours » brusquement interrompue

    Camera 59, 13 septembre 1959

    Le 13 septembre 1959, le premier ministre Paul Sauvé accorde une entrevue à l’émission Caméra 59.

    Le nouveau premier ministre semble confirmer alors qu’il n’y aura pas de rupture avec les politiques de son prédécesseur.

    Mais, à la suite de la déclaration de Paul Sauvé, le courriériste parlementaire de Radio-Canada, Fernand Renaud, laisse entendre qu'il risque d’y avoir une cassure avec Maurice Duplessis.

    C’est le courriériste parlementaire finalement qui avait raison.

    En 112 jours, Paul Sauvé a amorcé une série de réformes qui, à terme, favoriseront l’apparition d’un État moderne au Québec.

    Même s’il a été bref, le mandat de Paul Sauvé peut être considéré comme un moment charnière dans l’histoire du Québec enterrant le « duplessisme » et ouvrant la voie à une Révolution tranquille.

      « Les cent jours de Paul Sauvé »

    • Il a professionnalisé et rendu permanente la fonction publique du Québec qui était auparavant partisane et nommée selon les caprices des premiers ministres et du cabinet.
    • Il a mis sur pied les principes d’une assurance-hospitalisation étatisée qui sortait l’Église catholique des hôpitaux.
    • Il a mis fin à la crise des universités en leur accordant un financement stable qu’avait toujours refusé Maurice Duplessis.
    • Il a normalisé les relations avec la presse qui avaient été exécrables sous le régime de Maurice Duplessis.

    Camera 60, 9 janvier 1960

    Le 9 janvier 1960, Caméra 60 et son animateur Gaétan Montreuil présentent un reportage qui montre une fois de plus la volonté de réforme du nouveau premier ministre.

    Nous sommes au début novembre 1959.

    Le premier ministre Paul Sauvé est aussi ministre du Travail du Québec.

    Il reçoit le président et le secrétaire général de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (l’ancêtre de la Confédération des syndicats nationaux — CSN).

    Les syndicalistes Roger Mathieu et Jean Marchand déposent lors de cette rencontre un mémoire qui réclame des réformes majeures dans les relations de travail au Québec.

    À la fin de la rencontre, le premier ministre Sauvé, entouré de tout son cabinet, prononce une déclaration où il affirme qu’il n’y a qu’un principe de justice et d’équité pour le monde syndical et pour le monde patronal.

    C’est cette déclaration que nous montre Caméra 60.

    Le premier ministre confirmait par ailleurs son attachement au principe de la liberté d'association (notamment syndicale) qui avait été malmené par le premier ministre Duplessis.

    On peut comprendre que certains observateurs et historiens parlent du décès de Paul Sauvé comme étant une fin brutale d’une « révolution de 100 jours ».

    Aurait-il entamé une « révolution tranquille » comme l’ont fait les libéraux de Jean Lesage s’il avait vécu et avait été élu aux élections provinciales de 1960?

    C’est possible. Mais ça, on ne le saura jamais.

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