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Le patron de Boeing Dennis Muilenburg se fait montrer la porte

Les précisions de Michel Marsolais.

Photo : Reuters / Sarah Silbiger

Radio-Canada

Le patron de Boeing Dennis Muilenburg, en difficulté depuis des mois en raison de la crise du 737 MAX, quitte ses fonctions, a annoncé lundi l'avionneur américain, estimant qu'un changement à la direction est indispensable pour restaurer la confiance du public et de ses partenaires.

Le directeur financier de Boeing, Greg Smith, exercera les fonctions de directeur général par intérim pendant la brève période de transition avant que David Calhoun, actuellement président, ne reprenne les rênes de l'entreprise le 13 janvier 2020, a précisé Boeing.

Dennis Muilenburg, 55 ans, était devenu PDG de la plus grande entreprise aérospatiale du monde en juillet 2015. Il a également occupé le poste de président du conseil d'administration de Boeing, mais avait quitté ce poste en octobre dernier.

Le conseil d'administration a décidé qu'un changement de direction était nécessaire pour restaurer la confiance dans la société alors qu'elle s'efforce de rétablir les liens avec les autorités de réglementation, les clients et toutes les autres parties prenantes.

Extrait du communiqué publié par Boeing

Une année difficile

Les importants revers qu'a subis Boeing cette année ne sont certes pas étrangers au départ de M. Muilenburg, dont l'entreprise a vu l'un de ses fleurons, le 737 MAX 8 et 9, cloué au sol pratiquement partout dans le monde à la mi-mars en raison de défaillances dans les systèmes de pilotage. Ceux-ci sont responsables de la mort de près de 350 personnes dans des écrasements en Indonésie et en Éthiopie.

Ces deux accidents survenus à quelques mois ont plongé Boeing dans la plus grave crise de toute son histoire.

Les enquêtes ont mis en cause le logiciel anti-décrochage MCAS de la nouvelle génération de Boeing 737.

Or, les correctifs promis par le constructeur américain n'ont toujours pas été validés. L'apparition d'autres problèmes, de certification notamment, a aussi fait en sorte qu'aucune date de remise en service n'a été fixée pour les 737 MAX jusqu'à présent.

Nous continuons à travailler avec d'autres régulateurs internationaux du contrôle aérien pour examiner les changements proposés à l'avion. Notre priorité numéro un est la sécurité et nous n'avons pas fixé d'échéance pour la fin de ce processus, a d'ailleurs réitéré lundi l'Administration fédérale de l'aviation américaine (FAA).

Une dizaine d'appareils Boeing 737 MAX sont posés sur le terrain extérieur d'une usine.

Des appareils Boeing 737 MAX sont cloués au sol à l'usine de Boeing à Seattle le 1er juillet 2019.

Photo : Reuters / Lindsey Wasson

L'éviction de Dennis Muilenburg était attendue depuis longtemps, a réagi Peter DeFazio, président de la commission des Transports au Congrès, estimant que sous sa direction, une entreprise admirée de longue date a pris un certain nombre de décisions dévastatrices suggérant que le profit était prioritaire à la sécurité.

J'espère que la décision de démettre (Dennis) Muilenburg signifie que Boeing est également prêt à marquer un nouveau chapitre de son engagement en matière de sécurité et de responsabilité.

Peter DeFazio, président de la commission des Transports au Congrès

L'interdiction de vol du 737 MAX a également causé d'importantes difficultés aux transporteurs du monde entier, obligés de remiser des dizaines, voire des centaines d'appareils jusqu'à nouvel ordre. Sans compter d'autres transporteurs qui ont vu la livraison des nouveaux 737 MAX qu'ils ont achetés compromise par les difficultés de Boeing.

La semaine dernière, Boeing a annoncé la suspension de la production du 737 MAX à compter de janvier pour une durée indéterminée à défaut de savoir quand les 737 MAX pourront voler de nouveau.

La confirmation en mai dernier par le constructeur que ses ingénieurs avaient découvert dès 2017 des dysfonctionnements dans les systèmes d'alerte des pilotes du 737 MAX un an avant les écrasements n'a pas arrangé les choses pour la réputation du plus grand constructeur aéronautique du monde.

Plan rapproché de la capsule au moment d'être fixée au lanceur.

La capsule CST-100 Starliner de Boeing est installée sur la fusée Atlas V, à la fin novembre, à cap Canaveral.

Photo : Reuters / NASA

La série noire s'est poursuivie vendredi dernier lorsque le tout nouveau module spatial Starliner de Boeing, destiné à ravitailler la Station spatiale internationale, n'a jamais réussi à atteindre sa destination après un lancement réussi en raison, encore une fois, d'une erreur informatique.

Avec les informations de Agence France-Presse

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